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Sur le vif

Var : opposé à un cours d’arabe, un maire envoie la police à l’école

Rédigé par Saphirnews | Jeudi 5 Janvier 2017



Var : opposé à un cours d’arabe, un maire envoie la police à l’école
L’affaire s’est déroulée en novembre 2016 mais n’avait pas été relayée dans la presse. Elle a été exhumée la soirée du mercredi 4 janvier par un juriste connu sous le nom pseudonyme de Bismatoj sur Twitter.

Cela se passe à Six-Four-les-Plages, une commune de 35 000 habitants dans le Var. Une première polémique avait éclaté à la rentrée 2016, lorsqu’une mère de famille a diffusé sur les réseaux sociaux un message assurant que l’école primaire Reynier obligeait ses élèves à suivre des cours d’arabe. En réalité, il s’agissait simplement de cours facultatifs, proposés en dehors du temps scolaire et entrant dans le cadre du dispositif des Elco (enseignements de langue et de culture d’origine).

Malgré le démontage en règle de cet hoax par Les Décodeurs du Monde, le maire Jean-Sébastien Vialatte a affirmé qu’il s’opposera à la tenue de tels cours.

Les 18 et 25 novembre 2016, des agents de la police municipale vont se rendre à l’école Reynier dans le but de marquer la position du maire. Cette information est révélée le 28 novembre dans l’ordonnance rendue par le tribunal administratif de Toulon suite à un recours déposé par la préfecture. Il y est précisé qu’« il ressort des rapports de constatation dressés par la police municipale que celle-ci est intervenue à l’école Reynier les jours prévus pour la dispense de cet enseignement ; qu’elle a, le 18 novembre 2016, constaté que le cours avait été annulé et, le 25 novembre 2016, remis à l’enseignant un pli émanant de la mairie sans pour autant s’opposer à la tenue du cours ».

Une intox aux graves conséquences

Le maire a expliqué, mercredi 4 janvier, que la procédure est tout à fait « classique » et courant que la police municipale aille porter du courrier. « Ils sont allés signifier à une personne qui voulait rentrer dans l’école que la mairie ne donnait pas son accord », déclare-t-il à LCI. En l’occurrence, l’élu LR ciblait le chargé de cours qu’il ne porte pas dans son cœur : « Il s’agit d’un personnage que je ne connais pas, qui n’est pas payé par l’Education nationale, et à propos de qui je n’ai aucune assurance. »

Le tribunal administratif a donné raison à Jean-Sébastien Vialatte, le juge des référés estimant en outre que « la présence de la police municipale ne peut être regardée comme une tentative d’assurer l’exécution forcée d’une telle mesure d’interdiction ». Le cours d’arabe a d'ailleurs pu se dérouler le 25 novembre et qu’il n’y a pas eu « d’obstacle effectif à l’exercice de l’enseignement ». La municipalité de Six-Fours-Les-Plages a exigé une indemnité de 3 000 euros à l’Etat pour frais de justice mais la demande a été déboutée. Le chargé de cours n’interviendrait plus aujourd’hui dans l’école, selon la mairie.

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