Sur le vif

Londres: retour d'un ex-otage sur fond de polémique

Rédigé par Laila Elmaaddi | Samedi 25 Mars 2006 à 16:42



Norman Kember a été libéré jeudi après quatre mois de captivité en Irak est arrivé samedi à Londres.
L'ex-otage britannique, semblant en bonne forme, a "remercié" samedi les soldats qui ont contribué à sa libération, peu après son atterrissage en début d'après-midi à l'aéroport londonien de Heathrow. Aucune personnalité du gouvernement n'est venue l'accueillir officiellement.
Il a rappelé son hostilité à la présence de militaires en Irak : "Je ne crois pas qu'une paix durable puisse être obtenue par la force armée", a souligné ce fervent chrétien.
"Mais je rends hommage à leur courage et je remercie ceux qui ont joué un rôle dans mon sauvetage", a-t-il ajouté devant les caméras, sans vouloir à ce stade évoquer sa détention.
Cet ancien chercheur en médecine et militant pour la paix et les droits de l'Homme s'était rendu en Irak avec une équipe de l'ONG pacifiste canadienne Christian Peacemaker Team (CPT).
Enlevé le 26 novembre dernier avec trois autres militants, il a été libéré jeudi avec les canadiens Harmeet Sooden et James Loney lors d'une opération de la Force multinationale, auxquelles ont participé les SAS, les unités d'élite britannique, sans qu'un coup de feu soit tiré.
Pourtant son retour au pays a été assombri par la polémique lancée par Sir Mike Jackson, chef d'état-major de l'armée britannique, qui lui avait reproché de ne pas avoir remercié publiquement les militaires qui l'ont libéré.
"Je suis un peu attristé qu'il ne semble pas y avoir eu un mot de reconnaissance pour les soldats qui ont risqué leur vie pour les sauver", avait dit le général Jackson vendredi à Channel Four.
La branche britannique de CPT a assuré avoir exprimé sa reconnaissance pour les sauveteurs dans un communiqué publié dès jeudi.
"Nous sommes reconnaissants pour la manière dont elles ont honoré leur promesse de n'intervenir que s'il y avait une garantie importante qu'il n'y aurait pas de perte humaine", a pour sa part déclaré Bob Gardiner, responsable de l'église baptiste que fréquentent les Kember.
Le débat a rebondi sur le danger que les pacifistes qui se rendent dans des zones de guerre font peser, lorsqu'ils sont enlevés, sur ceux qui cherchent à les libérer.
La mission des émissaires de CPT en Irak est d'écouter les témoignages des Irakiens et d'observer les violations des droits de l'Homme. Elles aident les familles des Irakiens arrêtés, et détenus souvent sans inculpation, à avoir des nouvelles de leurs proches, a expliqué M. Cockburn.