Sur le vif

Civitas booste les audiences de « Tomboy »

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 20 Février 2014 à 11:42



En première partie de soirée, mercredi 19 février, Arte diffusait Tomboy (garçon manqué en anglais) sans prêter attention aux critiques de Civitas, qui avait lancé un appel pour que ce film ne soit pas diffusé.

Le film, réalisé par Céline Sciamma et sorti en salles en 2011, raconte l’histoire d’une petite fille qui se fait passer pour un garçon et va même jusqu’à embrasser une autre petite fille. C’est cette « amourette entre deux filles » qui pose problème à Civitas. Le groupuscule catholique, qui estime que « Tomboy fait du prosélytisme en faveur de l’idéologie du genre », souhaitait que sa diffusion soit annulée. Pour cela, Civitas avait lancé un appel sur son site, lundi 17 février, pour que le plus grand nombre de personnes se plaigne à la chaîne franco-allemande pour empêcher sa diffusion.

Arte concédait mercredi à la mi-journée avoir reçu « une trentaine de messages » de protestations. Mais pas de quoi mettre la pression à la chaîne qui a maintenu la programmation de Tomboy. Bien lui en a pris, car la mobilisation de Civitas a eu pour effet d’attirer les téléspectateurs vers Arte. En partie car des appels à regarder le film, aussi bien par les militants contre la théorie du genre et leurs détracteurs, ont été constatés sur les réseaux sociaux.

« La chaîne a rassemblé 1,25 million de téléspectateurs, soit 4,9 % de part d'audience. A titre de comparaison, le film de la semaine précédente avait rassemblé 615 000 téléspectateurs, soit 2,5 % de part d'audience », fait ainsi remarquer le Huffington Post.

Malgré eux, les militants de Civitas ont contribué au succès d’un film qui fait déjà l’objet d’une pétition dénonçant sa diffusion à l’école. Tomboy est en effet été diffusé à l’école dans le cadre du programme « Ecole et cinéma », dans lequel il est intégré depuis l’année scolaire 2012-2013, d’après le site du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). Ces derniers mois, avec le débat autour de l’enseignement supposé de la théorie du genre à l’école, la diffusion de ce film, lauréat du Prix du Jury du Teddy Awards à la Berlinale récompensant les films traitant de sujets LGBT, est de plus en plus contestée. La pétition pour l’arrêt de sa diffusion à l’école a recueilli plus de 38 000 signatures à ce jour.

Des supports comme des livres illustrés sont également dans la ligne de mire des anti-gender. Dernièrement, c'est le livre « Mehdi met du rouge à lèvres » qui a été fortement critiqué.

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