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Société

Ziara, visites aux malades isolés

Rédigé par Nadia Sweeny | Samedi 3 Juin 2006

Quoi de plus terrible que la maladie et la solitude. Dans cette lutte de chaque instant, l’isolement est un facteur aggravant. Les hôpitaux ne sont pas un endroit très gai, on y soigne bien, certes, mais la chaleur humaine et spirituelle est souvent absente. C’est une des raisons pour lesquelles Déborah et Safiya ont créé l’association Ziara. Permettre à ces malades et ces personnes isolées de bénéficier d’un soutien, d’une présence, d’une chaleur humaine et spirituelle, est leur priorité.



Ziara, visites aux malades isolés

« Si elle guérissait, elle rendrait visite aux malades à son tour »

« Le but est de participer aussi à la création d'un islam de France et ceci par l'organisation et le renforcement des liens et de l'entraide entre nous. » Assure Déborah, instigatrice et présidente de l'association. Il y a plusieurs années, par le « bouche à oreille », la jeune sœur a eu vent du cas d'une femme veuve, malade et seule, qu'elle est allée visiter. « Cette rencontre fut magnifique. Une véritable chaîne d'amitié s'est crée autour de cette dame, et son dernier souhait avant de nous quitter fut de se dire que si elle guérissait, elle rendrait visite aux malades à son tour. » C'est ainsi qu'un an plus tard, au sein d'une autre association nommée Asso-partages, Déborah se crée un réseau de bénévoles et de personnes en difficultés, et met en place une action de visites aux malades et aux personnes isolées. Safiya étant l'une des sœurs les plus active au sein de cette action, elle remplaça Déborah durant son congé de maternité. Se créa alors entre elles une véritable amitié qui participa à renforcer la volonté d'avancer dans le projet et par la, l'équipe dirigeante se consolida. C'est donc à partir de septembre 2005 que l'association Ziara se sépare d'Asso-partages et apparaît officiellement dès février 2006.

En réseau…

Ziara est formé de trois personnes permanentes Déborah est la présidente, Safiya et son mari, sont respectivement vice présidente et trésorier. Cinquante trois bénévoles participent activement aujourd'hui à rendre visite régulièrement aux personnes malades et isolées, à leur domicile ou dans les hôpitaux d'île de France.

Au départ, tout se faisait par e-mail. « Ce n'était pas très pratique, confie Safiya, surtout qu'on ne savait pas à qui on avait à faire. Notre volonté était de recruter des personnes actives et productives. Ceux qui viennent pour l'étiquette, ça ne nous intéresse pas. Donc au début on a essayé de fonctionner en entretien téléphonique. » Ziara s'est développé. Aujourd'hui, plus d'e-mails. Tout est sur le site [www.assoziara.com]url:http://www.assoziara.com . Chaque bénévole a son interface personnelle avec son login et son mot de passe et peut, à tout moment, consulter la liste des personnes malades et envoyer des requêtes. Après chaque visite, un petit compte rendu doit être fait à la direction qui prend des nouvelles régulières des personnes en difficultés. Plus rapide et plus simple, ce système protège les informations confidentielles des malades et permet à chacun de s'organiser à son rythme et en fonction de son emploi du temps.

Certains évènements ont, de plus, participer à renforcer la vigilance des sœurs. « Il y a des gens qui viennent avec une bonne « nya » (intention), mais qui ne savent pas comment aborder une personne malade » explique Déborah. Pour pallier à ces problèmes et afin de professionnaliser un peu la démarche, Déborah et Safiya ont mis en place un système de formation obligatoire. Donnée par une infirmière – aide soignante, cette formation est une condition « sine qua non » à l'adhésion d'un bénévole à l'association. On y apprend à être attentif à des détails importants tels que la durée de visite, qui peut être éprouvante pour un malade, la discrétion, le respect du secret médical, la modération dans l'évocation de la religion etc. L'organisation est stricte car la priorité est de soutenir et non de déranger les personnes en difficultés. Il faut apprendre à respecter leur intimité, savoir les réconforter. « Nous allons développer ces formations. Nous avons pris contact avec un psychologue et une puéricultrice.» Explique Safiya. Car de nombreux enfants sont aussi victimes de cette isolement.

Officialisation

Le prochain objectif de Ziara est d'obtenir l'officialisation de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP). Cette démarche permettrait d'être reconnu, de faciliter l'accès restreint des hôpitaux aux bénévoles de l'association, qui porteraient un badge, mais aussi de faciliter la communication entre les équipes soignantes et l'association. Le dialogue avec le personnel de l'hôpital est primordial pour que les informations concernant d'éventuels malades isolés circulent. « Il y a d'autres associations qui passent de chambre en chambre et qui restent cinq minutes avec chaque malade. Mais ce contact nous semble trop rapide. De notre côté, nous voudrions que les relations bénévoles - malades soient plus profondes. » Affirme ainsi Deborah. « Nombreux sont ceux qui viennent de pays étrangers pour être soignés en France et qui ne peuvent pas être accompagnés d'un proche. Ils sont donc complètement seuls et ils ne parlent pas notre langue. C'est pourquoi nous demandons à nos bénévoles, si possible, de parler au moins une langue étrangère. » Continu Safiya. Le critère multilinguistique permettra peut être à Ziara d'être reconnu par l'AP - HP.

Cette association ne se veut pas fermée sur les musulmans, bien au contraire. « Nous voulons participer à enlever cette barrière entre nous, musulmans, et les autres. C'est un peu faire « da'wa » (propager Le Message) par le comportement. Nous voulons donner une bonne image des musulmans plutôt que de laisser les gens croire que nous sommes des terroristes ! » Explique Safyia, le sourire aux lèvres. Le franc succès de leur initiative amène les deux jeunes femmes à constater des manques catastrophiques dans d'autres domaines : « Nous nous sommes rendu compte du manque total d'organisation et d'assurance quant à l'application stricte du lavage funéraire islamique en cas de décès. Certains hôpitaux ne savent même pas de quelle confession religieuse sont leurs malades ! » Après avoir conduit un vote auprès de leurs bénévoles, les dirigeantes de l'association Ziara on décidé de mettre en place progressivement, des formations de lavages funéraires islamiques avec des professionnels.

Ziara se refuse à récolter des dons. Voulant être et rester une association à but non lucratif, seuls les frais de fonctionnement sont ainsi couverts. L'engouement des bénévoles est certain, mais le chemin à parcourir reste long. Du courage et de la persévérance sont nécessaires afin de mener à bien ce type d'action.
Pour en savoir plus: voir le site de l'association : http://www.assoziara.com





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