Congrès International féminin

La culture de paix, c’est maintenant !

Rédigé par Association Internationale Soufie Alâwiyya (AISA) | Mardi 28 Octobre 2014 à 00:57



Nous sommes condamnés à vivre ensemble. En revanche, le mieux vivre ensemble est un choix. C’est à ce choix qu’invite le Congrès International Féminin pour une Culture de Paix, organisé du 28 au 31 octobre 2014, à Oran et Mostaganem, en Algérie.

Ce pays accueille, après sa décennie noire et sa forte volonté de réconciliation nationale, un événement qui met au cœur de ses préoccupations celles qui sont partagées par l’humanité entière, à savoir la paix et la culture de paix.

Jamais le désir de paix n’a été aussi grand

Qui ne souhaite pas vivre dans un monde en paix ? Chaque jour, dès le réveil, les informations diffusées sur l’état du monde envahissent les ondes et révèlent les multiples crises qu’il subit. Chaque être se demande si, demain, ces crises ne vont pas l’atteindre individuellement et collectivement.

Cette notion de culture de paix devient une nécessité incontournable. Et impérieuse. Encore faut-il que des hommes et des femmes la désirent et en fassent une de leurs préoccupations au quotidien. Ceux qui en sont porteurs, qui en sont les artisans, doivent ramener cette notion de culture de paix à leur propre réalité, c’est-à-dire la vivre. Nous ne pouvons transmettre que ce qui est au plus profond de notre conscience, que nous vivons et réalisons.

Rétablir la confiance

Quelle est alors cette paix et cette culture de paix dont il est question ? Tout le monde serait d’accord pour dire que la première est d’abord politique, où il n’y a ni guerre ni conflit. Mais n’est-ce que cela ? Évidemment, non. La paix est aussi la paix civique, quand une nation est unie, quand elle s’est dotée de lois justes, d’une justice qui protège et met à l’abri les individus des convoitises d’autrui, de la corruption d’autrui, de la manipulation d’autrui. Que cet autrui soit l’État, une élite ou autre.

Mais la paix, n’est-ce que cela ? Bien sûr, non. La paix est un état d’être. C’est avant tout cela. Un état d’être est bâti sur la confiance. Il ne peut y avoir de paix véritable dans le cœur d’un être humain que lorsqu’il a totalement confiance, qu’il se sent en confiance avec autrui, ses semblables et l’environnement dans lequel il vit. Et quand il est en confiance dans son avenir. La confiance enlève la peur et comble le sentiment profond de manque, que ce soit le manque d’argent, de pouvoir, ou tout simplement de nourriture, de soins ou d’amour.

L’amour comme ultime recours

L’« amour » arrive là comme un ultime recours, pour nous apprendre comment cette culture de paix peut se transmettre au niveau de la conscience. Combien aujourd’hui l’homme du XXIe siècle investit dans la paix ? Combien l’humanité investit pour les enfants, pour les générations futures ? Les statistiques sont connues, comme le coût de l’armement, de la spéculation financière mondiale, des paradis fiscaux… Même le prix pour former un jeune à devenir une bombe humaine est connu. En quelques semaines, au plus en quelques mois, un jeune peut être transformé en une machine à tuer. Les exemples ces dernières années, malheureusement, ne manquent pas.

Mais en combien de temps peut-on former un être apaisé ? Combien de semaines, combien de mois, combien d’années pour le mettre dans cet état de paix ? Paix avec l’autre, avec la nature, avec l’économie, avec le développement ? Parce que la paix est une réalité qui touche à tout : la réflexion, l’action, la méditation... La paix doit être opérationnelle, active. Il faut qu’elle porte des projets, qu’elle nourrisse les hommes, les rassure, les protège !

Vers la société du mieux vivre ensemble

La culture de paix est avant tout une transformation de l’être qui doit passer de la culture du « je » à celle du « nous ». Moi, l’Occidental, moi, l’Oriental, moi, le musulman, moi, le chrétien, moi, le juif… Le genre humain est embarqué dans une situation où le « je » le mène toujours vers le conflit, vers la dualité. Il ne peut subsister, vivre, être − paraître plutôt − que dans le conflit, l’opposition. L’humanité est au pied du mur qu’elle a érigée elle-même.

Passer de la culture du « je » à celle du « nous », de la société du vivre chacun pour soi à la société du mieux vivre ensemble devient un impératif. La société de demain ne peut être qu’une société du mieux vivre ensemble. Et ce mieux vivre ensemble possède des critères, se fonde sur de nouvelles valeurs. La crise, aujourd’hui, nous interpelle. Elle nous dit que le système actuel est malade, que si nous continuons encore à nous en nourrir nous serons de plus en plus malades.

Du désir de paix, l’humanité doit passer à la mise en œuvre de la culture de paix, transformer son besoin en action. En ce sens, le Congrès International Féminin pour une Culture de Paix, organisé par AISA ONG Internationale et la Fondation du Développement Durable Djanatu al-Arif, représente, à son niveau, une graine d’espérance.

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L’Association Internationale Soufie Alâwiyya (AISA), fondée en 2001 par le cheikh Khaled Bentounes, a été reconnue ONG internationale par l’ONU en 2014 avec le statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC (Conseil économique et social de l’ONU).