Sur le vif

CPE: les évêques de France entendent 'la souffrance de la jeunesse'

Rédigé par Laila Elmaaddi | Vendredi 7 Avril 2006 à 15:42



Vendredi, la Conférence des évêques de France a assuré "entendre" la "souffrance de la jeunesse", "l'anxiété majeure face à l'avenir" exprimée dans la contestation du CPE et a affirmé que l'Eglise était "prête à contribuer" à une profonde réflexion sur le "bonheur véritable".

"Nous ne pouvons pas ne pas entendre cette souffrance des jeunes, cette angoisse face à leur avenir" qui s'exprime "dans le domaine des études et de l'entrée dans le monde du travail", même si elle est "en partie le fruit d'une forme d'éducation et de l'exacerbation du modèle de la société de consommation", a expliqué le président de la CEF, Mgr Jean-Pierre Ricard dans un communiqué faisant le bilan de l'assemblée plénière de la CEF réunie de mardi à vendredi à Lourdes. "Une espérance qui donne le goût d'exister ne peut se réduire à la seule recherche de sécurité", a-t-il avancé, avant de s'interroger sur ce qui mène, "au-delà de tous les faux-semblants, sur un chemin de bonheur véritable". Pour lui, "il est grand temps que notre société se donne les moyens de mettre en oeuvre cette réflexion, dans une perspective européenne, ouverte sur toutes nos solidarités internationales (...) L'Eglise, dans le plein respect de la laïcité, est prête, pour sa part, à y contribuer".

"Cette contestation manifeste aussi fortement la crise du politique et de la représentativité", critique également le communiqué. "Les divisions de la classe politique et les postures, qui apparaissent trop souvent comme un jeu d'acteurs en vue des échéances électorales à venir, accentuent son discrédit". Mgr André Vingt-Trois, l'archevêque de Paris, avait exhorté, le 26 mars dernier, les jeunes à dépasser le "petit bonheur mesurable par les sécurités du contrat social, (...) le bonheur d'un CDI ou d'une profession protégée" pour atteindre "le bonheur réel et profond qui donne la joie d'être au monde et de vivre".