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Islam, Négritude et Arabité : acculturation ou assimilation ?

les Musulmans d'Afrique Noire sont-il déracinés?


'Lorsque l'intellectuel africain parle de l'islam, sa main tremble', disait un averti des réalités du continent. Il s'est lancé un vaste débat sur la manière dont la langue arabe s'est 'imposée' en Afrique noire. Est-ce une autre domination culturelle comme c'est le cas pour le français ou une acceptation, ne serait-ce qu'inconsciente, de la part des populations locales ? Les réponses sont multiples et divergentes voire contradictoires



les Musulmans d'Afrique Noire sont-il déracinés?
'Lorsque l'intellectuel africain parle de l'islam, sa main tremble', disait un averti des réalités du continent. Il s'est lancé un vaste débat sur la manière dont la langue arabe s'est 'imposée' en Afrique noire. Est-ce une autre domination culturelle comme c'est le cas pour le français ou une acceptation, ne serait-ce qu’inconsciente, de la part des populations locales ? Les réponses sont multiples et divergentes voire contradictoires.

 

Mais nous maintenons l'hypothèse d'une adaptation sociologique au sens où la culture arabe, par le biais de l'islam a réussi là où la culture française n'a eu que de peine à percer bien que la langue de Molière soit, aujourd’hui, celle de l’administration et de l’école dans la plupart de ces Etats Ouest-africains.

Des intellectuels africains, influencés par les thèses de la négritude, contestent, de manière, quelques fois hystérique, une quelconque possibilité pour les Africains de s'identifier à l'islam et à son dogme unitaire. Pour ces intellectuels, l'islamisation n'est qu'une autre forme de domination culturelle qui ne dit pas son nom. Cette vision néglige un fait culturel ; celui de l'appropriation faite par les Africains musulmans, eux-mêmes, de la nouvelle religion en l’adaptant à leur milieu et en y trouvant des « réponses » à leur demande de sacré et de sens.

La démarche du courant de la Négritude est comparable à celle de tous les nationalismes confrontés à ce que Adamah Ekué Adamah appelle 'la vieille problématique romantique de la collecte et de l'archivage en vue d'inventaires surévalués des embryons d'authenticité sauvés'[1]. C'est, en quelque sorte, une manière, parmi tant d'autres, de vouloir, comme il le dit, 'refaire le monde au moyen du concept d'identité'[2]. Si on prend en compte l'apport des marxistes africains de l'époque, dans ce mouvement, l'on ne peut être que très prudent sur son contenu et ses concepts parfois plus proches d'un sociocentrisme utilitaire que d'une démarche scientifique. Ekué Adamah souligne, d'ailleurs, que 'la notion d'identité culturelle dont il est tant parlé par les idéologues politiques et culturels relève, trop souvent, encore du cri de ralliement plus que du concept véritablement opératoire'[3].

Rappelons que la Négritude, comme mouvement à vocation culturelle a, très souvent, occulté un combat politique. Ce combat est aussi bien présent à l'intérieur qu'à l'extérieur du même courant. Certains Africains lui reprochaient, à cet effet, son allure pacifiste assimilable, selon Wolé Soyinka, à une acceptation du néo-colonialisme. On se souvient de la célèbre boutade du prix Nobel de littérature, en direction de Léopold Sédar Senghor et des ses partisans : 'le tigre ne crie pas sa tigritude ; il saute sur sa proie et la dévore'.

Le mouvement de la négritude, malgré la densité de son apport littéraire et artistique, a eu quelquefois, la même attitude qu'il critiquait chez l''oppresseur', le colonisateur, en fonçant les traits et en encourageant une vision culturaliste. Les travaux de Senghor sur la négritude sont loin de faire l’unanimité chez les nationalistes africains. A force de verser dans la spécificité, Senghor fut vivement critiqué pour sa conception d’un nègre confiné plus dans des considérations émotionnelles qu’à une rationalité qu’il lui niait presque. Le béninois, Stanislas Adotevi réagissait à sa thèse selon laquelle l’émotion serait nègre comme « la raison est Hélène » en déplorant : « A travers les descriptions senghoriennes du nègre, on dirait que notre race n’a pas évolué depuis la Création ». C'est pourquoi, de la même manière que nous nous démarquons de la vision unitariste d'un islam monolithique ou de l'assimilation culturelle, chère à l'empire colonial français, nous opposons au culte de l'authenticité prôné par les tenants de la négritude, la position intermédiaire d'une adaptation sociologique ou plutôt d'une assimilation critique. Nous pensons que, dans ce processus d’islamisation, il n’y a eu ni domination coercitive ni fusion des valeurs traditionnelles dans la nouvelle religion. Cependant, c’est cette aptitude des sociétés à s’approprier la foi nouvelle tout en lui imprimant les marques locales est une des données sociologiques qui nous intéressent le plus dans ce processus.

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[1] - Ekuwe Adamu : La question d’identité, in l’Afrique et la culture arabo-islamique, Publications de l’ISESCO, 1989, p.150
[2] - ibid,  p150
[3] - ibid p150.

Lundi 29 Mars 2004
Sambe Bakary


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Commentaires articles

1. Posté par tyara le 24/07/2006 20:51
islamisation = domination culturelle en Afrique : vous vous foutez de la gueule de qui? la vraie domination culturelle c'est celle imposée par les colons sur les esclaves noirs musulmans déracinés de leurs terres et conduits vers un autre continents: l'Amérique

2. Posté par sarr le 13/12/2006 19:30
merci

3. Posté par Oceane le 19/07/2007 18:05
Pourriez essayer de pas nous prendre pour des idiots ? C'est vrai très drôle
Selon vous, avec islamisation il y a "hypothèse d'une adaptation sociologique au sens où la culture arabe, par le biais de l'islam ..."
Hypothèse que vous refutez lorsqu'il s'agit de la christianisation ou de l'occidentalisation !

Tous les impérialismes se valent et l'impérialisme musulman n'est pas différent de son homologue chrétien.
Nous en avons marre de vos impérialismes et que notre continent soit votre de "jeux". Gardez donc vos religions chez vous.


4. Posté par Iss le 20/08/2007 03:04
Selon Oceane, " chaque religion chez soi"... Je pense que le debat va etre long, l'Afrique subsaharienne connait l'islam depuis le IXeme siecle... VOus comptez donc remonter jusqu'où pour dire que vous avez la " religion de chez vous " ? de votre ville et des mur de votre ville ? La spiritualité n'a pas de frontiere.
En faisant l'amalgame " islam= culture arabe" vous ne faites qu'entrer dans l'occidentalisation que vous semblez denoncé. L'islam n'est pas aux arabes et l'Afrique de l'Est à l'Ouest le sait depuis 13 siecle. Jusqu'ou comptez vous remonté pour trouver une religions qui n'est pas une religion d'envahisseur ? jusqu'au guerre intra tribal pré kemitiste du 22eme siecle avant JC ? Moi je vous propose de remonter encore avant, et encore avant, jusqu'a ce que vous refouliez la religion que vous a imposé homo sapiens il y a 300 000 ans, je suppose que vous allez me dire qu'il s'agissait d'une religion d'homo sapiens comme vous dites de l'islam que c'est une religion d'arabe ? et qu'homo sapiens aurai du la garder chez lui il y a 300 000 ans. Ne rentrez pas dans le debat des occidentaliste et des arabo-orientaliste, chacun sa spiritualité, elle n'a ni origine ni frontiere. Maintenant, si au niveau culturel, vous trouvez qu'il y a imperialisme arabe, c'est un autre debat, et là je vous suis, mais de grace cessez de parler d'imperialisme musulman, surtout en Afrique de l'ouest, que je sache Soundiata Keita etait musulman et n'a jamais ete le larbin des arabes.

5. Posté par Attisso Kokouvi le 10/09/2007 20:57
Toutes les religions importées en Afrique subsaharienne aliènent.

La religion met en exergue une identité culturelle. Être converti à l'islam ou au christianisme, c'est abandonner son identité culturelle pour se soumettre aux ordalies et aux diktats des rituels religieux de ces religions du Livre où foisonnent des prophètes. Dans nos croyances subsahariennes il n'y a pas de prophètes. Demander à deux Subsahariens d'une même famille, l'un musulman l'autre chrétien de vous dire quelles sont les fêtes religieuses auxquelles ils participent et vous verrez ce qu'ils vous diront avec fierté.

La religion est pouvoir. La présence d'un imam saoudien influence énormément le musulman subsaharien. Psychologiquement, il est soumis, assujetti dès qu'il lui présente son Coran. Il en est de même du Subsaharien chrétien face à un pasteur blanc ou à un pape lorsque leur Bible lui est présentée. La Bible et le Coran ne sont pas écrits par des Noirs pour être considérés qu'ils renferment des paroles du Créateur Suprême. QUI DIT QUE DIEU NE SE RÉVÈLE QU' AUX HOMMES DU PROCHE ET MOYEN-ORIENT? Cessons de nous bassiner dans la pauvreté intellectuelle!

La religion est économie. En Afrique subsaharienne la malaria et le paludisme tuent plus que le sida et le choléra. Pour diminuer la mortalité due à la malaria et au paludisme, il suffit de nous procurer de moustiquaires imprégnées qui coûtent moins de 2 dollars chacune. En Afrique subsaharienne combien de millions de dollars nous dépensons chaque année pour aller faire un prétendu pèlerinage à la Mecque? Nous sommes capables d'aller investir en Arabie Saoudite dans l'espoir d'aller ciel voir Mohamed et Allah. Pour détruire notre économie, au nom de l'islam et du christianisme nous incendions nos entreprises, nos magasins, etc. Les exemples du Nigéria, ce grand pays qui devrait être une locomotive économique de la sous région, le prouvent.

Les Subsahariens qui sont musulmans ou chrétiens confirment la thèse selon laquelle : Les Noirs sont des sauvages et n'ont pas religion; il faut les christianiser ou les islamiser pour les civiliser.





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