Analyses et conclusions
L'examen du tableau 1 et de la figure 2 appelle plusieurs commentaires.
1) La circulaire du 14 février 1991 rappelle le cadre juridique des cimetières communaux et fait des recommandations au maire. Les maires ont la possibilité et non l'obligation de réserver une partie du cimetière aux personnes de confession musulmane.
Le Conseil Régional du Culte Musulman de la région Rhône Alpes appelle les pouvoirs publics à légaliser cette pratique.
2) Le département du Rhône compte aujourd'hui 7 carrés confessionnels musulmans seulement dans les cimetières communaux et intercommunautaires. Ces carrés confessionnels, qui se trouvent presque exclusivement dans le grand Lyon ne répondent pas aux besoins des musulmans du département du Rhône dont le nombre est estimé à 300 000 personnes environ.
Le Conseil Régional du Culte Musulman de la région Rhône Alpes estime qu'une vingtaine de communes du département du Rhône ont un besoin urgent en carrés musulmans dans les cimetières.
3) Même si le nombre d'emplacements disponible reste notoirement insuffisant dans le Grand Lyon (moins de 300 emplacements disponibles en Juin 2007), les deux carrés musulmans dans les cimetières intercommunautaires dans les villes de Bron et de Rilleux La Pape permettent à tous les musulmans de la Communauté urbaine de Lyon (Courly) d'y enterrer leur morts.
En effet, un cimetière intercommunautaire peut accueillir toute personne décédée ou domiciliée dans n'importe quelle commune du Grand Lyon (57 communes).
4) Certaines commune du département comme Tarrare par exemple qui ne fait pas partie du Grand Lyon dispose d'un grand lieu de culte relativement important mais pas d'un carré musulman dans un cimetière.
Pour être en règle avec leurs préceptes religieux, les musulmans de ces communes n'ont pas d'autres choix que le rapatriement de leurs morts dans leur pays d'origine.
L'absence ou le manque de carrés musulmans explique en partie le nombre très élevé des rapatriements des corps au sein de la communauté musulmane de France. On estime en effet qu'environ 80 % des Musulmans décédés en France sont rapatriés dans leur pays d'origine. Certains pays comme la Tunisie prennent en charge la totalité des frais de rapatriement de leurs nationaux.
5) La communauté urbaine de Lyon dispose depuis septembre 2007 de deux carrées musulmans dans des cimetières communaux. Le premier inauguré en septembre 2007, se trouve dans la ville de Lyon compte 380 emplacements et le deuxième inauguré en Décembre 2007, se trouve dans la commune de Vaulx en Velin et regroupe 180 emplacements.
6) Dans le Grand Lyon, si l'on se réfère à la présence d'une mosquée ou d'un lieu de culte, la mise en place d'un carré musulman est nécessaire dans au moins 10 communes :
- Vénissieux (en cours),
- St Priest,
- Décines,
- Oullins,
- Pierres bénites,
- St Fons,
- Neuville,
- Brignais
7) Pour éviter la multiplication des carrés musulmans dans le Grand Lyon, le Conseil Régional du Culte Musulman (CRCM Rhône Alpes) trouve plus opportun l'ouverture de carré musulmans dans les cimetières intercommunautaires.
8) La figure 2, relative à la fréquentation des lieux de culte musulmans dans le Rhône en dehors du Grand Lyon, permet de supposer la nécessité de la mise en place d'un carré musulman dans au moins sept communes :
- l'Arbresle,
- Belleville,
- Bourg de Thizy,
- Brignais,
- Monsols,
- Tarare,
- Villefranche sur Saône
Seule la communauté d'agglomération de Villefranche sur Saône dispose d'un carré musulman au cimetière paysagé de Geizé. Toutes les autres communes en sont dépourvues. Cela est du essentiellement à une absence de demande à l'heure actuelle.
D'ailleurs il apparait une certaine volonté de créer de tels carrés dès que les besoins se font sentir. C'est le cas par exemple de la commune de Belleville qui a mis à l'étude un tel projet. Le CRCM est appelé à jouer pleinement son rôle.