Sur le vif

Centrafrique : un musulman dévoré par des habitants

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 15 Janvier 2014 à 12:30



Les violences entre musulmans et chrétiens en Centrafrique ont dépassé le paroxysme de l’horreur. Des actes de cannibalisme ont été recensés dernièrement, d’après des témoignages recueillis par l’AFP.

Une de ces scènes horribles s’est déroulée mardi 7 janvier. Un homme, parce que musulman, a été attaqué, dans un quartier nord de Bangui, par un groupe de chrétiens. Ils « l'ont lynché et découpé à la machette », raconte Jean-Sylvestre Tchya, témoin de cette scène d’horreur.

Puis, « l'un des individus ayant pris possession d'un bras est allé acheter du pain et s'est mis à mordre dans la chair, l'accompagnant de son pain. La scène a fait vomir plusieurs personnes, dont certaines poussaient des cris d'horreur », a-t-il ajouté. Un autre témoin raconte qu'« un autre individu, âgé, s'est procuré la tête et s'est employé à l'emballer soigneusement, promettant de s'en régaler ».

Un journaliste de la BBC a rencontré l’un de ces cannibales, Ouandja Magloire, qui raconte avoir mangé la jambe de la victime. Musulman ! Musulman ! Musulman ! », dit-il avoir crié tout en lui poignardant la tête. « J'ai versé du pétrole sur lui puis je l’ai brûlé. J’ai ensuite mangé sa jambe jusqu’à l’os. C’est pour cela que les gens m’appellent chien enragé maintenant », poursuit le jeune homme sans la moindre émotion.

Une vidéo prise avec un téléphone témoigne de l’acte horrifiant. On y voit Ouandja Magloire mâcher ce qui est visiblement de la chair humaine après que des personnes ait traîné par terre le corps démembré du jeune musulman. L’horreur ne s’arrête pas là. Il raconte avoir gardé de la chair de sa victime et l’avoir mangée le lendemain, « dans de la baguette ».

A la question de savoir pourquoi il a eu un geste aussi ignoble, le jeune répond simplement être « en colère ». Il explique que les Séléka ont tué sa femme enceinte, sa belle-sœur et le bébé de celle-ci. Durant l’acharnement contre le musulman, personne ne s'est interposée, indique-t-il, sans avoir une seule once de regret. A la fin de l’interview de la BBC, Ouandja Magloire est d’ailleurs acclamé par ses amis.

Son témoignage fait froid dans le dos et fait craindre le pire bien qu'il ne reflète qu'un acte isolé. Une issue au conflit centrafricain devient urgent pour enrayer les faits de barbarie.

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