Monde

23e sommet Afrique-France à Bamako

Rédigé par Laila Elmaaddi | Vendredi 2 Décembre 2005 à 22:11

C’est ce week-end que les représentants de 53 pays africains et le président français Jacques Chirac participent à Bamako (Mali) au 23eme sommet Afrique-France avec comme thème principal « La Jeunesse ». L'immigration, ainsi que les conflits déchirant le continent, de la Côte d'Ivoire au Darfour seront également abordés.



Bamako n'a pas lésiné sur les moyens

Bamako, qui accueille son premier grand rendez-vous international depuis la Coupe d'Afrique des nations de football (Can) en 2002 et le sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Censad) l'an dernier, n'a pas lésiné sur les moyens pour accueillir ce sommet.
Les infrastructures ont été rénové et modernisé comme l’aéroport de Bamako-Senou. Les grandes artères goudronnées de cette métropole d'un million d'habitants, que coupe en deux le majestueux fleuve Niger, ont été modernisées. Les derniers coups de pinceau ont été donnés pour présenter aux quelque 3.000 participants attendus l'image d'une capitale "proprette", bon enfant et sans ostentation, à l'image du régime, malgré la chaleur et la poussière ambiante venue du Sahel. Le complexe du Palais des congrès, rebaptisé Centre international de conférences, compte deux nouveaux bâtiments, la salle de conférences qui accueillera les chefs d'Etat à huis clos.

La totalité des pays africains seront présents

Pour la première fois, la totalité des pays africains seront présents à un tel sommet avec la participation de la Somalie, désormais dotée d'un gouvernement central après de longues années de chaos.
La rencontre a pour thème "la jeunesse africaine, sa vitalité, sa créativité, ses aspirations", l'immigration sera également abordés. Avec les récents drames des migrants africains fuyant la pauvreté pour tenter de gagner "l'eldorado" européen, Moctar Ouane, le chef de la diplomatie du Mali, s'est demandé jeudi "Pourquoi les jeunes Africains cherchent-ils à émigrer en dehors du continent?" en appelant les participants à "apporter des réponses adéquates".

Un

Le sommet devrait aussi largement aborder les conflits en cours, notamment la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan) qui a déjà fait entre 180.000 et 300.000 morts et la crise en Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis 2002 par une rébellion armée.
Paris a déployé 4.000 soldats aux côtés d'une force de l'Onu pour tenter d'empêcher ce pays clef d'Afrique de l'Ouest de basculer dans la guerre civile.
"Nous sommes très préoccupés par le blocage qui persiste" sur la désignation d'un nouveau Premier ministre en Côte d'Ivoire, a déclaré le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy.

Ce sommet doit être une nouvelle occasion pour Paris, dont la politique est contestée dans certaines de ses ex-colonies, comme au Togo et en Côte d'Ivoire, d'afficher sa doctrine d'un "partenariat" avec l'Afrique, notamment en appuyant les efforts de l'UA pour créer une force de maintien de la paix à l'horizon 2010.