Hijab and the City

De l’immersion journalistique

Rédigé par Khadija Tighanimine | Lundi 22 Février 2010 à 00:44



Elle l’a fait. Florence Aubenas est allée jusqu’à quitter son siège bien chaud du Nouvel Observateur pour aller sur le terrain, faire du journalisme, du vrai.

Sa mission : six mois dans la peau d’une femme de ménage, après des entretiens passés au pôle emploi pour un salaire de misère et des conditions de travail éreintantes. Sa volonté, faire un travail intelligent et authentique sur ces personnes que la crise frappent de plein fouet, ces gens prêts à accepter n’importe quel boulot, pourvu qu’ils aient un salaire en fin de mois, même modeste. Des rencontres, des échanges, de la solidarité, un univers que Florence Aubenas ne connaissait pas mais qu’elle avait voulu explorer pour mieux le comprendre et mieux le présenter.

Faire dans l’empirisme, c’est vouloir offrir une vision juste des choses. Malheureusement, le journaliste d’aujourd’hui est loin de se préoccuper de toutes ces questions d’ordre déontologique ou même éthique quand il s’agit de traiter de sujets qui intéressent l’opinion publique.

Le journaleux, comme on aime à l’appeler, n’à qu’un seul but : faire dans le sensationnel ! Et tant pis si cela implique de mentir, de diffamer, de ruiner l’avenir d’honnêtes citoyens, tant que l’article est vendeur, c’est tout ce qui compte. On ne dissocie presque plus la presse à scandale de la presse dite d’information, censée s’en tenir aux seuls faits.

Ce que l’on regrette néanmoins, c’est la focalisation qui a été faite sur la personne de Florence Aubenas plus que sur son travail en tant que retour aux fondements du journalisme, au désir de réhabiliter un journalisme intègre et vertueux.

Et que ses confrères en prennent de la graine ! Cela nous éviterait d’avoir à subir les bévues de journalistes qui ne font plus leur métier et qui vont jusqu’à verser dans la politique politicienne et vicieuse afin de servir ceux qui les tiennent à la gorge ou pas d’ailleurs. Je pense à un certain homme en écharpe rouge qui n’hésite plus à verser dans le discours frontiste le plus obscène, il aurait d’ailleurs mieux valu pour lui comme pour nous qu’il suive la voie à laquelle son nom le prédestinait et qu’il a dû s’efforcer de déjouer avec hargne : Barbier.

Cependant, j’imagine qu’il aurait été aussi malhabile avec un rasoir qu’avec sa plume, qu’il en aurait lacéré et blessé des personnes, quoique c’est ce qu’il fait aussi avec les mots qui, eux, marquent et dont la douleur est encore plus forte.


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