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Une 'punition collective' des Palestiniens pour leur choix électoral libre et démocratique

| Mercredi 1 Février 2006

L’Etat hébreu a confirmé mercredi la suspension à l’Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, des taxes et droits de douanes qu'il perçoit en son nom aux frontières de Gaza et de la Cisjordanie. Ce gel fait suite à la victoire du Hamas, la semaine dernière.



Les transferts seront suspendus

"Les transferts seront suspendus" pendant que le gouvernement évalue les conséquences de la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes du 25 janvier, a déclaré un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Regev. On s'attend a ce que les transferts, d'un montant moyen de 200 millions de shekels (45 millions d'euros) ne soient plus versés de façon automatique, a-t-il dit.
En effet, même depuis l’évacuation de la bande de Gaza cet été, l’Etat hébreu conserve la haute main sur la circulation des marchandises aux frontières des territoires palestiniens.
Ehud Olmert, Premier ministre israélien par intérim, a ordonné dimanche un réexamen de ce mécanisme à la suite à la victoire du Hamas. Pour l’heure ce réexamen est toujours en cours et, en attendant, les paiements sont suspendus, a déclaré mercredi Mark Regev, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a précisé que l'argent revenant aux Palestiniens serait placé sur un compte sous séquestre "jusqu'à ce que ces problèmes soient réglés", sans pour autant préciser combien de temps cela pourrait prendre.
Le revenu des taxes et des droits de douanes contribue en une grande partie au traitement des 135.000 fonctionnaires de l'administration autonome palestinienne.

C'est une atteinte aux droits palestiniens

"C'est une atteinte aux droits palestiniens", a déclaré à Reuters Ismaïl Haniyeh, chef de file de la liste qui a remporté mercredi dernier les élections législatives palestiniennes.
Mazen Sonnokrot, Ministre palestinien de l'Economie, a dénoncé une "décision illégale" qui, selon lui, équivaut à une "punition collective" des Palestiniens pour leur choix électoral libre et démocratique.
"C'est notre argent. Israël n'est pas un pays donateur. Israël doit débloquer immédiatement cet argent, car il appartient au peuple palestinien", a déclaré Sonnokrot à Reuters. Il a précisé que l'Autorité palestinienne a sollicité des Nations unies et des puissances occidentales afin qu'elles fassent pression sur l'Etat hébreu pour qu'il "libère notre argent".
Le Hamas a dépêché une délégation dans le monde arabe pour "clarifier la position sur la base de son programme électoral" (qui n'appelle pas à la destruction d'Israël) et "presser les pays arabes de poursuivre leur aide financière au peuple palestinien".
Au Caire, le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheït a reçu mercredi son homologue israélienne Tzipi Livni et "demandé à Israël de débloquer tous ces revenus fiscaux palestiniens". "Nous n'approuvons pas cette punition infligée au peuple palestinien", a-t-il dit.
Selon un responsable palestinien, l'Arabie saoudite et le Qatar se sont engagés mercredi à verser un total de 33 millions de dollars (27 millions d'euros) pour aider l'Autorité palestinienne. La transaction n'a pas encore été finalisée, selon ce même responsable sous couvert de l'anonymat.





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