Sur le vif

Belgique : vers la fin de la reconnaissance de l’Exécutif des musulmans par l'Etat

Rédigé par Lionel Lemonier | Lundi 21 Février 2022 à 10:30



Le gouvernement belge, par la voix de son ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne, ne veut plus reconnaître l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). © World Economic Forum / Natalie Behring
En France, le gouvernement français a débranché le Conseil français du culte musulman (CFCM) de son rôle d'interlocuteur de l'Etat. L'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) est en passe de subir le même sort. Vendredi 18 février, la presse d’outre-Quievrain se faisait l’écho de la déclaration du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, au micro de De Ochtend Radio 1, dans laquelle il expliquait avoir entamé la procédure de retrait de la reconnaissance de l'EMB.

A ses yeux, cet organe « ne peut plus être un partenaire de discussion ». Jusqu'ici, l’EMB est le représentant officiel du culte musulman en Belgique. Mais le fonctionnement interne de cet instance fait débat depuis des années. Elle est aussi mise en cause pour son manque de transparence et sa perméabilité aux influences étrangères, pour l’essentiel des gouvernements turcs et marocains.

Il y a quelques mois, un rapport de la Sûreté de l’État a relié Mehmet Ütsün, président de l’Exécutif, à la sphère extrémiste. Pour le ministre, la coupe est dorénavant pleine, raison pour laquelle il a décidé d’entamer la procédure de retrait de la reconnaissance officielle de l’Exécutif, ce qui conduira à la fin de ses subventions annuelles d’un montant de 600 000 euros.

Le ministre belge de la Justice invoque par ailleurs le décalage entre les représentants de l’EMB et la réalité concrète. « Cette organisation n’est pas représentative de tous les musulmans de notre pays, estime Vincent Van Quickenborne. On y voit une vieille génération qui a perdu tout contact avec les jeunes musulmans. C’est néfaste pour l’islam moderne. Cet exécutif ne peut plus être un partenaire de discussion. »

L’Exécutif des musulmans aura un droit de réplique dans le cadre de cette procédure de retrait, mais d'ores et déjà, son président, Mehmet ÜSTÜN, a fait savoir qu'il « ne comprenait pas cette décision ». « L'Exécutif regrette qu'un dialogue serein n'a pas pu être possible. L’Exécutif ne se reconnait absolument pas dans l’image négative qu’on lui donne et s’en éloigne formellement. Par ailleurs, et comme nous l’avions annoncé, notre processus de renouvellement est en cours et nous continuons notre travail pour le réaliser au plus vite. L’Exécutif souhaite également que le ministre de la Justice respecte l’Etat de droit et les principes constitutionnels de notre pays », a-t-on fait savoir dans un communiqué.

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