Religions

Les querelles internes mettent le CFCM à rude épreuve

Fouad Alaoui ne démissionne pas du CFCM

Rédigé par | Mercredi 23 Septembre 2009 à 06:30

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) réussit, au fil du temps, à devenir un interlocuteur privilégié des autorités publiques concernant l’islam de France. Cependant, les dissensions internes restent tenaces et les rumeurs vont bon train. Dernière en date : celle de la démission de Fouad Alaoui, vice-président de l’Union des Organisations islamiques de France (UOIF), du bureau exécutif du CFCM. Ce dernier dément, préférant parler de « retrait » provisoire.



De gauche à droite : Haydar Demiryurek, secrétaire général du CCMTF (Turcs), Fouad Alaoui, vice-président de l'UOIF, Mohammed Moussaoui, président du CFCM, Chems-Eddine Hafiz de la Grande Mosquée de Paris, aux élections du CFCM le 22 juin 2008
« Fouad Alaoui, vice-président de l’UOIF, démissionne du CFCM. » La rumeur lancée par Kamel Chibout, président de la Fédération de la Grande Mosquée de Paris, le 17 septembre sur CFCM TV, en a perturbé plus d’un, à commencer par le principal concerné qui dément toute démission. « Je ne suis pas démissionnaire, je me retire simplement momentanément du bureau exécutif du CFCM » en raison de « dysfonctionnements internes », déclare-t-il à Saphirnews, ce mardi 22 septembre.

Dans une lettre adressée le 18 septembre à Mohammed Moussaoui, président du CFCM, Fouad Alaoui déclare y avoir expliqué les raisons qui l’ont poussé à prendre une telle décision mais ne dévoile rien de son contenu et préfère rester discret comme pour minimiser cette affaire. « C’est une décision purement personnelle. Je n’ai pas demandé à Okacha Ben Ahmed Daho, le deuxième membre de l’UOIF au bureau exécutif, de se retirer. Il continue d’assumer les charges qui sont les siennes en tant que trésorier du CFCM. » Cependant, Fouad Alaoui reste confiant quant au dénouement de cette affaire. « Une réunion du bureau devrait bientôt avoir lieu pour clarifier les points de désaccord », ajoute-t-il.

Comme lui, M. Moussaoui dément l’information lancée sur la Toile. « C’est une fausse rumeur à laquelle il ne faut pas prêter attention. On est loin d’une quelconque démission », explique-t-il à Saphirnews. « Les querelles internes font partie du quotidien du travail associatif. Comme dans toutes les structures associatives, le CFCM n’y échappe pas, mais il a le privilège que toutes ces histoires soient médiatisées. Il ne devrait pas y avoir de polémique. Cette affaire sera close d’ici à quelques jours », conclut-il.

Pour preuve, « tous les membres du bureau, y compris M. Alaoui, se sont réunis à la Grande Mosquée de Paris, samedi [au lendemain de la remise de la lettre, ndlr], afin de déterminer le jour de l’Aïd », poursuit M. Moussaoui. D’autre part, les deux hommes se sont retrouvés au grand dîner organisé par le CFCM lundi 14 septembre, auquel a été convié le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, ou encore à l’iftar de la mosquée d’Evry-Courcouronnes, le jeudi 17 septembre.

L’image du CFCM mise à mal

Selon Kamel Chibout, la décision de M. Alaoui serait en partie liée à « des accrochages avec (…) Assani Fassasi », membre du bureau exécutif du CFCM et représentant de la FAIACA (Fédération des associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles).

Vrai ou faux, la question reste entière. Il n’empêche que M. Fassassi a fait parler de lui, la semaine dernière, à la suite d'une altercation entre lui et Chems-Eddine Hafiz, un autre membre du CFCM et de la Fédération de la Grande Mosquée de Paris, au point où M. Fassassi est allé porter plainte le 12 septembre au commissariat du 8e arrondissement de Paris, pour avoir été injurié par M. Hafiz de « sale race », selon L’Express... La plainte a été retirée depuis, mais cette affaire met en lumière les difficiles relations qu’entretiennent certains membres du CFCM entre eux.

Destiné à représenter le culte musulman de France, le CFCM tente de rassembler, tant bien que mal, différents courants de pensée des musulmans et toutes les fédérations existantes sur le territoire depuis sa création en 2003. Le chemin reste long à parcourir malgré la bonne volonté de ses représentants.



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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur