Société

Les bienfaits du jeûne contre le cancer font le buzz

Rédigé par | Lundi 13 Février 2012 à 03:56

Le jeûne, une recette thérapeutique contre le cancer ? Les auteurs d’une récente étude américaine ont démontré, après des tests effectués sur des souris de laboratoire, que le jeûne est aussi efficace que la chimiothérapie pour lutter contre une majorité de cancers. Combiner les deux méthodes ralentit non seulement le développement des tumeurs mais prolongent également la durée de vie. Si ces résultats sont encourageants, ils sont tout de même à prendre avec précaution.



Néfaste, le jeûne ? Non, bien au contraire ! Pratiquer des jeûnes de courte durée, avant et après une chimiothérapie, ralentit la propagation du cancer et prolonge la durée de vie. Telles sont les surprenantes conclusions de l’étude parue dans la revue Science Translational Medicine, datée du 8 février, qui ont rendu public de nouvelles vertus au jeûne.

Pour en arriver à cette assertion, des souris de laboratoire se sont vu, au préalable, administrer des cellules cancéreuses humaines et animales. Selon les travaux de Valter Longo, l'auteur principal de l'étude, et de son équipe à l'Université de Californie du Sud, réduire la quantité de nourriture sur des courts laps de temps permet de traiter efficacement une majorité de cancers chez les souris, y compris les tumeurs provenant de cellules humaines. Sur les huit types de cancer observés chez les rongeurs, dont les cancers du sein, le mélanome et les tumeurs du cerveau, cinq ont réagi aussi bien au jeûne qu’à la chimiothérapie. Pour les scientifiques, le fait de ne pas manger permettrait de ne pas « nourrir » les cellules cancéreuses.

« La combinaison de cycles courts de jeûne avec la chimiothérapie est plus efficace, voire nettement plus efficace que la chimiothérapie seule », souligne M. Longo, également professeur de gérontologie et de biologie. Ainsi, des périodes de jeûne combinées à la chimiothérapie guérissent 20 % des souris atteintes de cancers très agressifs. Le taux de guérison grimpe à 40 % pour les souris atteintes de cancers moins étendus. En revanche, la chimiothérapie seule n'a permis de sauver aucun animal.

Les résultats des essais cliniques sur l’homme attendus

L’efficacité du jeûne chez l’homme atteint d’un cancer reste encore à démontrer, la privation de nourriture pouvant s’avérer risquée pour les individus très fragiles. Selon les auteurs de l’étude, seul un essai clinique d’une durée de plusieurs années permettrait de savoir si le traitement prodigué aux souris pourrait avoir des effets similaires chez l’homme.

Toutefois, des premiers résultats encourageants sont à noter. Selon une étude fondée sur des données fournies par des malades et publiée dans la revue américaine Aging en 2010, des cycles de jeûne permettent aux patients de mieux supporter les effets secondaires provoqués par la chimiothérapie qu’ils subissaient.

Des essais cliniques de phase 1, portant uniquement sur la sûreté du traitement sur des patients souffrant d’un cancer du sein, des voies urinaires et de l’ovaire, ont d’ores et déjà été menés aux Etats-Unis. Les résultats ne seront connus que dans plusieurs mois et détermineront si les malades peuvent supporter de jeûner pendant trois jours.

Attention : affirmer que le jeûne puisse guérir des cancers est une contre-vérité scientifique, martèlent les médecins. Mais combiné à une bonne prise en charge médicale et à une alimentation saine et équilibrée, il pourrait bien contribuer à une meilleure santé des patients, voire hâter leur guérison si les résultats observés sur les souris se transposent à l'homme.
Si ses vertus, louées par les religions, semblent se confirmer avec les avancées de la science, ne peut cependant jeûner qui veut, car cette pratique nécessite de prendre des précautions qu'il conviendra de parler au préalable avec son médecin.





Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur