À quelques mois de l'élection présidentielle, le RN, qui vient de faire une percée historique au Sénat avec l'arrivée onze nouveaux élus, fait face à l'une des polémiques les plus sérieuses de son histoire récente. Mediapart a publié, lundi 28 septembre, des messages antisémites datant de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national (FN).
Le site d'investigation a enquêté plusieurs mois afin de se procurer et d'authentifier des conversations privées qui auraient été écrites par l'actuel président du RN à l'été 2013, lorsqu'il avait entre 17 et 18 ans. Ces échanges traduisent, selon Mediapart, un « antisémitisme obsessionnel » et reprennent tous les clichés antisémites sur la religion juive, comme l'idée que les banques seraient contrôlées par des juifs.
Le média affirme aussi que le jeune militant était alors proche des thèses d'Alain Soral, activiste condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme. Tandis que les auteurs de l'enquête maintiennent que ces écrits portent bien la signature de Jordan Bardella, ce dernier nie en bloc les accusations. Il a annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation, et accuse ses adversaires de vouloir déstabiliser la campagne du RN et l'abattre politiquement, Mediapart étant selon lui soit l'instigateur, soit l'instrument de cette opération.
Le site d'investigation a enquêté plusieurs mois afin de se procurer et d'authentifier des conversations privées qui auraient été écrites par l'actuel président du RN à l'été 2013, lorsqu'il avait entre 17 et 18 ans. Ces échanges traduisent, selon Mediapart, un « antisémitisme obsessionnel » et reprennent tous les clichés antisémites sur la religion juive, comme l'idée que les banques seraient contrôlées par des juifs.
Le média affirme aussi que le jeune militant était alors proche des thèses d'Alain Soral, activiste condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme. Tandis que les auteurs de l'enquête maintiennent que ces écrits portent bien la signature de Jordan Bardella, ce dernier nie en bloc les accusations. Il a annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation, et accuse ses adversaires de vouloir déstabiliser la campagne du RN et l'abattre politiquement, Mediapart étant selon lui soit l'instigateur, soit l'instrument de cette opération.
Un coup dur sur la stratégie de dédiabolisation de l'extrême droite
Sans surprise, le parti d'extrême droite fait bloc derrière son président. Marine Le Pen, qui souhaite faire de Jordan Bardella son futur Premier ministre en cas de victoire à la présidentielle, a dénoncé « une barbouzerie dont Mediapart a le secret ». Des élus comme le député du Loiret, Thomas Ménagé, a parlé d'un « coup monté au lendemain du résultat aux sénatoriales », où le RN vient de progresser.
Les adversaires politiques du RN ont, sans surprise, condamné les propos, certains l'appelant même à démissionner de toutes ses responsabilités. « On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite », a lâché sur X le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. Jordan Bardella « doit démontrer son opposition aux propos antisémites et complotistes qui lui sont attribués. Sinon, la preuve sera faite en grand, montrant l'erreur de ceux qui ont amnistié l'extrême droite de ses racines antisémites », a souligné le patron des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon.
Cette controverse porte un coup à la stratégie de dédiabolisation du RN, alors que Marine Le Pen caracole en tête des sondages. Tout dépendra désormais de la solidité des preuves et de la suite judiciaire. Si l'authenticité des messages est établie par la justice, le rôle de Jordan Bardella dans le dispositif présidentiel pourrait devenir intenable. En revanche, si la justice donne raison au président du RN, le parti pourrait tirer parti de son discours de victime d'un « système » hostile. À ce stade, Jordan Bardella conteste les faits. Mediapart se déclare, pour sa part, serein quant aux preuves que le site déclare détenir.
Les adversaires politiques du RN ont, sans surprise, condamné les propos, certains l'appelant même à démissionner de toutes ses responsabilités. « On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite », a lâché sur X le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. Jordan Bardella « doit démontrer son opposition aux propos antisémites et complotistes qui lui sont attribués. Sinon, la preuve sera faite en grand, montrant l'erreur de ceux qui ont amnistié l'extrême droite de ses racines antisémites », a souligné le patron des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon.
Cette controverse porte un coup à la stratégie de dédiabolisation du RN, alors que Marine Le Pen caracole en tête des sondages. Tout dépendra désormais de la solidité des preuves et de la suite judiciaire. Si l'authenticité des messages est établie par la justice, le rôle de Jordan Bardella dans le dispositif présidentiel pourrait devenir intenable. En revanche, si la justice donne raison au président du RN, le parti pourrait tirer parti de son discours de victime d'un « système » hostile. À ce stade, Jordan Bardella conteste les faits. Mediapart se déclare, pour sa part, serein quant aux preuves que le site déclare détenir.