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Le microcrédit, un moyen pour combattre la pauvreté

Rédigé par lila13@hotmail.co.uk | Lundi 19 Janvier 2009 à 00:00

Qui pense « micro » pense « petit ». C’est ce qu’a imaginé, Mohammed Yunus, professeur d’économie lors de la famine de 1974 et 1975 dans son pays natal, le Bengladesh. Cet universitaire s’est vite aperçu que les paysans, s’ils avaient disposé d’un minimum d’un dollar, auraient pu faire face aux difficultés économiques qui se présentaient. Mais cette « micro » somme, aucune banque ne souhaitait la leur prêter à défaut de garanties financières. Yunus s’en est alors porté garant, pour ainsi devenir le « banquier des pauvres ».



Maintenant que nous sommes venus au secours des mieux nantis en injectant dans leur crise financière de très importants fonds publics, peut-être pourrions-nous songer à la très vaste majorité de la population mondiale pour qui la crise n’a rien de temporaire et de superficiel ?

Je songe bien sûr à la majorité de démunis pour qui les retombées toujours promises par notre système économique n’ont jamais lieu, qui travaillent encore et toujours comme des esclaves sur des sites ou dans des ateliers de la misère, quand ils ne sont pas carrément exclus de la société.

La forme de microcrédit pratiquée au Bengladesh et ailleurs par la banque Grameen devrait à mon avis être la voie à suivre, à court terme, pour répondre à cette crise et s’attaquer sérieusement à l’élimination de la pauvreté. Si le microcrédit n’a pas pour fondement l’entraide et la solidarité, comme le serait un partage juste et équitable des ressources et des moyens de production, il contribue néanmoins à court terme à sortir d’importantes couches de la population de la misère et à leur redonner la dignité.

Nos députés fédéraux doivent absolument sortir de leur silence sur cette question et obliger nos institutions internationales, comme la Banque mondiale, à se tourner résolument vers la forme éprouvée de microcrédit pratiquée par la banque Grameen.

Qu’est-ce que la banque Grameen ?

Qui pense « micro » pense « petit ». C’est ce qu’a imaginé, Mohammed Yunus, professeur d’économie lors de la famine de 1974 et 1975 dans son pays natal, le Bengladesh. Cet universitaire s’est vite aperçu que les paysans, s’ils avaient disposé d’un minimum d’un dollar, auraient pu faire face aux difficultés économiques qui se présentaient. Mais cette « micro » somme, aucune banque ne souhaitait la leur prêter à défaut de garanties financières. Yunus s’en est alors porté garant, pour ainsi devenir le « banquier des pauvres ».

Les paysannes et paysans ont honoré leurs dettes dès la première année et le principe s’est alors étendu à de nombreux districts bangladais. En 1983, une banque, la banque Grameen, est venue concrétiser ce système de microfinances. Vingt-cinq ans plus tard, elle existe dans plus de la moitié des villages du Bangladesh et 5 % de ses clients sortent de la pauvreté tous les ans. Quatre-vingt quatorze pour cent des 2,1 millions d’emprunteurs sont des femmes – des femmes qui se révèlent plus combatives que les hommes lorsqu’on leur offre l’occasion de sortir de la misère.

C’est précisément la réussite de ces femmes qui a conforté les fondateurs de la banque Grameen dans leur projet. L’initiative ayant fonctionné en pays musulman, à forte tradition patriarcale, le microcrédit pouvait alors être implanté à travers le monde. Une soixantaine de pays proposent aujourd’hui des programmes de microcrédits, adaptés en fonction de leurs conditions locales. Si les populations des pays en développement représentent les principales cibles des organismes de microfinance, les économies de marchés connaissent aussi leurs lots de petites entreprises nées grâce au coup de pouce de microcrédits. Bref, le modèle a fait ses preuves…

Bruno Marquis
Tolerance.ca