Société

Allemagne : l’islam, le cauchemar d’un dirigeant de la Bundesbank

L'islamophobie assumée au plus haut niveau de l'élite allemande

Rédigé par | Mardi 31 Aout 2010 à 00:00

La Bundesbank est dans de beaux draps et Axel Weber, son président, est bien embarrassé. Un nom fait les gros titres de la presse outre-Rhin : celui de Thilo Sarrazin, 65 ans, membre du directoire de la Banque centrale allemande et membre du Parti social-démocrate (SPD, opposition). Son livre, qui paraît ce lundi 30 août, dépeint une Allemagne « bientôt soumise à l'islam » et pointe les musulmans comme les principaux responsables de l'échec de la politique d'intégration.



Thilo Sarrazin, ou comment vendre un best-seller en surfant sur la peur anti-musulmane.
Le sarrasin (ou sarrazin) était, au Moyen Âge, le nom donné aux peuples de confession musulmane, le terme « musulman » n'existant pas à l'époque. En voici un qui assume son inimitié pour eux mais qui n'a jamais aussi mal porté son nom : Thilo Sarrazin. Intitulé L'Allemagne s'autodétruit (« Deutschland schafft sich ab »), son livre, qui fait actuellement grand bruit, se veut provocant et blessant à l’égard des musulmans, qui sont entre 3,8 et 4,2 millions outre-Rhin.

L'auteur imagine ce que deviendra son pays dans cent ans : une Allemagne où les bibliothèques sont remplacées par des mosquées, la journée scandée par le muezzin, lorsque tous les vieux Allemands auront été remplacés par une population de jeunes immigrés sans éducation qui ne sauront pas parler l’allemand puisqu’il ne sera plus enseigné dans les écoles, rapporte Le Figaro.

Le banquier sait faire de la pub autour de son brûlot. Ses provocations font parler de lui. La dernière en date : son interview publiée ce dimanche 29 août au journal dominical Welt am Sonntag, où il déclare publiquement que « tous les Juifs partagent un gène particulier » comme « les Basques » et que « les immigrés musulmans ne s'intègrent pas aussi bien que les autres groupes d'immigrés en Europe ». « Les raisons à cela ne viennent apparemment pas de leur origine ethnique mais sont enracinées dans la culture de l'islam », justifie-t-il.

La classe politique allemande lui tourne le dos

Les propos tenus par Thilo Sarrazin ont été qualifiés de « stupides » et « violents » par le leader du SPD, Sigmar Gabriel, de « blessants » et « diffamants » par la chancelière Angela Merkel et d'« intellectuellement racistes » par un représentant de la communauté turque d’Allemagne Kenan Kolat. Ce dernier a d’ailleurs exhorté Mme Merkel à limoger le banquier de la Bundesbank, Axel Weber, n’ayant pas le pouvoir de limoger un membre du directoire. Malgré son pamphlet, M. Sarrazin a exprimé son envie de rester membre du SPD, qui cherche depuis l'an dernier de l'évincer.

« Que faire quand, soixante-cinq ans après l’interdiction de "Mein Kampf", une nouvelle théorie raciste menace de tourner au best-seller ? », affirme le Tageszeitung dans son édito du lundi 30 août. Rien pour le moment, la liberté d'expression assure à M. Sarrazin la possibilité de publier de pareils écrits.





Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur