Société

#EcolePourTous : un clip lancé pour plaider la cause des 100 000 enfants privés d’école en France (vidéo)

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 20 Novembre 2019 à 16:00



Plus de 100 000 enfants sont à la porte de l’école en France. C’est pour combattre cette triste réalité que le collectif Ecole pour tous s’est engagé depuis sa création en novembre 2018.

Un an après sa fondation, et à l’occasion de la Journée mondiale des droits de l'enfant, l’association a lancé, mercredi 20 novembre, un clip de hip hop, avec la rappeuse Lora Yeniche, pour alerter sur le sort des jeunes déscolarisés qui vivent dans des bidonvilles, des squats ou des hôtels sociaux.

« Notre droit à l'école n'est pas négociable ! École Pour un ? Ecole Pour Tous ! » Dans une pétition que le collectif appelle à signer à l’occasion du lancement du clip, des jeunes prennent la parole pour faire valoir six revendications auprès du ministère de l’Education nationale ainsi présentées :

1. La publication du décret d’application de l’article 16 de la loi « pour école de la confiance », relatif à la simplification des pièces d’inscription scolaire, pour qu’aucun maire ne puisse plus refuser l’accès à l’école d’un enfant au prétexte qu’il habite dans un bidonville, un squat, dans une voiture, ou à la rue.

2. Le développement de la médiation scolaire pour que le lien de confiance entre l’école et ceux d’entre nous qui en sont le plus éloignés soit créé ou renforcé

3. L’instauration d’une « trêve scolaire » pour qu’aucun enfant ne soit expulsé pendant l’année scolaire de son lieu de vie qu’il soit, un bidonville, un squat, une aire d’accueil, un foyer pour mineur...

4. La présomption de minorité pour qu’aucun jeune mineur isolé n’ait à attendre à la porte de l’école pendant l’évaluation administrative de son âge

5. La systématisation du contrat jeune majeur pour qu’aucun d’entre nous ne soit forcé de quitter l’école à l’âge de 18 ans

6. L’adaptation des plans de lutte contre le racisme à nos réalités pour qu’aucun enfant n’abandonne l'école en raison du harcèlement raciste

« Ce que nous avons en commun c’est de rencontrer des obstacles inacceptables pour accéder, rester et réussir à l’école de la République française », font-ils valoir. « Aujourd’hui nous sommes déterminés à lever ces obstacles pour qu’aucun des enfants qui nous suivent et nous ressemblent ne soit plus privé de l’universel droit de rêver. »

« Passer de la Convention aux Actes ! »

En parallèle de cette initiative, à l’occasion des 30 ans de la Convention relative aux droits de l’enfant mercredi 20 novembre, 35 ONG et associations françaises ont appelé, dans une lettre ouverte, le gouvernement de passer « de la convention aux actes ». Elle appelle les pouvoirs publics, entre plusieurs mesures, à la mise en place d’« un observatoire national de la non-scolarisation » et à l’établissement d’un objectif de « zéro enfant à la rue d'ici 2022 ».

« Notre pays n’est pas à la hauteur de ses ambitions en matière d’effectivité des droits de tous les enfants vivant sur son territoire. (…) Ils sont encore beaucoup trop nombreux à rester sur le bord du chemin, privés de leurs droits fondamentaux en matière de santé, de logement, d’éducation et de protection, victimes de discriminations », signifie-t-on.

L’appel du collectif, impulsé par l'UNICEF, ATD Quart Monde ou encore SOS Villages d'enfants, « ne doit pas rester lettre morte mais donner une nouvelle impulsion au gouvernement pour une mise en œuvre concrète des mesures qu’elle propose et qui constituent la base d’une véritable stratégie globale et transversale en faveur de l’enfance. Son message est clair : il est temps de passer de la Convention aux Actes ! »