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Sur le vif

Inde : le gouvernement plaide pour l'exclusion des migrants musulmans de la citoyenneté

Rédigé par Benjamin Andria | Mardi 10 Décembre 2019 à 11:00

           


Le gouvernement indien, dirigé par le Premier ministre Narendra Modi, ne cesse d’aller plus loin dans sa politique ultranationaliste islamophobe. Celui-ci a présenté, lundi 9 décembre au Parlement, un amendement à la proposition de loi sur la citoyenneté excluant la possibilité aux réfugiés de confession musulmane – et à eux seuls – d’obtenir la nationalité indienne.

Cette mesure d’exclusion ne concerne pas les migrants issus des pays voisins (Afghanistan, Pakistan et Bengladesh) de confession chrétienne, bouddhiste, hindoue, sikh, jaïne et parsis. Ces derniers peuvent, en effet, obtenir la nationalité s’ils sont arrivés au pays de Gandhi avant la fin de l’année 2014 et s’ils y résident depuis au moins cinq ans.

La mesure, qui n’est pas la première à viser ouvertement les musulmans d’Inde, a été validée début décembre par le conseil des ministres.

Tandis que le gouvernement justifie la mesure en arguant de la nécessité de lutter contre les persécutions religieuses dans les pays à majorité musulmane, elle suscite un tollé au sein de la population musulmane, forte de plus de 200 millions d’âmes (15 % de la population sur un total de 1,3 milliards d’habitants). C’est en effet la première fois en Inde qu’une mesure gouvernementale entend exclure formellement des personnes de la citoyenneté sur la base de critères purement religieux.

Des manifestations ont été organisées, samedi 7 décembre, pour protester contre cet amendement controversé qui, s’il est adopté, marquera une étape supplémentaire dans la marginalisation des musulmans d’Inde.

Mise à jour : La chambre basse du Parlement indien (Lok Sabha), dominé par le BJP, le parti au pouvoir, a adopté, dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 décembre, l'amendement controversé. « Ce texte correspond à la tradition séculaire indienne d'assimilation et de respect des valeurs humanitaires », a fait savoir via Twitter Narendra Modi. « Ce n’est pas un texte discriminatoire. C’est un texte qui donne des droits, pas un texte qui en retire à quiconque », a plaidé son ministre de l’intérieur Amit Shah.

Ce n'est pas l'avis de ses détracteurs parmi les organisations de défense des droits et les associations musulmanes dont plusieurs ont lancé des appels à manifester contre la mesure, qui va être examinée à la chambre haute du Parlement (Rajya Sabha) où le BJP n'a pas la majorité mais travaille à gagner les voix de petits groupes parlementaires.

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