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Sur le vif

Une médaille prix Nobel aux enchères pour cause de racisme

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 5 Décembre 2014



James Watson
James Watson
Tenir des propos racistes peut coûter très cher. Boycotté depuis qu’il a laissé sous-entendre que les Africains étaient moins intelligents que les Occidentaux, James Watson, codécouvreur de l’ADN et prix Nobel de médecine en 1962, a mis sa prestigieuse médaille aux enchères, jeudi 4 décembre, à New York. Le bout de métal s’est arraché à 4,757 millions de dollars.

Remarqué pour ses remarques racistes et sexistes tout au long de sa carrière, le généticien et biochimiste américain, aujourd’hui âgé de 86 ans, avait frappé encore plus fort en 2007. Dans une interview au Sunday Times, il se disait « intrinsèquement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » car « toutes nos politiques sociales se fondent sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre - alors que toutes les études montrent que ce n’est pas vraiment le cas ». Si les gens croyaient que toutes les « races » sont dotées d’une intelligence égale, ceux « qui avaient affaire à des employés noirs ne pensaient pas la même chose », avait-il ajouté. Il s’était excusé, mais ses paroles lui ont collé à la peau.

Depuis qu’il a tenu ces propos, James Watson n’est plus appelé pour donner des conférences, et il a été exclu de plusieurs entreprises qu’il conseillait. La semaine dernière, il a avoué au Financial Times que le besoin d’argent le poussait à vendre sa médaille. Il a aussi confié au quotidien économique qu’il se sentait considéré comme un « sous-homme », et que « personne ne voulait vraiment admettre qu’il existait ».

Selon le New York Times, le scientifique cherche aussi la réhabilitation. « Je ne peux pas me défaire de ça. J’espère que j’ai fait plus attention quand j’ai parlé de sujets dont je n’étais pas un spécialiste », a expliqué le généticien dans un mail envoyé au quotidien américain, mercredi 3 novembre, dans lequel il présente à nouveau ses excuses.

James Watson avait partagé en 1962 le prix Nobel de physiologie ou médecine avec le biologiste britannique Francis Crick, pour avoir découvert en 1953 la structure en double hélice de l’ADN, une des découvertes scientifiques majeures de l’histoire de l’humanité.

Avant sa mise en vente, des spécialistes estimaient que la médaille, en or 23 carats de 6,6 centimètres de diamètre, pourrait s’adjuger entre 2,5 et 3,5 millions de dollars. Les enchères ont démarré à 1,5 million de dollars et sont passées en deux minutes à 3,4 millions, avant d’atteindre 4,1 millions de dollars (4,757 millions après les taxes). Une partie de la somme devrait être reversée à des organisations pour la recherche scientifique.

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