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Congrès International féminin

Voilement Dévoilement : une vérité qui dérange

Rédigé par Association Internationale Soufie Alâwiyya (AISA) | Vendredi 31 Octobre 2014



Voilement Dévoilement : une vérité qui dérange
Œuvre de mémoire et enquête passionnante pour se réapproprier l’Histoire et la transmettre aux générations futures, l’exposition « Voilement Dévoilement » est un élément phare du Congrès International Féminin pour une Culture de Paix, qui se tient du 28 au 31 octobre, à Oran et Mostaganem, en Algérie.

De l’aube de l’humanité à nos jours, elle retrace et met en lumière le rôle essentiel, mais souvent occulté, des femmes en faveur de la paix, à travers les époques et les traditions.

Déconstruire les fausses vérités

Une occasion inédite est ici donnée de lever les tabous et de déconstruire les idées reçues qui se sont accumulées tout au long de l’histoire humaine autour du féminin. Une captivante enquête sur l’origine du voile nous éclaire sur les multiples valeurs et sens dont il est porteur dans différentes civilisations, depuis l’aube de l’humanité jusqu’aux temps modernes.

Nous découvrons notamment que les théologiens comme les mystiques musulmans n’accordent que peu d’importance au voile en tant que code vestimentaire rattaché à des coutumes et à des traditions locales. Ils en parlent plutôt comme le voilement du cœur de la vision de Dieu dans ce monde et dans l’au-delà.

Rappeler les oublis de l’Histoire

L’exposition met aussi en lumière quelques grandes figures féminines des traditions monothéistes, maillons indispensables de la chaîne de transmission du Message divin.

Elle se consacre tout particulièrement à des portraits de femmes musulmanes effacées de la mémoire collective, qui marquèrent pourtant, avec éclat, leur époque de leur empreinte. Ces dernières contribuèrent au développement, tantôt profane, tantôt religieux et spirituel, des sociétés dans un rapport d’égalité et de complémentarité avec leurs frères en loi et en foi.

Renouer avec l’énergie féminine

Lever le voile sur cette Histoire, c’est rappeler que les femmes et les hommes sont co-acteurs de l’aventure humaine. Il est de notre responsabilité collective de restituer aux générations actuelles et futures ce patrimoine historique du féminin longtemps occulté et, par là, de les éduquer à construire une société bâtie sur la culture de paix et du vivre ensemble.

Témoigner de la place de la femme

Dès l’aube de l’humanité, l’Ève africaine tout comme les somptueuses représentations de femmes dans l’art préhistorique restituent une image plus vivante et plus vraie de nos lointaines ancêtres. Lucy, la Dame blanche ou encore les déesses-mères de l’antique monde gréco-romain témoignent de la place éminente occupée par la femme.

Le féminin dans l’Antiquité et les traditions

Durant l’Antiquité, c’est en Mésopotamie et en Méditerranée qu’on trouve les plus anciennes références relatives au port du voile. Il est un vêtement de prestige porté par les déesses puis les prêtresses et enfin les femmes mariées. La première preuve textuelle est inscrite dans le paragraphe 40 des lois assyriennes du roi Teglath-Phalasar Ier (1115-1077 av. J.-C.).

L’avènement du monothéisme suscite une nouvelle vision de la notion du divin et de l’humain. Nous trouvons dans la tradition judéo-chrétienne comme dans la tradition musulmane, le mythe du couple originel Adam et Ève. Comme tout mythe, il exprime sous forme imagée ou symbolique quelque chose de l’origine de l’humanité et de la relation de l’homme à Dieu.

Chrétiens comme juifs s’approprient le voile païen pour lui donner un caractère normatif sacré ou social. Un premier constat apparaît après la lecture des textes issus du judaïsme et du christianisme : dans les deux cas, le voilement imposé aux femmes l’est pour marquer une différence entre les deux sexes et implique une relation hiérarchique.

Distinguer voile et voilement du cœur

Dans la tradition musulmane, la révélation prophétique amène une mutation remarquable en ce qui concerne les femmes et la question du voile est évoquée différemment. Théologiens et mystiques l’évoquent comme le voilement du cœur.

Toutefois, toute la considération dont le féminin avait bénéficié fut évincée par l’introduction de nombreux hadiths « faibles » ou « forgés », diffusés au fil des temps.

Plus récemment, au XIXe siècle, le mouvement Al-Nahda (Renaissance) propose une adaptation du message coranique aux temps modernes, à travers une réflexion politique, sociale, culturelle et religieuse. L’interrogation porte sur les raisons de l’effondrement politique et du retard technique du monde musulman, aggravé par une interprétation religieuse d’un islam de plus en plus replié sur lui-même et fanatique. Les penseurs sont en quête d’une voie médiane entre l’immobilisme et l’imitation aveugle de l’Occident. Au cœur de cette réflexion se trouve la question de l’émancipation féminine par l’éducation et l’instruction.

Aujourd’hui, entre phénomène culturel, de mode et instrument idéologique, la question du voile déchaîne les passions. L’exposition « Voilement Dévoilement » invite à réinterroger les faits et rappelle que femmes et hommes sont co-responsables de la construction d’une société du mieux vivre ensemble.

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L’Association Internationale Soufie Alâwiyya (AISA), fondée en 2001 par le cheikh Khaled Bentounes, a été reconnue ONG internationale par l’ONU en 2014 avec le statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC (Conseil économique et social de l’ONU).

L’exposition « Voilement Dévoilement », organisée à Oran du 28 au 31 octobre 2014 dans le cadre du Congrès International Féminin pour une Culture de Paix − Parole aux femmes, sera bientôt en tournée dans le monde.






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