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Points de vue

Affaire Mila : la liberté d’expression au détriment du principe de tolérance ?

Rédigé par Mehdi Thomas Allal et Asif Arif | Mercredi 5 Février 2020 à 17:25

           


Affaire Mila : la liberté d’expression au détriment du principe de tolérance ?
Du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, à la secrétaire d’État à l’Egalité femmes – hommes, Marlène Schiappa, toutes et tous prennent position sur l’affaire Mila, en réaffirmant le droit à la liberté d’expression, emportant également le droit de critiquer, de moquer, voire même d’insulter les religions.

Cela va de soi, la jurisprudence constante de la Cour de cassation concernant la liberté d’expression va dans le sens d’une telle appréciation de la liberté d’expression. Mila n’a donc pas réellement besoin de revendiquer le blasphème puisque ce droit existe.

Les menaces de mort qu’elle reçoit sont d’autant plus choquantes qu’elle ne fait qu’user d’un droit reconnu par notre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) du 26 août 1789, qui a supprimé la notion de blasphème du droit français. Ces menaces devront être fermement condamnées par la loi, tombant sous le coup des dispositions du Code pénal.

Savoir mesure garder face au temps politique qui est devant nous

Regardons toutefois l’impact de ses déclarations. D’abord, les croyants, en général, et les musulmans, en particulier, se sont sentis dépréciés et blessés par de tels propos. Au lieu de rappeler à Mila que la tolérance est également une norme fondamentale de notre société, des responsables politiques se sont empressés de défendre le droit au blasphème, tel un droit qui n’existerait plus face à une pression sociale de plus en plus grande.

Il faut savoir mesure garder face au temps politique qui est devant nous. D’abord, rappelons que si Voltaire avait défendu le droit au blasphème, il avait également rédigé son Traité sur la tolérance.

Or, le contexte politique d’aujourd’hui est bien différent. Les amalgames entre islamistes, terroristes et musulmans sont présents sur toutes les chaines de télévision. Pas un mois ne passe en France sans qu’une polémique sur la laïcité et les musulmans ne voit le jour, au détriment des grandes questions sociales comme celle des retraites ou du chômage. Alors que Jean Jaurès souhaitait résoudre la question laïque pour traiter la question sociale, en France, nous masquons aujourd’hui les questions sociales par le biais de polémiques sur la laïcité.

L’utilisation d’une liberté se rapporte aussi à l’économie de son objectif

Loin de promouvoir le principe de tolérance, cette « sortie » de Mila pousse en réalité à l’intolérance. Car, quelle est la finalité sociale d’une telle sortie ? Qu’est-ce que cette sortie a apporté à notre société, sinon une énième polémique et une défiance de plus en plus généralisée à l’endroit des musulmans de notre pays ? L’utilisation d’une liberté se rapporte également à l’économie de son objectif.

Aujourd’hui, l’économie de cette sortie est nulle, voire négative. Elle ne fait que nourrir les thèses complotistes visant d’autres religions du type « si elle avait évoqué les juifs, elle n’aurait jamais pu dire tout cela ». Cela divise notre société et discrimine des minorités, qui sont déjà constamment mises sous pression.

Notre République est fraternelle et il nous appartient de faire vivre cette fraternité

Grandir avec la République et les Lumières ne signifie pas constamment s’en prendre aux religions. Le principe de la liberté d’expression permettant la critique des religions ne doit pas non plus être remis en cause.

Mais nous vivons dans une France où le raisonnement pondéré et modéré n’est plus possible. Soit on nous assigne du côté des grands républicains de notre temps, soit nous sommes du côté des « islamistes » dont aucune définition n’est valable ce jour. Cette simplification dichotomique n’est plus supportable. N’oublions pas que notre République est fraternelle et qu’il nous appartient de faire vivre cette fraternité.

*****
Mehdi Thomas Allal est maître de conférences à Sciences Po et responsable du pôle « vivre ensemble » du think tank le Jour d’après (JDA). Asif Arif est avocat au Barreau de Paris et auteur de plusieurs ouvrages sur l’islam et la laïcité. Il a publié aux éditions l’Harmattan Être musulman en France.

Lire aussi :
Mila regrette la vulgarité de ses propos mais revendique son droit au blasphème
Mila : Nicole Belloubet admet une « erreur » et défend le droit au blasphème
Abdallah Zekri/Mila : Schiappa monte au créneau, le CFCM déplore l'occultation médiatique de sa position




Réagissez ! A vous la parole.

1.Posté par Premier Janvier le 05/02/2020 21:13 | Alerter
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Pourquoi fait t-on de ces propos une affaire tandis que ce type de propos se trouvent en quantité industrielle sur internet ou ailleurs.
C'est la menace de mort qui a fait de ces propos qu'ils sont devenus une affaire.
Sans cela elle n'en serait pas devenue une.
L'affaire est évoquée de façon biaisée.
L'insulte n'a jamais été un délit et personne ne l'ignore.
Faire de ce qui n'est pas interdit une revendication est absurde.
Il existe des choses que l'on doit respecter, les lois sont là pour nous le dire, y contrevenir est un délit.
Après aucun d'entre nous ne les connaissons toutes.
L'expression nul n'est sensé ignorer les lois le dit. Elle ne dit pas de les savoir, elle dit l'interdit de ne pas en tenir compte.
La plupart d'entre nous comptons sur notre jugeotte pour discerner les choses.

2.Posté par Premier Janvier le 07/02/2020 16:21 | Alerter
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Pourquoi les gens sont t'ils anti religion, parce que elles sont un pouvoir, une puissance.
Mais les religions et les ouailles sont deux choses différentes.
Les religions ont des institutions, des biens, des dirigeants ayant titres et fonctions, elles ont une autorité, une influence. Elles sont combattues pour cela, parce que elles sont une organisation ayant un pouvoir.
Il y a ce qu'elles font, ce qu'elles disent, ce qu'elles ont.
Des verbes donc. Faire, dire, avoir.
Ils sont des verbes qui renvoient à d'autres verbes.
Agir, parler, posséder...
Etre par contre renvoie à lui meme précisément.
Etre mis tout seul sert à dire de lui meme qu'il est ce qu'il est sans jamais dire quoi, ce qu'il y a dedans.
Je suis chanteur par exemple renvoie au verbe chanter.
Moi par exemple j'ai toujours prétendu (écris) ici au masculin. J'ai indiqué etre un homme tandis que je suis une femme. Et bien personne ne s'en aperçoit.
Les choses sont que l'on dit qu'elles sont au moment ou on le dit.

3.Posté par Premier Janvier le 07/02/2020 17:41 | Alerter
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La liberté d'expression ne se trouve pas tant dans ce que l'on dit mais dans le fait d'autoriser aux autres ce que l'on s'autorise soi meme.
Un bourgeois n'a pas la meme liberté d'expression qu'un sans abri par exemple. Il n'a pas les memes moyens.
Ce sont les Etats, les pouvoirs qui détienne la liberté d'expression, les puissants.

4.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 08/02/2020 22:20 | Alerter
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"C'est la menace de mort qui a fait de ces propos qu'ils sont devenus une affaire."
Cela est tout à fait vrai ! Le scandale est bien dans la parole interdite, et c'est bien la menace de mort qui en est une.

De même
"L'insulte n'a jamais été un délit et personne ne l'ignore.
Faire de ce qui n'est pas interdit une revendication est absurde."

est également absolument vrai. Ces deux points de vue affirmés simultanément témoignent d'une hauteur de vue trop peu exprimée.


Quand à l'auteur de l'article, toute à sa dénonciation du complotisme, il évoque un argument auquel je n'avais pas pensé. Mais bon sang, qu'est ce que les juifs viennent faire là dedans ?

5.Posté par Premier Janvier le 09/02/2020 18:56 | Alerter
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Et oui. Pleins de personnages publics ou d'anonymes ont été l'objet de menaces. La presse le rapporte parfois.
Mais le pourquoi ne fait jamais débat.
Il ou elle a été menacé pour ce qu'il, elle a dit par exemple.
Jamais personne n'en a fait un thème, un débat.
Jamais personne ne fait ça. Alors pourquoi le fait t-on ici.
Parce qu'il est question de religion.
C'est la religion qui fait débat et pas la menace. C'est ce que ça dit.
L'islam est un thème qui attire le chaland, il devient le thème, le sujet, la menace passe au second plan. Le thème devient l'islam sans avoir l'air d'y toucher.
Lorsqu'il est arrivé qu'un politicien a été menacé, on n'a jamais mis en avant le pourquoi il a été menacé, ce qu'il a pu dire pour l'etre, mais le fait d'avoir été menacé uniquement.
Alors pourquoi fait t-on le contraire ici. C'est très curieux.
Ce que viennent faire les juifs là dedans, moi, vous François, les émissions télé, tout ce qui se greffe dessus.
Pourquoi par exemple commentez vous ce que je dis.
Ou moi ce que vous dites.
Et donc ce que d'autres que nous ont pu également en dire.
Parce que on ne sait pas qui au départ, quelqu'un à décidé de médiatiser cette affaire là en particulier sous l'angle qui est celui qu'il est.
Moi, qu'est-ce que je fais là par exemple. Je n'en sais rien.
Et vous qu'est-ce que vous faites là.
Pourquoi se met t'on à évoquer un sujet.
Parce que l'on nous fait croire qu'il y a là un sujet.
Je peux vous raconter comment j'en ai entendu parler mais pas pourqu...  

6.Posté par Premier Janvier le 09/02/2020 19:15 | Alerter
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Si on suit la logique, tous les gens qui ont été un jour menacés devraient faire débat de ce pourquoi ils ont été menacés.
Les femmes menacés par leurs conjoints, la jalousie, l'adultère tandis que ce n'est pas un délit.
Et on se met à parler jalousie. C'est ce que ça dit.
Pas de la menace mais de la jalousie de cette dernière.
Et ainsi de suite avec tout.

7.Posté par Premier Janvier le 09/02/2020 20:31 | Alerter
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François. Les gens regardent ce que les autres ont.
Ce qui fait des choses qu'elles sont vraies et le fait d'en dire toujours la meme chose.
A propos de choses semblables, identiques ne jamais varier.
Sachant que seul le réel existe et donc que rien n'est vrai, les gens se bricolent une réalité.
Ce que l'on dit aujourd'hui doit etre vrai pour hier si l'on en dit que c'est juste, vrai.
Autrement on en dit que ce n'est vrai qu'aujourd'hui et donc que ce n'est pas vrai.
Au temps des colonies, aux temps antiques, partout et tout le temps.
Cependant pour un fait d'aujourd'hui (ce que l'on appelle le réel) on sait très bien que ce que l'on en dit n'est valable que pour aujourd'hui.
Les phrases haineuses dites par des bouchers à l'encontre de X ou Y confessions par exemple. On se met à en dire, c'est lui qui parlait, ce qu'il a pu dire est arriéré.
C'est là ou les gens sont perdus.
C'est dégueulasse mais en meme temps ça ne l'est pas.
Autrement dit c'était vrai pour hier mais ça ne l'est plus pour aujourd'hui.
Autrement dit ça ne l'est pas.
Et donc ça ne l'a pas été non plus pour hier. On le dit juste.
Les choses (les faits) ne peuvent etre vrai que partout (dans le monde entier)
tout le temps (à toutes les époques) et pour tous (tout le monde).
C'est ça que les gens comparent.
Ils savent que là et seulement là peut se trouver ce que l'on appelle juste, le vrai, le sensé, ce que l'on appelle le réel.
Et chacun à le sien. Un réel devient le réel. Aucun des deux n'existent.
Mais lor...  

8.Posté par Premier Janvier le 09/02/2020 21:43 | Alerter
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Si l'on épluche l'Histoire et tous les propos qui ont été tenus par des belliqueux à l'endroit des confessions, meme ceux du petit moustachu, personne ne devrait pouvoir aujourd'hui en dire, il n'avait pas le droit si l'on se met à prendre comme argument la liberté d'expression.
Ou à propos de belliqueux contemporains, y compris des croyants eux memes à l'encontre d'autres croyances que la leur.
On ne peut dire j'ai le droit qu'en ayant l'aval de la loi.
Liberté d'expression et droit sont deux choses différentes.
La liberté d'expression c'est accorder aux autres ce que l'on s'accorde à soi meme.
Les choses sont vraies partout, à toutes les époques et pour tout le monde ou ne le sont pas.
Et c'est là qu'il y a un souci.
Puisque l'on ne peut pas dire à propos d'une meme chose, une chose et son contraire.
Ce que l'on dit aujourd'hui n'est pas le réel, celui de toujours. C'est un réel. Celui d'aujourd'hui.
On sait très bien, ne serait-ce que parce que les lois évoluent, changent, que ce que l'on dit des choses n'est vrai qu'au moment ou on les dit.
C'est tout ce qui fait des choses qu'elles ne sont jamais vraies d'ailleurs.
Elles changent, évoluent selon les époques.
C'est ce que l'on dit en dernier qui est vrai. Il faut donc bien dire les choses.
Seul ce que dit la loi compte.
Avant nous avions d'autres. Puis encore d'autres...
Nous ne disons pas la vérité de toujours, le réel, mais ce que dit la loi et un réel. Celui d'aujourd'hui.

9.Posté par Premier Janvier le 10/02/2020 17:47 | Alerter
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Il y a une phrase de monsieur Onfray qui m'a fait comprendre le hic, le truc, l'élément qui m'échappait. L'élément c'est le temps.
La phrase de monsieur Onfray c'est, on peut etre antisémite au nom du l'islam.
Ou peut etre du coran je ne sais plus bien.
J'ai internet depuis 2007. J'ai pu y lire quantités de phrases racistes émanant de personnages dits grands penseurs par exemple reprises par des internautes.
Utiliser le passé, utiliser des personnes célèbres afin d'en dire ce n'est pas moi qui le dit, c'est le personnage célèbre dont tout le monde est d'accord pour en dire qu'il était talentueux.
Utiliser l'Histoire, les personnages dits renommés afin de démontrer que la raison ne se prouve nulle part, chez personne et que rien n'est vrai, ça je l'avais trouvé. Ce qu'il me manquait c'est le pourquoi.
Le pourquoi c'est le temps et le réel, autrement dit ce qui n'existe pas.
J'avais compris que c'était le temps, ça je l'avais trouvé, mais je n'avais pas trouvé qu'il était aussi le pourquoi.
Pourquoi une meme personne par exemple peut t-elle dire d'une meme chose une chose et son contraire. Pourquoi ça devient faux dès lors que c'est un autre qui le dit à une autre époque et vrai dès lors que c'est elle qui le dit aujourd'hui et ici.
Ce que les gens recherchent c'est cela.
Ou se trouve le vrai, le juste, la réalité.
La réponse c'est nulle part.
Ni le temps ni le réel n'existent, c'est la raison pour laquelle on est contraint de s'en bricoler un, d'appeler cela le temps et le r...  

10.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 20/03/2020 11:58 | Alerter
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Bien longtemps après la bagarre, et désolé je n'étais pas venu ici depuis un mois...

Je trouve que vous exprimez un déni. Déni du temps et de la réalité, pour justifier un autre déni, celui là beaucoup plus profond. En gros vous tentez de nier philosophiquement des concepts établis et qu'il est avantageux de considérer: les notions de temps et de réel, cela pour nier ce que vous ressentez comme une attaque contre votre être et que vous refusez de considérer comme possible, voire comme ayant existé ou même être encore réel.

L'antisémitisme au nom de d'islam, ou l'extrême arriération violente portée par une frange en apparence dégénérée de l'humanité qui identifie croyance fanatique irraisonnée et autorité sur les femmes ou sur les juifs est une réalité.
Portée par certains, pour leur honte à eux. Cela n'a rien de bizarre ni d'extravagant, cela existe, tout simplement.

Croire que cela puisse être interprété comme non réel ou imaginé est un déni. Qui sonne comme une justification ou une banalisation, comme si ces manifestations étaient tellement contraire à ce qui doit être qu'elles sonnent comme invraisemblables et donc sont niées. Au point de leur refuser le temps et le réel... C'est exagéré.

Prenons la société disons française du début du XXème siècle. Elle fut antisémite et fanatique pour des raisons voisines et saisies du fait de la 2ème guerre mondiale par plus grand qu'elle. Depuis, elle est comme "vaccinée". Ele fut aussi très misogyne et longtemps inconsciente de l'i...