Religions

L’Aïd el-Fitr, une communion pluriculturelle

Aïd el-Fitr 2009

Rédigé par | Dimanche 20 Septembre 2009 à 02:59

À l’occasion de l’Aïd al-Fitr, appelé aussi la petite fête (Aïd es-Seghir), les Français de culture musulmane se retrouvent autour d’un socle commun de rites, qui s’achèvent par des festivités aux couleurs des cultures d’origine.



L’Aïd al-Fitr est l’une des deux fêtes musulmanes les plus importantes. Il s’agit de marquer la fin du mois sacré en présentant ses meilleurs vœux à sa famille et à ses proches. Il est d’usage de porter ses plus beaux vêtements et, que l’on soit un homme ou une femme, de se rendre à la mosquée le matin pour y accomplir en commun la prière de l’Aïd, avant d’aller rendre visite à la famille. Sans oublier, au préalable, de s’être acquitté de la zakât al-Fitr, l’aumône obligatoire.

« Généralement, les personnes qui travaillent prennent un jour de congé pour faire la prière de l’Aïd et se retrouver autour d’une table bien garnie, avant de s’organiser une sortie avec la famille ou d’aller rendre visite à des proches. Entre-temps, nous téléphonons à la famille restée au bled pour leur présenter nos vœux. C’est un rituel que l’on ne peut manquer sous aucun prétexte », déclare Leïla, 29 ans, d’origine marocaine.

Mais chacun a ses propres traditions. Karima, 31 ans, d’origine tunisienne, fait partie de ceux qui n’ont pas l’habitude de faire ses prières, dont celle de l’Aïd. « On s’habille bien, on souhaite une bonne fête à tous et on mange des gâteaux caloriques à mort ! », résume-t-elle. Aïssa, 25 ans, d’origine sénégalaise, raconte le jour qu’elle appelle korité : « Les femmes restent plutôt à la maison pour faire leurs prières, afin de préparer les repas. La première chose que l’on mange après la prière est le lakh (bouillie de mil accompagnée de lait fermenté sucré, ndlr). »

Petit ou grand Aïd, un mouton est égorgé pour l’occasion au Sénégal. En France, « nous préparons la viande de mouton, achetée en boucherie, pour l’après-midi, que l’on sert et distribue à la famille », poursuit-elle. Outre les vœux, c’est aussi l’occasion de demander le pardon aux autres, explique Aïssa.

Les cuisines et les papilles s’activent

Du côté de la communauté turque de France, « la fête du Ramadan » est aussi appelée la seker bayram, la « fête du sucre », par allusion aux aliments sucrés consommés durant les trois jours de l’Aïd.

« Quelques jours avant la fin du Ramadan, les femmes préparent les gâteaux », dont la fameuse baklava, une pâtisserie feuilletée à la pistache, très prisée dans le monde arabo-musulman, explique Mahmut, 17 ans, qui a passé ses deux premières semaines de jeûne au pays.

À chacun sa technique. Pour Khairia, 48 ans, mère de famille d’origine tunisienne, la baklava made in Maghreb est surtout composé d’amandes. « Je ne prépare habituellement pas de gâteaux pour l’Aïd. Leur préparation demande beaucoup de temps et de patience. Alors j’en achète un peu pour ma famille », avoue-t-elle.

En revanche, Karima, aux racines tunisiennes également, concocte bien une partie de ses pâtisseries, dont la ghriba aux pois chiches.

Chez les Sénégalais, le bissap, jus de fleurs d’hibiscus, est préparé ainsi que des beignets aux raisins secs.

L’Aïd, la fête des enfants

Les habits neufs portés le premier jour de l’Aïd restent une habitude très ancrée dans de nombreuses familles, à commencer par celle de Mahmut qui affirme en acheter pour les enfants comme pour les adultes. Il en va de même pour la famille d’Aïssa, dont les membres vont jusqu’à faire des vêtements sur mesure chez le couturier. Côté maghrébin, ce sont davantage les enfants qui profitent de cette tradition. « Pour les grands, il suffit d’être élégant », selon Leïla.

« Au pays, les enfants ont l’habitude de toquer aux portes des voisins pour réclamer des bonbons ou de l’argent comme Halloween. En France, cette habitude n’est pas encore ancrée. Alors la famille leur offre directement des cadeaux », raconte Mahmut.

Tous unis, tous différents. Dans un même élan, l’Aïd hexagonal célèbre la diversité portée par chacun de nous, au sein d’une société où la pluriculturalité fait doucement sa place.



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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur