Les réactions des représentants musulmans ne se sont pas fait attendre. Le Conseil français du culte musulman (CFCM), dans un communiqué, a fait part de sa « profonde préoccupation quant à la façon dont est évoqué ce sujet, qui risque encore une fois de stigmatiser gravement l'islam et les musulmans de France ». « Les libertés individuelles, si chèrement acquises, font partie intégrante des fondements de notre République, et ne peuvent être limitées qu’en proportion des impératifs de l’ordre public », poursuit le communiqué.
Côté peuple, l'heure est plus à l'incompréhension qu'au débat : « Il y a des urgences à traiter : le chômage, la crise économique, les retraites, ceux-là sont de vrais sujets de débat », estime Sandrine. Yamina, elle, porte le foulard et avoue elle-même être surprise à la vue d'un niqab : « Ce n'est pas une obligation dans le Coran, mais je respecte la volonté de celles qui le portent. C'est leur choix, l'État n'a pas à s'ingérer dans leur manière de se vêtir ». « D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi on en parle, elles sont très minoritaires », poursuit la jeune fille.
Invité à s'exprimer sur le sujet, Jean Baubérot, spécialiste de la laïcité, a déploré, dans une interview accordée à Libération (parue le 19 juin 2009), l'ambiguïté du débat actuel : « Il y a aujourd’hui », a-t-il dit, une confusion sur la laïcité. Ses principes fondateurs, actés sous la IIIe République, sont la liberté de conscience, l’égalité des citoyens devant la loi, la séparation du religieux et de l’espace public. Il s’agissait d’empêcher la domination du religieux, non son expression. On peut, bien sûr, regretter que des femmes portent la burqa mais on ne libère pas les gens malgré eux. »
Dounia Bouzar, en soulignant le danger d'assimiler le niqab à la burqa – voile typiquement afghan –, suggère de voir cet épiphénomène sous un tout autre angle que celui de l'orthodoxie religieuse : « Le port du niqab relève d'une secte, le salafisme, pas de l'islam. » (LaProvence.com)