Archives

La victoire éclatante de l'AKP

Rédigé par Mom Nicolas | Lundi 4 Novembre 2002 à 00:00

Plus de 41 millions d’électeurs se sont exprimés aux urnes, pour la 14ème fois, ce dimanche 3 Novembre pour les législatives anticipées en Turquie. Le parti Justice et Développement a obtenu la majorité absolue. Avec 34% des suffrages après 70% du dépouillement total, ce parti occuperait 362 des 550 siéges aux parlements. Le parti républicain du peuple (CHP, social démocrate) est arrivé en deuxième position avec 19% des voix soit 181 siéges. Il n’y aura pas de troisième parti à la chambre



Plus de 41 millions d’électeurs se sont exprimés aux urnes, pour la 14ème fois, ce dimanche 3 Novembre pour les législatives anticipées en Turquie. Le parti Justice et Développement a obtenu la majorité absolue. Avec 34% des suffrages après 70% du dépouillement total, ce parti occuperait 362 des 550 siéges aux parlements. Le parti républicain du peuple (CHP, social démocrate) est arrivé en deuxième position avec 19% des voix soit 181 siéges. Il n’y aura pas de troisième parti à la chambre.    

 

La déroute

La population Turque a montré son mécontentement, aucun des trois partis au pouvoir, démocratique de gauche (DSP, gauche nationaliste), Action nationaliste (MHP, ultranationaliste), Mère patrie (ANAP, centre-droit), n’a franchit la barre des 10%, essuyant une cuisante défaite. Avec 1,3 % pour le DSP et 8 % pour le MHP, les partis traditionalistes se sont essoufflés, perdant toute crédibilité aux yeux de la population turque.

Le gouvernement actuel s’achève sur deux ans de crises économiques à rebondissements, avec de nombreux scandales de corruptions. Une récession, provoquée par une double crise financière, s'est soldée par plus d'un million de nouveaux chômeurs, une chute de la livre turque de 50% par rapport au dollar, une hausse des taux d'intérêt et une inflation chronique. Bref le gouvernement part en laissant derrière lui un bilan bien médiocre…

 

Une volonté d’ouverture et de changement

C’est sur un fond de changement, et de renouveau, que le parti Justice et Développement s’est popularisé.

Erdogan, chef du parti Justice et développement, a déclaré vouloir accélérer l’intégration de la Turquie à l’union européenne, exprimant son attachement à ses valeurs démocratiques. Ce qui serait une première dans l’union européenne si cette dernière devrait l’intégrer. Il a exprimé en outre sa volonté de continuer les négociations avec le FMI tant que les intérêts nationaux seront protégés. De plus, il a promis à son peuple de lutter contre toutes formes de corruption et contre le chômage. Sur le plan diplomatique, il s’oppose à tout action contre l’Irak. La Turquie était l’un des principaux alliés des Etats-Unis dans la région, et elle avait mis ses bases aériennes au service des américains, la donne risque de changer…

 

Stabilité…

Cependant, malgré cette victoire absolue, la Turquie n’est pas garanti d’une situation stable. Des coups d'Etat militaires ont renversé trois gouvernements turcs depuis 1960, et la simple pression de l'armée a eu raison du premier gouvernement islamiste du pays en 1997.La justice menace par ailleurs d'interdire l'AKP au prétexte qu'il autorise M. Erdogan à se maintenir à la direction du parti malgré sa condamnation. La Cour constitutionnelle a refusé de se prononcer sur cette affaire avant les élections. A suivre…