Sur le vif

Charlie Hebdo : Luz ne caricaturera plus le Prophète Muhammad

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 29 Avril 2015 à 19:10



C’est fini. Près de quatre mois après l’attentat contre Charlie Hebdo qui a coûté la vie à 12 personnes au siège, le dessinateur Luz a annoncé ne plus vouloir dessiner le Prophète Muhammad.

A l’occasion de la parution de Catharsis le 21 mai, une BD dans laquelle il raconte son quotidien depuis le drame du 7 janvier, le dessinateur affirme ne plus vouloir caricaturer le Prophète car il « ne l'intéresse plus ». « Je m'en suis lassé, tout comme celui de Sarkozy. Je ne vais pas passer ma vie à les dessiner », a-t-il déclaré aux Inrocks mardi 28 avril.

Luz se confie aussi sur la manière dont il a vécu les événements des derniers mois. « J’avais un bout de cerveau qui cognait contre les murs », a-t-il déclaré. « Je ressassais les mêmes images, je ne les digérais plus. Je devais recoller les morceaux par le dessin. En couchant sur le papier les images qui m’obsédaient, je les sublimais et les dominais. »

Et si Philippe Val revenait à Charlie Hebdo ? Hors de question pour Luz, pour qui « le retour de Val serait le départ de Luz et d'autres personnes ». « Il n'est plus Charlie, il n'est pas Charlie, il fait juste partie de l'histoire de Charlie. Il est dans le déni de ce qu'il a été pour ce journal : quelqu'un qui a publié toutes les caricatures danoises. Ce n'est pas étonnant qu'il ait baissé les bras, mais il ne les baisse pas à notre place », a-t-il lâché. Celui-ci réagissait à des propos de l'ex-directeur de France Inter qui estimait en février que « les terroristes ont gagné », du moins une bataille.

Le caricaturiste glisse enfin son avis sur le projet de loi sur le renseignement qui sera voté le 5 mai à l’Assemblée nationale et son avis est tranchant, jugeant la loi comme « une altération intolérable de nos libertés individuelles ». Après les attentats, « le gouvernement ne cesse d’invoquer Charlie Hebdo pour justifier cette loi liberticide alors qu’on est un journal qui lutte contre les atteintes aux libertés ! On ne veut pas être utilisés comme argument publicitaire par Manuel Valls pour vendre sa politique sécuritaire », a-t-il déclaré.

Lire aussi :
« Être ou ne pas être Charlie ? », le débat aux Assises du journalisme en vidéo
Le pluralisme au service de nos libertés
Le refus de Charb de reconnaître l'islamophobie dans une lettre posthume
Charlie : tu ne m’offenseras point !
Charlie Hebdo : le pape refuse l'insulte à la foi
Après Charlie, la paranoïa des Français parodiée par les Guignols (vidéo)
Charlie Hebdo : « Non, les élèves de Seine-Saint-Denis ne sont pas pour les attentats »
« Non, je ne suis pas Charlie » : lettre ouverte au peuple français