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Société

Western Union révèle une étude sur les musulmans

Une jeunesse française et musulmane plus pieuse ?

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Lundi 27 Août 2012

           

Les musulmans ne résidant pas dans leur pays d’origine resteraient très attachés à la pratique du jeûne du Ramadan. C’est ce que dévoile une étude menée en juillet dernier par Nielsen Company pour Western Union. Durant ce mois sacré, la pratique religieuse de cette population immigrée serait plus grande. En France, elle fait écho car c’est l’ensemble des préceptes de l’islam qui est revivifié avec une nouvelle génération de musulmans plus pratiquante.



Western Union révèle une étude sur les musulmans
Intitulée « Traditions de Ramadan des citoyens de confession musulmane dans le monde », l’étude commanditée par Western Union a été menée par Nielsen Company en juillet 2012 auprès de 11 nationalités de populations musulmanes résidant dans 12 pays situés en Asie, en Europe de l’Ouest, au Moyen-Orient et aux Etats-Unis.

Résultats : les musulmans vivant hors de leur pays d’origine déclarent pratiquer plus assidûment les rites religieux durant le mois du Ramadan, qui s’est déroulé cette année du 20 juillet au 19 août dans la plupart des pays.
50 % des sondés déclarent mieux pratiquer le jeûne et 41 % affirment vouloir partager et donner plus au cours de ce mois de générosité et de partage.

Des musulmans expatriés plus pieux durant le Ramadan

« Le fait de vivre dans un autre pays conjugue souvent des influences culturelles différentes à de nouvelles pressions personnelles et professionnelles. Les citoyens musulmans dans le monde maintiennent pourtant les préceptes islamiques et deviennent encore plus généreux durant le mois de Ramadan », déclare Habiba Dassouli, directrice régionale pour l’Afrique du Nord, le Sénégal, le Mali et la Gambie de Western Union, dans un communiqué de la multinationale spécialisée dans le transfert d’argent repris par plusieurs médias maghrébins.

Cette plus grande générosité s’illustre par une augmentation du transfert d’argent car beaucoup de musulmans choisissent de verser leur zakât al-Fitr à des proches nécessiteux restés dans le pays d’origine. Le succès des entreprises de transferts d’argent qui multiplient les offres promotionnelles durant cette période est d’autant plus grand que « l’argent liquide est pratique à donner et à envoyer, aussi bien localement qu’en aidant les gens à l’étranger, ce qui explique sa popularité », juge Mme Dassouli. L’argent est le don le plus commun à 92 %, suivi des vêtements (40 %), de la nourriture (36 %) et d’autres produits (21 %).
« Chez Western Union, les hausses de nos envois d’argent durant Ramadan prouvent bien que la zakât demeure pour la majorité des musulmans un véritable devoir auquel ils aiment se soumettre », ajoute-t-elle.

Dans l’étude, 9 musulmans sur 10 ont déclaré donner cette aumône. Les musulmans non arabes sont plus prompts à verser la zakât à des personnes vivant dans le pays d’origine (56 %) qu’à des proches connus localement (49 % ), à l’inverse des musulmans arabes plus susceptibles de partager avec des personnes qu’ils connaissent localement (42 %) que dans le pays d’origine (29 %).

Les musulmans expatriés vivent à fond leur foi durant cette période propice au rapprochement avec Dieu. 96 % des personnes interrogées observent le jeûne du Ramadan, 89 % font leurs prières et 75 % lisent le Coran.
La rupture du jeûne se pratique le plus souvent en famille (75 %) ou entre amis (65 %). D’ailleurs, cette année 2012, d’après notre sondage exclusif , la grande majorité des jeûneurs (63,8 %) français a déclaré rester en France pour jeûner dans un cadre familial restreint.

Une identité musulmane affirmée

Il faut dire que les musulmans de France et d’Europe plus globalement sembleraient se distinguer de plus en plus de la tradition religieuse opérée dans leur pays d’origine. En France, elle est d’abord marquée par une plus grande pratique de la religion.

Ainsi, les musulmans de France sont de en plus nombreux à pratiquer les préceptes de l’islam. Un sondage Ifop, dévoilé en 2011, révèle une hausse des pratiques cultuelles chez les musulmans. 71 % d’entre eux suivent le jeûne du Ramadan, soit 11 % de plus que le même sondage réalisé en 1989. Ils sont également plus nombreux à se rendre le vendredi à la mosquée : 25 % contre 16 % en 1989. Une assiduité encore plus visible chez des jeunes nés dans des familles musulmanes, qui se réapproprient leur religion d’origine et n’hésitent pas à la mettre en avant.

Stéphane Lathion, coordinateur du GRIS (Groupe de recherche sur l’islam en Suisse) a pu en faire l’observation. Dans son ouvrage Islam et modernité - Identités entre mairie et mosquée (Desclée de Brouwer, 2010), il remarque judicieusement que « les anciens, les migrants de premières générations qui, souvent, sont restés influencés par l'islam de leur pays d’origine, par l’aspect ethnique du groupe d’appartenance et par une vision craintive vis-à-vis du reste de la société, sont en train d’être remplacés par une nouvelle génération qui investit le champ associatif en revendiquant à la fois son appartenance à l'islam et sa citoyenneté européenne». « Souvent, la première langue parlée du jeune musulman n’est plus la langue de ses parents, mais bien la langue de la société dans laquelle il vit », souligne-t-il.

Cette nouvelle génération a soif de revendication et se tourne vers le religieux comme pour affirmer son identité. Dans son ouvrage Quatre-vingt-treize (Gallimard, 2012), le politologue et spécialiste de l’islam Gilles Kepel, qui constate également une évolution de l’islam de France, note que cette religion fait naître désormais des revendications politiques des jeunes, notamment sur le halal.

Ces jeunes rompent donc avec la pratique des « anciens ». Gilles Kepel définit trois générations, les « darons », les « blédards » et les « jeunes ». « A l’époque, on était dans une logique de l’islam en France avec, pour l’essentiel, une vieille génération d’ouvriers d’émigrés s’étant sédentarisés avec des enfants jeunes. Aujourd’hui, on est dans un islam de France, avec des jeunes pour la plupart nés, socialisés et acculturés ici, et qui se définissent comme musulmans dans la société française », explique-t-il.
La religion est un refuge pour des jeunes de quartiers qui veulent échapper à un univers socialement pessimiste. Se sentant discriminés, certains sont tentés par le salafisme, la branche dure de l’islam, selon Gilles Kepel.

Musulmans et intégrés

Toutefois, cette hausse de la religiosité a ses limites, car on remarque surtout que c’est le jeûne du Ramadan qui est surtout suivi par les musulmans alors que l’islam compte 5 piliers.

S’ils sont 71 % à jeûner, toutes les personnes se déclarant musulmanes ne suivent pas autant les autres cultes de l’islam comme les 5 prières par jour (salât) ou l’aumône obligatoire (zakât). Seuls 39 % prient quotidiennement quand 25 % se rendent régulièrement à la mosquée le vendredi. Très suivi, le jeûne du Ramadan reste pour un grand nombre un moment festif et traditionnel plus qu’un acte religieux. Moins de la moitié (41 %) des musulmans se dit, en effet, pratiquants.

A l’heure actuelle, les pratiquants, eux, s’efforcent d’accompagner leur religion d’une force de revendications. Exigeants, cela ne veut pas dire qu’ils ne restent pas attachés à la culture du pays dans lequel ils vivent. Le sondage Ifop montre que les musulmans se sentent plus proches du mode de vie et de la culture française (64 %) que de celui de leurs familles (32 %), souvent originaires du Maghreb. En effet près de 70 % de la population musulmane hexagonale est d’origine maghrébine, rappelle l’agence d’étude marketing Solis.

Par leur plus grande visibilité dans l’espace public, les musulmans souhaitent simplement pouvoir exercer librement leur religion. Une légitimité reconnue par Stéphane Lathion, qui estime que les sociétés multiculturelles se doivent de trouver des « accommodements » raisonnables avec les musulmans.
Dans son dernier ouvrage Les musulmans, une menace pour la République ? (Desclée de Brouwer, 2012), coécrit avec le sociologue Olivier Bobineau, il juge d’ailleurs que les différentes revendications des musulmans illustrent leur désir de s’intégrer.

« Prenons le cas des "carrés spécifiques" dans les cimetières : Il est vrai que, de prime abord, cette demande peut être perçue comme un refus de s'intégrer, une volonté de rester séparés, même dans la mort. Cependant, si on accepte de modifier quelque peu l'angle d'approche de la question, on peut arriver à une toute autre conclusion : quelle autre meilleure preuve d'intégration existe-t-il que d'accepter d'être enterré, pour l'éternité, sur un territoire si longtemps considéré comme mécréant ? », expliquent les auteurs dans un entretien accordé au directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Pascal Boniface, sur son blog.

Eh oui, on peut être musulman et Français à la fois. Un récent rapport de la Fondation pour une société ouverte (Open Society Foundations) montre d’ailleurs que les musulmans parisiens sont très attachés à la capitale.





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