Communiqués officiels

L'UOIF dénonce « l'acharnement, l'ignorance et la mauvaise foi » de Caroline Fourest

Rédigé par Union des organisations islamiques de France (UOIF) | Vendredi 15 Février 2013 à 14:31



L’UOIF et de très nombreux musulmans qui l’ont contactée sont profondément indignés des propos diffamants tenus dans l’émission « Le Monde en face » de France 5, en date du 12 février 2013, qui annonçait pointer les courants radicaux. Ces propos dénaturent la pensée et la réalité de l’action de l’UOIF connues par tous les observateurs depuis 30 ans. Ils représentent l’exemple flagrant de la représentation biaisée dont pâtissent souvent l’islam et les musulmans en France.

Couper des citations et des passages de conférences de leurs contextes est le procédé de ceux qui privilégient le dénigrement à l’analyse objective. Malgré son acharnement à incriminer l’UOIF, l’auteure du documentaire s’est retrouvée dans l’incapacité de mettre en avant un texte ou une parole produits par l’UOIF ou un de ses responsables qui viennent confirmer ses allégations.

Le documentaire a utilisé des images de la Rencontre annuelle des musulmans de France que l’UOIF organise au parc d’expositions du Bourget et qui a réuni l’an dernier près de 160 000 personnes. Il n’a fait aucune allusion quant à la diversité du programme culturel toujours placé sous le signe de l’ouverture. Ce programme contient en effet, systématiquement, des sessions de dialogue interreligieux, des interventions d’intellectuels non musulmans et des débats contradictoires.

Malheureusement, le documentaire a été totalement aveugle à cette réalité, rapportée tous les ans par les nombreux reportages réalisés sur place par les médias français et étrangers.

Dire que Nicolas Sarkozy a introduit en 2003 l’UOIF dans le processus de la reconnaissance des instances du culte musulman dénote une totale ignorance de ce processus et de son évolution et une mauvaise foi manifeste.

En effet, l’UOIF fut partie prenante de toutes les démarches de représentation de l’islam en France, initiées par les organisations musulmanes elles-mêmes ou par les ministres de l’Intérieur successifs.

De la Coordination nationale des musulmans de France, lancée en 1986 par des fédérations musulmanes, dont l’UOIF, au Conseil de réflexion pour l’islam en France, lancé en 1990 par Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur de l’époque, jusqu’à l’Istachara mise en place par Jean-Pierre Chevènement et qui a donné naissance en 2003 au Conseil français du culte musulman (CFCM); l’UOIF a toujours été un élément moteur dans le processus d’organisation de l’islam et des musulmans en France.

L’auteure du documentaire devra délaisser sa mauvaise foi et revenir aux bonnes sources quand elle déclare mener une enquête sur l’islam et l’UOIF en particulier.

L’auteure du documentaire, diffusé par France 5, fait à l’UOIF le grief d’avoir défendu des filles exclues de l’école publique pour le motif du port du foulard. Il n’est pas inutile de rappeler que cette défense est avant tout celle de la liberté de la pratique religieuse, et que cette liberté est une valeur essentielle inscrite dans les fondements et la loi de la République. Les femmes qui ont choisi d’user de cette liberté ont trouvé et trouveront l’UOIF à leur côté.

Le documentaire incriminé a cherché à caricaturer la vision de l’UOIF quant à la place de l’islam et des musulmans en France. L’UOIF a toujours défendu et argumenté l’idée que les musulmans de France sont en totale mesure de vivre leur religion dans le cadre républicain laïc. Elle a toujours encouragé l’intégration sociale des musulmans. Elle est à l’origine du concept « Islam de France ». L’UOIF s’est toujours située dans une lecture de l’islam prônant le juste milieu, l’échange et le dialogue interreligieux. Elle a toujours diffusé un islam de paix, de justice et de fraternité.

Devant ces propos, certains détracteurs préfèrent agiter le chiffon du double discours. Ils sont en réalité à court d’arguments et d’idées.

Enfin, l’UOIF regrette profondément que France 5, chaîne du service public, connue par sa volonté d’objectivité, de sérieux et de mesure, se retrouve bernée par un tel documentaire, véhicule de stigmatisation et de mensonge.

Le 13 février 2013,
L’Union des Organisations Islamiques de France