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Points de vue

Adama, Théo... les stigmates de ce racisme structurel qu’on n’ose pas voir en face

Les récits de Bent Battuta

Rédigé par | Jeudi 9 Février 2017 à 16:17

           


Adama, Théo... les stigmates de ce racisme structurel qu’on n’ose pas voir en face
PARIS. − Je hais le lundi matin. J'ai toujours détesté le lundi. Vague souvenir de mes années de scolarité. Alors, chaque dimanche soir, je fais tout sauf penser à mettre mon réveil pour 8 heures.

Ce dimanche soir est un peu particulier pour moi. Mes proches m'emmènent écouter une soirée hommage à Billie Holiday dans un club parisien. On ne peut pas dire que les classiques de cette reine du jazz soient propices à vous plonger dans une euphorie guillerette, mais davantage dans un état mélancolique.

J'avais découvert adolescente son morceau légendaire sur les lynchages et pendaisons du Ku Klux Klan dans « Strange Fruit ». Je l'ai retrouvée dans la biographie de Maya Angelou reprendre ce morceau au fils de l'écrivaine grandiose.

Alors me voilà perdue dans ces Etats du Sud américains avec la voix de Billie Holiday. Les rues sont calmes dans ce quartier de Paris. La présence de deux voitures sur le trottoir fait dévier mon parcours et me ralentit. Je comprends assez vite de quoi il s'agit.

Banale scène de contrôle de police. Banale parce que, comme souvent (toujours ?), les trois hommes fouillés ont la gueule de métèques, basanés, blasés, habitués inlassablement à se voir palpés, contrôlés.

A deux pas, une bande de jeunes Blancs légèrement éméchée passe tranquillement.

Par habitude, je ralentis ma marche. Un réflexe que j'ai pris il y a de cela quelques années. Un réflexe que j'ai appris quand je voyais des élèves se faire contrôler dans ma gare de banlieue nord de Paris. Moment d'humiliation quotidienne auquel je n'ai pas à faire parce que femme, exception faite des lendemains d'attentats dans les gares ou les aéroports.

Il y a quelques mois, lors d'une rencontre informelle, un éducateur de deux fois mon âge évoquait, lui aussi, ses scènes d'humiliation quotidienne auxquelles il a eu affaire plus jeune. Je n'avais pas supporté que, des décennies après, il finisse par accepter que ce sort soit réservé à ses enfants. Je m'étais emportée et m'en étais voulue après coup.

A chaque contrôle musclé, à chaque anecdote d'un proche noir et arabe que j'évoque hors de moi, il y a toujours un ami bien intentionné blanc, vivant du bon côté des lignes géographiques et sociologiques qui se sent obligé de partager, lui aussi, son contrôle de police en voiture. Et, inlassablement, je bous. Intérieurement, je bous de l'autisme blanc qu'évoquait déjà James Baldwin en 1964.

Je bous de cette incapacité à comprendre qu'avec un nom et une gueule de métèque il faille mentir, tricher pour avoir une chance d'obtenir un logement.

Je bous de cette incapacité à sentir qu'avec un nom et une gueule de métèque croiser un flic peut être synonyme de mort, de viol et d'humiliation.

Je bous de cette incapacité à assumer le racisme structuré, structurel d'une société dans laquelle être Blanc, homme de plus de 50 ans et riche vous prémunit de toute condamnation.

Alors, oui, en ce moment, je bous. Et je sens que je ne suis pas la seule.

Combien d'Adama et de Théo faudra-t-il pour ce pays, mon pays, pour voir en face ce racisme structurel gangrener ses fondements ?

Combien de sursauts de colère nous faudra-t-il pour qu'enfin certains se rendent compte de ce « white privilege » ?

Tant que la racaille à col blanc qui squatte les plus hautes instances de ce pays continuera à se pavaner avec des dizaines de condamnations sur le dos sur les plateaux de télévision alors que des gamins se font violer par des forces de l'ordre gangrenées par les idées frontistes, alors je ne vois pas trop comment penser, espérer ou rêver d'un avenir radieux pour chacun-e d'entre nous.

*****
Samia Hathroubi est déléguée Europe de la Foundation for Ethnic Understanding.


Samia Hathroubi
Ancienne professeure d'Histoire-Géographie dans le 9-3 après des études d'Histoire sur les débuts... En savoir plus sur cet auteur


Réagissez ! A vous la parole.

1.Posté par François Carmignola le 09/02/2017 21:27 | Alerter
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Pousser à la révolte contre la police les franges les plus fragiles intellectuellement et socialement de la société est inconséquent.
Y ajouter la question raciale, alors que l'immigration discriminée est factuellement fortement plus criminelle que le reste de la société est fortement contre productif pour ce qui concerne son intégration.
Cela est il nécessaire ? A qui ?

2.Posté par Melen le 10/02/2017 13:33 | Alerter
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Vous en faites un vous de fragile intellectuellement. Relisez vos écrits. Vous ne pourrez que constater que vous pouvez vous y inclure.

3.Posté par Melen le 10/02/2017 13:56 | Alerter
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Vous seul penseriez par vous meme, quant aux autres, ils ne seraient pas intellectuellement à meme de le faire. Ren que ça.
On n'est plus au temps des colonies François. C'est une époque révolue.
Quand cessera t-on dans ce pays d'appeler des citoyens français des immigrés.
Vous évoquez des choses sans rapport les unes avec les autres.
Les origines et la délinquance.
La délinquance n'est pas le fait des origines. On n'est pas voleur parce que l'on n'est noir.
Les politiques veulent faire de l'affaire Amada une affaire individuelle, ce serait l'affaire Amada. Idem pour Théo, Rémi et tous les autres, tandis que c'est un problème structurel. Les controles au faciès, les violences policières sont balayées d'un coup de main.
Ce serait selon nos politiques les affaires Amada, Théo, Rémi et tous les autres.
Amada, Théo, Rémi et tous les autres son des personnes intégrées, ils sont des citoyens et pas des immigrés, ils ne sont pas des personnes fragiles intellectuellement comme vous le prétendez.
On n'est plus au temps des colonies François, les noirs n'ont pas besoin que vous pensiez pour eux, ils ne vous sont pas inférieurs et savent très bien le faire sans vous.

4.Posté par ld le 10/02/2017 19:44 | Alerter
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Les "gwers" les "fromes" les sont persécutés dans les cités depuis 40 ans au point qu'aujourd'hui il n'y en a presque plus. Cette dame devrait regarder l'ensemble du problème. Pour rappel la liste des Blancs tués par des Métis, des Arabes et des Noirs entre 2000 et 2010 :
Roger Correia, Élodie Despons, Thierry Simon, Maurice Tomasoni, Jean Meyer, Jérémy Roze, Christian ( patronyme inconnu, à Nanterre) et son beau-père, Michel, Angélique Grossier, René Gumiel, Olivier Bossuat, Guy Trilles, Carlos de Araujo, Jacques et Thérèse Prévost, Arnaud Schaller, Jonathan Laurent, Pascal Orvain, Yves Lerebourg, Laetitia ( à Montataire), Johnny Salmont Xavier Dubray et Audrey Verpoorte, Priscilla ( à Dammarie-les lys), Caroline F. ( à Cergy-st-Christophe), Jean-Claude Eymery, Mickaël Isker, Frédéric Daigneau, Marine Truden, Martine Bord, Maxime Bouvet, Jonathan Vioud, Pascal Ceccaldi, Antony Bustos, Sylvie Garrigues, Julien Fernandez, Jean-Pierre Sauvonnet, Anne-Lorraine Schmitt, Freddy Liot,Gérard Varlet, Yvan Schneider, Jeanne Rolland, Yohan Kriegel, Vincenzo SerravalleBernard Olmedo, Benoît Prost, Marc Simoes, Jennifer Charron, Mélanie Rodrigue Sophie Gravaud, Fabien Formiès, Colette Flinoy, Anthony ( à Dammarie-les-Lys), Alain Savouret, Mireille Calais, Laurent Francazal, Julien Quemener, Yann Lorence, Muriel Gosse, Guy Labarrière, Raoul Jean, Katja Slokan, Benjamin Pirottin, Hubert Garcia-Bardidia, Élisabeth Debeury, Jean-Claude Irvoas, Jean-Jacques Le Chenadec, Thomas Duval, Mélod...  

5.Posté par François Carmignola le 10/02/2017 22:00 | Alerter
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@Melen L'immigration africaine et sa descendance est en échec dans toute l'Europe. Pour plein de raisons, elle est statistiquement plus criminelle et plus au chômage. Elle est par ailleurs discriminée (je le dis). Accentuer les choses en accusant la police de cet échec c'est accroitre un fossé qui se creuse de plus en plus.
Vous parlez de citoyenneté française: on peut changer de citoyenneté, si on pense être citoyen du ou d'un mauvais pays. Après tout, ces familles qui ont quitté leur zone géographique d'origine pour s'installer ailleurs, c'est sans doute qu'elles avaient des raisons de se plaindre de leur situation ?

Mais l'expatriation des mécontents n'est pas l'unique solution. Renoncer à vouloir fonder des communautarismes raciaux ou religieux aussi.

6.Posté par Robert, blanc, 50 ans (vas-y Samia, déteste moi!) le 11/02/2017 10:47 | Alerter
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Adama ? Adama Traoré ? Vous parlez bien de la racaille délinquante multirécidiviste, dix-sept (17) fois condamnée ? Celle qui s'est volontairement suicidée en résistant à l'interpellation légitime de son délinquant de frère (l'un de ses frères, devrais-je dire, car ils sont tous délinquants professionnels dans la famille très polygame dont ils sont issus) ?

Arrêtez, Samia, vous me faites rire. Il y a des millions de noirs et d'arabes dans ce pays qui n'ont JAMAIS aucun problème avec la police. Pourquoi ? Ben, parce qu'ils ne font rien d'illégal ! C'est pas compliqué !

Et ces mêmes millions ne sont JAMAIS victime du racisme structurel dont vous parlez. Pourquoi ? Parce que ça n'existe tout simplement pas ! C'est pas compliqué.

Vous pouvez toujours prétendre être une grande intellectuelle spécialiste des débuts de l'islam ou de la fin des soldes en février, mais faudrait commencer par arrêter de raconter n'importe quoi...

7.Posté par Melen le 12/02/2017 13:41 | Alerter
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C'est devenu Fdesouche ce site.
Je me casse. Les analyses absurdes sont à ignorer.
Répondre à la débilité c'est lui donner du crédit.
Ciao les beaufs.

8.Posté par joseph le 12/02/2017 17:09 | Alerter
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L ' affaire Théo prend une importance démesurée.
On le sait que nos chères banlieues et autres "quartiers populaires" n'attendent qu'une étincelle pour mettre le feu au pays tout entier, ils se servent de ce chantage permanent pour avoir la paix pour leurs divers trafics.

9.Posté par blois le 16/02/2017 14:39 | Alerter
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IL semble que l ' affaire Théo commence à se décanter . En tout cas la version du policier doit être lue :

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/enquete/affaire-theo-la-version-du-policier-mis-en-examen-pour-viol_1879601.html