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Agressions à Paris : des extrémistes pro-israéliens en cause

Rédigé par | Samedi 10 Janvier 2009 à 12:25

Deux adolescents d'origine maghrébine ont été sauvagement agressés, ce jeudi, à la sortie de leur lycée parisien. Les présumés agresseurs seraient des activistes de la Ligue de Défense Juive (LDJ). Ce mouvement extrémiste est déjà connu des services de police pour différentes agressions envers les personnes d’origine nord-africaine et/ou pro-palestiniennes.



Une agression physique a eu lieu ce jeudi, en fin d'après-midi, devant le lycée Janson de Sailly, situé dans le très chic 16ème arrondissement de Paris. Les deux victimes, lycéens de l’établissement et âgées respectivement de 15 et 17 ans, sont toutes deux descendants de migrants maghrébins.

Selon les premiers témoignages, les agresseurs, au nombre de sept, distribuaient, au moment des faits, des tracts portant un numéro de téléphone ainsi que l'adresse internet de la Ligue de Défense Juive (LDJ), mouvement extrémiste pro-israélien. Le motif invoqué pour cette atteinte physique avérée est constitué par le jet d'un tract par une des deux victimes. L'un des membres du groupuscule lui a alors demandé pourquoi il l'avait jeté. A la réponse : « Parce que j'en veux pas », l'agression physique a débuté, les sept membres s'étant alors rués sur le premier adolescent.

Une « ratonnade » de plus ?

Selon les propos des victimes, un nombre important de tracts étaient déjà sur le sol lorsqu’ils ont été attaqués. Les dommages corporels font état, pour le moment, de l’ouverture de l'arcade sourcilière et d’hématome de la cloison nasale avec présomption de fracture légère chez les deux victimes, désormais chez eux. Un ami, venu en aide aux deux agressés a lui aussi reçu un coup de poing. Une plainte a d’ores et déjà été déposée par chacune des victimes.

La LDJ en France, qui se présente comme un « mouvement activiste sioniste d'autodéfense », est issue de la Jewish Defense League (JDL), constituée aux Etats-Unis. Celle-ci responsable de plusieurs tentatives -réussies ou non-d’attentats à la bombe, a été classée comme organisation terroriste par le FBI en 2001. Alors que le mouvement est interdit aux Etats-Unis et même en Israël, de nombreuses associations dont le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples (MRAP) et la Ligue des Droits de l’Homme (LIDH), dénoncent la branche française et s’étonnent qu'elle continue toujours d’exister.

La LDJ, étant auteur de plusieurs agressions notoires en France contre des maghrébins et des personnes soutenant la cause palestinienne ces dernières années, nombreux sont ceux qui réclament la dissolution du mouvement. Connue pour ses positions virulentes sur le conflit israélo-palestinien, la LDJ prône par ailleurs l'expulsion, qu'elle nomme « transfert », de l'intégralité de la population arabe du «Grand Israël», revendiquant l'annexion de la Jordanie, du Liban, de la Syrie et du Sinaï (en Egypte). La déportation des populations de ces pays à l'extérieur des frontières de ce « Grand Israël » en serait la logique conséquence. Estimant que le peuple juif doit préserver son identité, la LDJ est opposée à toute mixité ethnique et refuse catégoriquement l'union de juifs avec des non-juifs.

Alors cette agression est-elle une "ratonnade" de plus de la part de membres de la LDJ ? Alors que les médias surmédiatisent les actes antisémites, qui restent malgré tout condamnables, le silence est fait autour de cette affaire. «L’enquête policière suit son cours mais les abords de l’établissement sont protégés », affirme l’assistante de la proviseure du lycée parisien, sans pouvoir en dire davantage à ce sujet.


Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur