C’est ainsi que tous les ans, avant la prière de l'Aïd, chaque musulman est tenu de payer une somme définie en solidarité avec les nécessiteux. Ce don permet d'une part, aux musulmans déshérités de célébrer comme il se doit la fête de l'Aïd Al Fitr. D'autre part, il constitue une forme de purification du jeûneur et de toutes les personnes dont il à la charge. La somme de la Zakât al Fitr se monte à 5 euros par personne à charge. « Je sortirai Zakât ce soir ou, si l'aïd est vraiment demain, je la sortirai cette nuit quand j'irai chercher une place pour la prière à la mosquée vers 4 ou 5h du matin.» déclare Aïcha, 60 ans, veuve et mère de quatre enfants.
M. Boudiaf, membre du bureau de l’association cultuelle musulmane En’nour, au Havre, déclare qu’effectivement, dans leur mosquée, « nous commençons à récolter la Zâkat les derniers jours du mois de Ramadan, du moins, la dernière semaine. » Pour l’instant à peu près 150 personnes ont déjà données sur environ 350 à 400 fidèles fréquentant la mosquée de l’association, au Havre. « Dans l’ensemble, les gens ne sont pas en retard, nous faisons pas mal de rappels, donc les fidèles sont relativement à l’heure pour donner la Zâkat. La plupart des fidèles donnent en liquide. Certains, lorsqu’il connaissent directement des gens dans le besoins, ils donnent de la nourriture, généralement sacs de riz ou de blé.»
Ce don est donc généralement fait aux associations ou dans les mosquées fréquentées par les fidèles. « Je sors Zâkat pour mon fils aîné (25 ans) car il a mangé chez moi. Mais il m’a donné les cinq euros. Je la sors pour tous mes enfants. Je donne à la mosquée car je ne connais personne de nécessiteux dans mon entourage. Sauf si je rencontre un musulman pauvre et dans le besoin alors la je lui donne directement, mais la mosquée a la responsabilité de la Zâkat, elle sait à qui il faut donner. » Rajoute Aïcha.