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Vote des militants : le PS dans la tourmente

| Vendredi 7 Novembre 2008

Avec 29 % des voix, Ségolène Royal est arrivé en tête au lendemain du vote des militants sur les motions pour le congrès de Reims. Martine Aubry et Bertrand Delanoë ont réalisé tous les deux un score autour des 25 %, alors que Benoît Hamon a fait 19 %. L'ex-candidate malheureuse à l'Elysée se pose en " rassembleuse ", mais les ténors du parti dénoncent le souhait de Ségolène Royal de s'allier au Modem.



Séglène Royal le 6 novembre 2008 à Melle.
Séglène Royal le 6 novembre 2008 à Melle.
Quelques heures après sa victoire surprise lors du vote des militants socialistes pour le congrès de Reims, Ségolène Royal s'est posée vendredi en rassembleuse du parti, tout en demandant que le vote des militants soit respecté face à une direction qui a minimisé son succès.

« Il va falloir que le vote soit respecté », a lancé l'ex-candidate à la présidentielle sur France Inter, alors que les militants ont voté à 29% pour sa motion, reléguant à distance Bertrand Delanoë, favori des sondages, et Martine Aubry, tous deux autour de 25%.

Mme Royal a indiqué qu'elle téléphonerait dès vendredi à ses rivaux, pour entamer des discussions « avec tout le monde, sans exclusivité », ainsi qu'à Benoît Hamon, représentant l'aile gauche du parti et auteur d'un bon score de 19%.

Elle a estimé que son résultat lui « donnait une légitimité » pour diriger le Parti socialiste, mais a souligné qu'elle ne faisait pas « acte de candidature » pour l'instant.

La présidente de Poitou-Charentes avait pendant la campagne interne mis sa propre candidature au poste de premier secrétaire « au Frigidaire », ce qui lui avait permis de nouer des alliances. Elle a réitéré vendredi qu'elle « n'en faisait pas un préalable ».

Le congrès de Reims se tiendra du 14 au 16 novembre, et le prochain premier secrétaire sera élu par un vote des militants le 20 novembre.
En invoquant le respect du vote des quelque 130.000 militants ayant pris part au scrutin (55% de participation), Mme Royal répondait à François Hollande, qui quelques minutes plus tôt, avait estimé sur RTL, que le score de son ex-compagne « ne lui permettait pas d'être majoritaire dans le Parti socialiste ».

Le premier secrétaire sortant, qui avait soutenu le maire de Paris, en a appelé au rassemblement, après un résultat qui sonne comme un désaveu pour la direction du parti.

« Le problème ce n'est pas cet ordre d'arrivée, c'est comment on donne au parti (...) une majorité stable capable de le conduire », a déclaré M. Hollande, appelant les quatre principales motions à « chercher ensemble les voies d'un rassemblement ».

Il faut « faire en sorte qu'il puisse y avoir un rassemblement sur une ligne qui soit cohérente, dynamique, mobilisatrice », a-t-il plaidé. « Les militants ont dispersé leurs suffrages, à nous maintenant de faire en sorte que nous puissions nous rassembler », a-t-il lancé, avertissant que si une majorité ne se dégageait pas, il y aurait « des jours difficiles» pour le PS.

Mme Royal, reconnaissant que sa majorité était « relative » s'est fixé comme objectif de «mettre en mouvement la cohésion et l'unité des socialistes» pour «rassembler tous les talents qui existent au Parti socialiste".

La tâche ne sera pas aisée. Dès sa défaite connue, Monsieur Delanoë, qui n'a pas réagi de vive voix, a souligné dans un communiqué qu'il n'était pas question pour lui de rejoindre un bloc qui, comme Mme Royal, s'accommoderait d'une alliance avec un parti « qui ne s'assumerait pas clairement de gauche», sous-entendu le MoDem. Alliance que Mme Royal s'est dite vendredi prête à poursuivre.
Des partisans de Mme Aubry, qui n'a pas elle-même réagi, avaient dans la nuit indiqué qu'ils ne renonçaient pas à constituer un rassemblement majoritaire « sur une ligne de changement et d'ancrage à gauche ».

Et M. Hamon, fort de son score surprise, avait maintenu sa candidature à la tête du PS, estimant avoir « une grande légitimité à diriger ce parti ».

Benoît Hamon, dont la motion a obtenu autour de 19% des suffrages des militants socialistes, jeudi soir, a réaffirmé vendredi sa candidature à la direction du PS, refusant la possibilité d'une alliance avec le MoDem préconisée par Ségolène Royal.

« Notre ligne est claire, nous ne voulons pas de contrat de gouvernement avec le MoDem », a déclaré le représentant de l'aile gauche du PS sur i-Télé alors que Ségolène Royal, dont la motion est arrivée en tête, continue de prôner l'ouverture du Parti au centre.

La situation au parti socialiste est tel que le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon a annoncé vendredi 7 novembre, et suite aux résultats, qu'il quittait le Parti socialiste en compagnie du député du Nord Marc Dolez.





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