Monde

Discours d'Obama: optimisme mesuré des Musulmans

| Jeudi 22 Janvier 2009 à 07:14

Dans son discours d'investiture, le 44ème président des Etats-Unis propose au monde musulman "de trouver une nouvelle approche". Une main tendue qui le démarque de la politique de son prédécesseur Geroge W.Bush. A travers le monde, les Musulmans ont généralement bien accueilli cette démarche. En attendant les actes.



Joindre les actes à la parole. C’est ce qu’attendent à présent les pays arabes et les populations musulmanes dans le monde après le discours du 44ème président ce mardi 20 janvier. Devant une foule massive, sur les marches du Capitole à Washington, Barack Husein Obama a tenu a adresser un message au monde musulman : « nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels.»

Aux Etats-unis, le Conseil des relations américano-musulmanes (Cair) a salué la démarche du nouveau président : « Nous espérons que cette déclaration encourageante, combinée avec un changement dans les précédentes politiques de l'Amérique vis-à-vis du monde musulman, contribuera à améliorer l'image de notre pays et à promouvoir un avenir sûr et prospère pour l'ensemble de l'humanité », a déclaré Nihad Awad, directeur exécutif de l'organisation. De son coté, Keith Ellison, premier musulman élu au Congrès américain a aussi salué les paroles d’Obama.

En Grande Bretagne, le Conseil musulman s’est félicité de cette « intention noble » selon Muhammad Abdul Bari, secrétaire général de l’organisation. « J'espère que cela comblera le fossé entre les Etats-Unis et le monde musulman qui n'a cessé de se creuser depuis huit ans » a-t-il ajouté.

Dans son discours, marqué par une volonté fédératrice, Barack Obama a rappelé l’héritage multiculturel et multiconfessionnel de son pays : « Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse. Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. » Des propos qui ont retenu l’attention de Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l’Université de Beyrouth : « Le fait qu'il ait mentionné les musulmans revêt une grande signification. C'est un geste symbolique à l'adresse du monde musulman, qui n'est plus exclu », ajoute-t-il.

Même le Soudan s’est dit « très optimiste », par la voix du porte parole du ministère des Affaires étrangères, quant à la volonté exprimée « d’un changement dans la politique étrangère et sur l’abandon de l’Irak ». Dans son discours, Barack Obama a parlé de « laisser l’Irak à son peuple ».

Ailleurs, l’optimisme de mêle au bénéfice du doute. Selon le ministre Egyptien des affaires étrangères, « c’est un discours qui reflète un nouvel esprit de dialogue », « il s’agit d’une nouvelle orientation qui n’est certainement pas celle mise en œuvre par l’administration Bush ».

L'Organisation de la conférence islamique (OCI) espère de l'administration Obama "le début d'un dialogue plus fructueux et mieux informé entre l'Occident et le monde musulman"."La vraie paix ne peut être que partagée, jamais imposée", souligne l'organisation, qui rassemble 57 pays.

Dans une interview accordée en décembre dernier au Chicago Tribune, Obama s’était exprimé sur sa volonté de restaurer l’image de l’Amérique dans le monde musulman. Il était alors sûr d’une chose : le monde « est prêt à entendre ce message ». Il avait d'ailleurs annoncé la tenue prochaine d'"un discours important dans une capitale islamique".