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Points de vue

Coupe du monde 2022 : quelles chances pour le Maroc au Qatar ?

Rédigé par Gianguglielmo Lozato | Jeudi 17 Novembre 2022 à 12:00

           


La sélection marocaine pour le Mondial 2022 au Qatar. © Fédération marocaine de football
La sélection marocaine pour le Mondial 2022 au Qatar. © Fédération marocaine de football
La plus grande compétition de football organisée au Qatar approche à grands pas. Le Maroc fait partie des nations qualifiées pour cette phase finale à la saveur orientale inédite. Il y retrouvera la Belgique, le Canada et la Croatie dans sa poule du premier tour.

Entre interrogations et certitudes, le Maroc se présente à ce rassemblement sportif la tête haute, au vu de sa qualification méritée et d’un ensemble composé d’hommes de grande valeur sportive. Au vu de son passé dans l’épreuve footballistique majeure, les Lions de l’Atlas forcent le respect sur les plans continental et international. Les derniers mois ont permis d’observer une phase qualificative convaincante. A l’heure actuelle, des prévisions fiables pourraient-elles se voir formulées quant à une participation positive ?

Un passe convaincant et constructif

1970, 1986, 1994, 1998, 2018. Cinq participations au Mondial. Pas mal mais le Maroc pouvait mieux faire, laissant entrapercevoir de belles promesses au Mexique en 1970 (un nul 1-1 contre la Bulgarie et une défaite de justesse 1-2 après avoir mené au score contre l’Allemagne).

Donnant le loisir de constater de belles choses seize ans plus tard, encore une fois au Mexique, il a été le premier pays arabe et africain à se qualifier pour le deuxième tour de la compétition, grâce à ce qui a été sa meilleure délégation avec Aziz Bouderbala, Abdelkrim Merry dit Krimau, Abderrazak Khairi, Mustapha El Biyaz, Abdelmajid Lamriss, El Mustapha Haddaoui et autres Badou Zaki. Avant des erreurs malgré quelques sursauts (une victoire 3-0 contre l’Ecosse au Mondial 1998 en France ; un très bon match nul 2-2 contre l’Espagne). Elle a alterné les périodes fastes et les absences. C’est pourquoi l’équipe doit s'imposer une plus grande stabilité.

Les résultats récents à capitaliser

Ces deux dernières années, l’équipe du Maroc a produit du spectacle et ses membres s’expatrient bien. Elle a eu l’avantage de pouvoir tester deux méthodes d’entraîneurs de haut niveau. La première avec Vahid Halilhodzic, la seconde avec Walid Regragui, qui a voulu rétablir une sérénité au collectif.

Au niveau comptable, les victoires par trois buts d’écart se sont produites aussi bien à domicile qu’à l’extérieur (3-0 et 4-1 lors de la double confrontation avec le Ghana). Pour ce qui est de la CAN 2022, le Maroc, même en forme aléatoire, a été capable d’atteindre les quarts de finale puis de poser des problèmes à une Egypte aussi conquérante qu’impressionnante, la forçant à aller jusqu’à la séance des tirs au but.

Les matchs de préparation ont, eux aussi, livré leur part de vérité : une rencontre amicale impressionnante avec une victoire 2-0 sur le Chili, suivie d’un match nul solide (0-0) avec le Paraguay. Toutefois, la défaite 0-3 contre les Etats-Unis prévient qu’il faudra se montrer précis et vigilants face au Canada. Attention, même la France de l’illustre Michel Platini avait failli se contenter du partage des points en 1986 lors de la première et jusqu’à présent unique participation canadienne.

Quel futur imminent ?

Néanmoins, les Marocains ont de la ressource. Les hommes de l’extrémité ouest du Maghreb savent courir et faire courir l’adversaire. Quelques fois, il est vrai en se dépensant trop inconsciemment physiquement. Prenons l’effectif dès le premier secteur de jeu : les gardiens de but. Pour la première fois depuis longtemps, le royaume dispose d’un vivier de bons goals. Peut-être une alternance serait-elle envisageable en fonction de l’adversaire car Yassine Bounou semble plus spectaculaire tandis que Monir Mohand Mohamedi El Kajoui paraît plus sûr sur les prises de balle aériennes, appartenant tous deux à la même catégorie de taille (respectivement 1,92 et 1,90 mètre).

La défense devra peser la charge mentale de chaque rencontre et se concentrer pour éviter l’hémorragie du type de celle infligée par les Américains. Achraf Hakimi est certes un élément fort et talentueux dans ce compartiment de jeu, mais ses coéquipiers ont tendance à trop laisser les choses se reporter sur lui, y compris la rigueur. Même un excellent joueur a besoin d’appuis.

Le milieu du terrain est l’occasion d’énumérer là aussi des vedettes comme le tout jeune Bilel El Khannouss qui pourrait s’affirmer en tant que révélation du tournoi. Mais les deux individus indispensables seraient davantage Nordin Amrabat à l’activité incessante et Selim Amallah aux indéniables qualités offensives. L'absence pour blessure d’Amine Harit, qui évolue à Marseille, semble déstabilisante, Anas Zaroury le substituant en catastrophe. Mais la gestion du stress fait partie des grandes compétitions.

Au niveau de l’attaque, Soufiane Boufal, Youssef En-Nesyri et surtout Hakim Ziyech ont les moyens de faire trembler leurs adversaires. Mais en se référant à la cinglante défaite face aux Etats-Unis ainsi qu’à quelques matchs de ces deux dernières années, on constate que les tentatives sont nombreuses mais avec une part élevée de tirs non cadrés. Dès lors que choisir : un duo d’attaque avec une sorte de « neuf et demi en soutien » ou bien un trident dans un 4-3-3 à plat ?

C’est de ce subtil raisonnement que peut naître un piège, par exemple en le modulant au fil de la rencontre face aux Canadiens, et en jouant sur les ailiers devant les Belges. La Croatie pouvant se montrer plus coriace mais fragilisée potentiellement si Nordin Amrabat interfère dans la zone de Mateo Kovacic en l’isolant de Luka Modric, Ivan Perisic attendant plus souvent de longs ballons en sélection qu’à l’Inter.

© CC BY 2.0 / Vinod Divakaran
© CC BY 2.0 / Vinod Divakaran

Un douzième homme

L’avantage dont pourrait bénéficier le Maroc dépasse ses frontières. Il s’agit du public. Bien entendu, les supporters venus du Maroc feront tout pour encourager leurs favoris avec enthousiasme. Au-delà de cet aspect logique et tout à fait prévisible, n’oublions pas que la péninsule arabique entretient de bons rapports avec le territoire administré et régi par le roi Mohammed VI. Le public local risque fort de soutenir les Marocains à tous ses matchs, en raison d’un capital sympathie plus élevé que certaines autres équipes. N’oublions pas aussi que beaucoup de Marocains résident en Belgique et au Canada, ce qui peut déclencher un facteur psychologique déterminant.

Cette première vision d’ensemble s’apparente donc à un état des lieux et à une réflexion. Cette anticipation a tenu compte des facteurs sportifs directs et indirects, et des facteurs extra sportifs.

Le Maroc dispose de moyens, de par sa liste de joueurs au bagage technique étendu pour la plupart. Le facteur humain entre aussi en ligne de compte avec les recadrages façonnés par la pédagogie de l’entraîneur Walid Regragui. La variété des âges de ses protégés peut se révéler un avantage, un peu comme pour l’équipe d’Italie de 1982 qui avait remporté le titre suprême en alignant des hommes de 18 à 40 ans.

Le facteur psychologique et l’application compteront aussi et le Maroc a les moyens de poser des problèmes aux vice-champions du monde croates, aux Canadiens dont il faudra quand même se méfier avec le milieu Atiba Hutchinson, habitué de la pression des derbys turcs avec Besiktas, et surtout aux Belges qui ont souvent du mal face aux équipes arabes.

Saura-t-elle retrouver la Tunisie dans la suite de la compétition ? Une compétition où la concurrence sera rude et où le Brésil devrait se distinguer avec Neymar, Marquinhos, l’impressionnant Richarlison mais peut-être aussi Everton Ribeiro, ce dernier serait parfait dans le rôle d’un joker car jouant en championnat brésilien et ayant connu le football dubaïote pendant trois saisons. Dommage que son sélectionneur n’ait pas pris son compatriote du Botafogo, Gabriel Barbosa Almeida dit Gabigol, ce qui aurait augmenté l’effet de surprise. Et que dire de l’Argentine de Messi ? Attention aussi à l’Equateur et à l’Uruguay.

Concernant l’Europe, à part le Portugal, les autres pays seront capables du meilleur comme du pire, y compris la France, championne du monde en titre. A moins que la Serbie ne retrouve des couleurs en retrouvant la coordination de son entrejeu de 2018, notamment avec le très bon Sergej Milinklovic-Savic. InchaAllah !

*****
Gianguglielmo Lozato est professeur d'italien et auteur de recherches universitaires sur le football italien en tant que phénomène de société.

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