Sur le vif

Maroc : Asma Lamrabet démissionne du Centre d’études féminines en islam

Rédigé par Lina Farelli | Mardi 20 Mars 2018 à 11:49



Asma Lamrabet a annoncé sa démission du poste de directrice du Centre d’études féminines en islam (CERFI) au sein de la Rabita Mohammadia des oulémas, basée à Rabat.

« Une étape est terminée », explique-t-elle simplement dans un statut publié sur Facebook dimanche 18 mars, remerciant au passage le secrétaire général de la Rabita, Ahmed Abaddi, dont elle a « toujours apprécié les qualités d'érudition, de pédagogie et d'ouverture d'esprit ».

Cette médecin biologiste de formation, résolument engagée en faveur de l'émancipation et des droits des femmes musulmanes, a rejoint le CERFI en 2011. Auteure prolifique, Asma Lamrabet a reçu en 2017 le prix Grand Atlas, en reconnaissance de sa rigueur et de sa pertinence d’analyse dans son ouvrage Islam et femmes, les questions qui fâchent (Editions En toutes lettres, 2017).

« Asma Lamrabet ouvre une voie novatrice et inspirante, en cherchant à l’intérieur des textes religieux une réponse à des problématiques aussi brûlantes que l’égalité entre les sexes, l’héritage des femmes, la question du voile ou de la polygamie », avait alors souligné Leila Slimani, présidente du jury et lauréate du prix Goncourt 2016 pour son roman Chanson douce.

Bien que les raisons exactes de sa démission ne soient pas encore connues, la nomination de sa remplaçante a d’ores déjà été rendue publique. Il s’agit de Farida Zomorod, docteure en études islamiques dans l'interprétation et les sciences du Coran et professeure d'enseignement supérieur à Rabat.

Elle est l'auteure d'une étude en 2016 portant sur « La classification des concepts de la non-violence contre la femme dans le Saint Coran et la Sunna », qui démontre, rapportait à l'époque le quotidien Le Matin, que « plusieurs concepts et dispositions tirés des textes du Coran et de la Sunna, luttent contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes » et que « les formes de violence, de tutelle et de domination sur les femmes relèvent des coutumes et des traditions » et non des textes religieux.

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