Jamais deux trains à grande vitesse ne s’étaient percutés avec un bilan aussi lourd sur le sol espagnol. Mercredi 28 octobre, peu avant 9 heures, sur une longue ligne droite de la province de Tolède, un AVE de la Renfe a embouti par l’arrière un convoi de la compagnie privée Iryo, immobilisé sur la même voie. Le bilan, encore provisoire, fait état d’au moins 69 morts et de plus d’une centaine de blessés. Un deuil national de trois jours a été décrété par le gouvernement.
Les deux rames avaient quitté la gare madrilène d’Atocha à six minutes d’intervalle, cap sur Séville. L’Iryo transportait 152 personnes, l’AVE près de 400. Ciel dégagé, ligne pionnière de la grande vitesse espagnole, ouverte en 1992 : rien ne laissait présager la catastrophe, survenue sur la commune d’Urda, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid.
Les deux rames avaient quitté la gare madrilène d’Atocha à six minutes d’intervalle, cap sur Séville. L’Iryo transportait 152 personnes, l’AVE près de 400. Ciel dégagé, ligne pionnière de la grande vitesse espagnole, ouverte en 1992 : rien ne laissait présager la catastrophe, survenue sur la commune d’Urda, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid.
Une panne, puis un feu vert fatal
D’après le récit du ministre des Transports, Óscar Puente, tout bascule vers 8h30. Le système de signalisation LZB, qui pilote en temps réel la vitesse et l’espacement des trains, cesse de fonctionner. Six convois sont arrêtés sur un tronçon de 69 kilomètres et la régulation passe, comme le prévoit la procédure, au centre de contrôle de Madrid.
Les trains restent pourtant parfaitement localisés. À 8h36, le centre autorise malgré tout l’AVE à reprendre sa route, alors qu’un signal rouge lui imposait l’arrêt : le ministre parle d’une décision « inexplicable ». Dix-sept minutes et 25 kilomètres plus tard, le train de la Renfe, qui pouvait rouler jusqu’à 200 km/h sur ce secteur, percute l’Iryo à l’arrêt. Deux voitures sont projetées au bas du talus.
La piste de l’erreur humaine est désormais au centre de l’enquête. Sous pression à un mois des législatives, Pedro Sánchez a exigé que toute la lumière soit faite, tandis que la circulation entre Madrid et l’Andalousie reste interrompue.
Le drame d’Urda ravive une plaie encore ouverte. Le 18 janvier dernier, à Adamuz, en Andalousie, une collision entre deux trains à grande vitesse avait déjà coûté la vie à 46 personnes. Deux catastrophes en moins d’un an, qui relancent avec force les questions sur l’entretien du réseau et la sécurité des voyageurs. Il faut remonter au déraillement d'un train à son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, en 2013, pour trouver un accident ferroviaire plus meurtrier en Espagne (80 morts).
Les trains restent pourtant parfaitement localisés. À 8h36, le centre autorise malgré tout l’AVE à reprendre sa route, alors qu’un signal rouge lui imposait l’arrêt : le ministre parle d’une décision « inexplicable ». Dix-sept minutes et 25 kilomètres plus tard, le train de la Renfe, qui pouvait rouler jusqu’à 200 km/h sur ce secteur, percute l’Iryo à l’arrêt. Deux voitures sont projetées au bas du talus.
La piste de l’erreur humaine est désormais au centre de l’enquête. Sous pression à un mois des législatives, Pedro Sánchez a exigé que toute la lumière soit faite, tandis que la circulation entre Madrid et l’Andalousie reste interrompue.
Le drame d’Urda ravive une plaie encore ouverte. Le 18 janvier dernier, à Adamuz, en Andalousie, une collision entre deux trains à grande vitesse avait déjà coûté la vie à 46 personnes. Deux catastrophes en moins d’un an, qui relancent avec force les questions sur l’entretien du réseau et la sécurité des voyageurs. Il faut remonter au déraillement d'un train à son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, en 2013, pour trouver un accident ferroviaire plus meurtrier en Espagne (80 morts).