Sur le vif

Antisémitisme : Mélenchon fait condamner Copé, Juppé et Kosciusko-Morizet

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 13 Mars 2015 à 15:45



Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, jeudi 12 mars, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé à 1 000 euros d'amende chacun, avec sursis, pour avoir taxé publiquement Jean-Luc Mélenchon d'« accointances antisémites », en juin 2012. Ils sont également condamnés à 1 000 euros de dommages et intérêts chacun au titre du préjudice moral.

A l'époque, les trois cadres de l’UMP avaient successivement mis en cause l'ancien co-président du Parti de gauche pour ses liens avec le compositeur grec Mikis Theodorakis, auteur de déclarations antisémites en 2003, en accusant les juifs d'être « à la racine du mal ».

Le 15 juin 2011, Jean-Luc Mélenchon avait décidé de relayer sur son blog un appel lancé par le compositeur contre le régime d'austérité imposé à la Grèce. Un an après, Nathalie Kosciusko-Morizet avait taxé sur France 2 le député européen d'accueillir « sur son site, des gens qui font profession d'antisémitisme ».

Le lendemain, au micro de France Inter, Alain Juppé l'avait accusé d'« entretenir des relations sulfureuses avec certaines personnalités (…) qui prônent l'antisémitisme ». Jean-François Copé fermait le ban le surlendemain en reprochant au coprésident du Front de gauche de cautionner « des propos qui ne sont pas les nôtres », citant « l'antisémitisme ».

Jean-Luc Mélenchon, qui a nié avoir eu connaissance, à l'époque, des déclarations faites par M. Theodorakis en 2003, a salué la décision. « Il y a assez d'antisémites dans notre pays pour que des pyromanes puissent s'amuser à inventer de faux antisémites. Cette banalisation dans l'accusation d'antisémitisme est irresponsable et dangereuse pour la République », a signifié le leader du Front de gauche dans un communiqué. « L'antisémitisme est un délit. Il doit donc être condamné comme tel. Accuser à tort quelqu'un d'être antisémite est aussi un délit », a-t-il ajouté.