Le CHU de La Réunion et le Groupe de dialogue interreligieux local ont signé une convention de partenariat inédite, lundi 22 juin 2026, lors de la Journée mondiale du don d'organes. © CHU de La Réunion
C'est un geste symbolique autant que concret. Le 22 juin 2026, le CHU de La Réunion a reçu le label « Hôpital ambassadeur du don d'organes », délivré par le collectif Greffes+, devenant ainsi le premier établissement ultramarin à obtenir cette distinction.
Un totem orné d'un ruban vert a été dévoilé sur le site de Terre-Sainte, à Saint-Pierre, en présence de la présidente de Région, Huguette Bello. Mais c'est l'autre acte de la journée qui retient davantage notre attention : la signature d'une convention de partenariat inédite entre le CHU et le Groupe de dialogue interreligieux de La Réunion (GDIR).
Dans un département où l'islam est la religion d'une part très importante de la population, le sujet du don d'organes touche souvent à des convictions profondes... ou du moins à des croyances supposées telles. Daniel Minienpoullé, président du GDIR, a d'ailleurs tenu à déconstruire une idée reçue : les motifs purement religieux ne représentent en réalité que 10 % des refus exprimés par les familles. Derrière les hésitations se cachent surtout la méconnaissance, la crainte pour l'intégrité du corps et le désarroi du deuil.
Un totem orné d'un ruban vert a été dévoilé sur le site de Terre-Sainte, à Saint-Pierre, en présence de la présidente de Région, Huguette Bello. Mais c'est l'autre acte de la journée qui retient davantage notre attention : la signature d'une convention de partenariat inédite entre le CHU et le Groupe de dialogue interreligieux de La Réunion (GDIR).
Dans un département où l'islam est la religion d'une part très importante de la population, le sujet du don d'organes touche souvent à des convictions profondes... ou du moins à des croyances supposées telles. Daniel Minienpoullé, président du GDIR, a d'ailleurs tenu à déconstruire une idée reçue : les motifs purement religieux ne représentent en réalité que 10 % des refus exprimés par les familles. Derrière les hésitations se cachent surtout la méconnaissance, la crainte pour l'intégrité du corps et le désarroi du deuil.
Ce que prévoit la convention
Pour Marie Pierre Cresta, médecin de l’Agence de la biomédecine en charge de la Région Océan Indien, citée par le quotidien LInfo, « aucune des religions exercées dans l'Hexagone ou à l'ile de la Réunion n'interdit le don d'organes si ce don est destiné à sauver des vies et s'il est réalisé dans le respect de la dignité du défunt qui va donner ses organes ». Néanmoins, « l'interprétation, les croyances, parfois amènent en effet à brandir l'excuse de la religion pour refuser le don d'organes ».
La convention vise précisément à y faire mieux face, en apportant une aide aux familles confrontées à la question du don d'organes, dans le respect des convictions et des rites de chacun. Le directeur général du CHU, Lionel Calenge, et le président du GDIR, Daniel Minienpoullé, ont ainsi structuré ensemble un dispositif d'accompagnement des familles endeuillées, en formant aumôniers et bénévoles pour être présents aux côtés des proches au moment le plus difficile.
A travers cette convention, « il y a l'aide concrète et physique des différents représentants des cultes pratiqués à La Réunion, qui pourra être sollicitée pour intervenir auprès des proches s'ils le souhaitent et s'ils disent que leur religion interdit le don d'organes », signale Marie Pierre Cresta.
La convention vise précisément à y faire mieux face, en apportant une aide aux familles confrontées à la question du don d'organes, dans le respect des convictions et des rites de chacun. Le directeur général du CHU, Lionel Calenge, et le président du GDIR, Daniel Minienpoullé, ont ainsi structuré ensemble un dispositif d'accompagnement des familles endeuillées, en formant aumôniers et bénévoles pour être présents aux côtés des proches au moment le plus difficile.
A travers cette convention, « il y a l'aide concrète et physique des différents représentants des cultes pratiqués à La Réunion, qui pourra être sollicitée pour intervenir auprès des proches s'ils le souhaitent et s'ils disent que leur religion interdit le don d'organes », signale Marie Pierre Cresta.
Une initiative qui gagne à être copiée partout
Des actions de formation sont prévues dès la rentrée 2026, dans les lieux de culte comme dans les services hospitaliers. Une démarche qui illustre ce que le dialogue interreligieux peut apporter concrètement : non pas imposer une doctrine commune, mais partager une même conviction humaniste, celle que sauver une vie est, pour toutes les traditions, un devoir sacré.
En 2025, le CHU de La Réunion a réalisé 94 greffes rénales, 10 greffes cardiaques et 65 prélèvements de cornées, rapporte la presse locale. Pourtant, plus de 350 patients restent en attente d'un organe sur le seul territoire réunionnais. Un chiffre qui donne toute sa mesure à l'urgence de l'action engagée.
Ce défi réunionnais est le reflet d'une réalité nationale. En 2025, la France a atteint un niveau historique avec 6 148 greffes d'organes réalisées, un record absolu, dépassant pour la première fois le record qui avait été établi en 2017. Mais ce chiffre, aussi encourageant soit-il, masque une réalité douloureuse. Au 1er janvier 2026, selon l'Agence de la biomédecine. 23 294 patients étaient toujours en attente d'une greffe, et 966 personnes sont décédées en 2025 avant d'avoir pu en bénéficier.
Le nœud du problème reste le même partout : plus d'un tiers des dons sont bloqués par le refus des familles, alors que 8 Français sur 10 se déclarent favorables au don, mais qu'un seul sur deux a communiqué sa position à ses proches. « Le taux de refus demeure encore élevé, souvent parce que les proches ne connaissent pas la volonté de la personne décédée », signale en ce sens le CHU de la Réunion. C'est précisément ce silence que l'initiative interreligieuse réunionnaise entend briser, en misant sur la parole des croyants, des imams, des prêtres et des pasteurs pour que la question du don d'organes entre enfin dans les familles avant qu'il ne soit trop tard.
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