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Points de vue

De la diversité des chrétiens d'Orient : le Who’s who des Églises orientales

Rédigé par Martino Diez | Vendredi 6 Octobre 2017 à 16:30

           


1. La ligne syro-orientale (« nestorienne »)

La crise éclata à l’improviste en 428, lorsque le patriarche de Constantinople Nestorius refusa de reconnaître à Marie le titre de Theotókos (« Mère de Dieu »), soutenant que la Vierge ne pouvait être appelée que « Mère du Christ ». Nestorius introduisait ainsi une nette division entre la nature humaine et la nature divine dans le Christ.

C’est surtout à l’initiative de Cyrille d’Alexandrie, patriarche du siège égyptien, que fut convoqué en 431 à Éphèse un concile œcuménique qui réaffirma la légitimité du titre de Theotókos attribué à Marie et condamna Nestorius. C'est d'ailleurs pour célébrer les décisions du concile que la basilique de Sainte-Marie-Majeure a été érigée à Rome. Mais le concile laissa dans son sillage une série de polémiques dues à la gestion unilatérale de Cyrille. L’Église de Perse, de langue syriaque et qui avait adopté la théologie de l’école d’Antioche d’où Nestorius était issu, n’avait pu participer au concile, pour des raisons contingentes. Près de 50 ans plus tard, lors du synode de Séleucie en 486, cette Église adopta officiellement la formule nestorienne, non sans divergences et oppositions qui se prolongèrent jusqu’au VIIe siècle.

Portail externe de l’Église chaldéenne al-Tahira, Mossoul (©Amir Harrak - Oasis 20)
Portail externe de l’Église chaldéenne al-Tahira, Mossoul (©Amir Harrak - Oasis 20)
Organisée autour d’un catholicós, cette Église « nestorienne » fit preuve au Moyen-Âge d’un grand dynamisme missionnaire, progressant jusqu’en Chine. Mais après l’invasion des Mongols de Tamerlan (XIVe siècle), elle subit une dure persécution et dut se replier dans la région de la Haute-Mésopotamie (Mossoul en particulier) et de la Turquie orientale, instituant un patriarcat héréditaire, d’oncle à neveu. En 1553, une partie de cette Église entra en communion avec Rome, mais les difficultés de communication et les persécutions ne permirent pas de maintenir l’union. Ce n’est qu’au XIXe siècle que fut reconstituée de façon stable une Église chaldéenne unie à Rome, avec un patriarche résidant dans un premier temps à Mossoul, puis, à partir de 1947, à Bagdad.

C’est à cette Église chaldéenne (1) qu’appartiennent aujourd’hui la plupart des chrétiens présents en Irak. Parallèlement à celle-ci, il existe une Église « sœur » non unie à Rome, qui s’est partagée en 1964 en deux nouvelles Églises : l’Église assyrienne d’Orient, dont le patriarche réside désormais à Chicago, et l’Antique Église d’Orient, dont le siège est à Bagdad. En 1994, Jean-Paul II et Dinkha IV, patriarche de l’Église assyrienne d’Orient, ont signé une déclaration commune qui a mis fin à la controverse christologique. En 2015, dans le contexte du génocide perpétré par l’État Islamique dans le nord de l’Irak, le patriarche chaldéen Louis Sako a proposé de réunifier les trois Églises de tradition syro-orientale en une unique Église d’Orient, unie à Rome, se déclarant prêt à renoncer lui-même à sa charge.

L’Église catholique syro-malabare (la côte du Malabar étant une partie du littoral occidental de l’Inde), présente dans l’Etat indien du Kérala et en union avec Rome, appartient, elle aussi, à cette famille syro-orientale.

2. La ligne miaphysite (« jacobite ») ici

3. La ligne chalcédonienne (« melkite ») ici

4. Les Latins
5. Les évangéliques


Récapitulatif des rites et des Eglises ici