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Cinéma, DVD

Une famille syrienne : huis clos poignant en temps de guerre

Rédigé par | Vendredi 8 Septembre 2017



Une famille syrienne, du réalisateur Philippe Van Leeuw, sort en salles le 6 septembre 2017 (photo © KMBO)
Une famille syrienne, du réalisateur Philippe Van Leeuw, sort en salles le 6 septembre 2017 (photo © KMBO)

Un appartement comme il en existe dans de nombreux pays : des canapés, une grande bibliothèque, une table de salle à manger recouverte d’une nappe, des photos de famille qui ornent le buffet. Une langueur. Mais le mouvement lent de la caméra balaye peu à peu l’appartement : des rideaux qui resteront toujours fermés, même durant la journée, jusqu’à la porte de l’entrée, barricadée de l’intérieur par de grandes barres que l’on ouvrira furtivement pour aller chercher de l’eau.

C’est dans cet appartement, à la fois bunker contre les assaillants potentiels et nid protecteur de ce qu’il nous reste d’humanité, que se déroulent 24 heures d’Une famille syrienne, un film de Philippe Van Leeuw.

Après un premier film (Le Jour où Dieu est parti en voyage) sur le génocide au Rwanda, le réalisateur narre la guerre civile en Syrie, sans que le spectateur ne voit le champ de bataille. Ce qui est relaté ici, c’est la résistance d’une famille, par le seul fait d’habiter un immeuble que tous les autres habitants ont quitté, c’est la survie quotidienne ponctué par la peur de recevoir une balle en sortant de chez soi et les rites de la vie de tous les jours (préparer les repas, manger en famille, apprendre les leçons quand on est enfant…) qui donnent un semblant de normalité malgré le bruit des bombes qui explosent à proximité.

Mais surtout c’est à travers les personnages féminins de la mère Oum Yazan (incarné par Hiam Abbas, dans l’un de ses meilleurs rôles), de la jeune femme Halima (interprété superbement par Diamand Abou Abboud) et de la domestique sri-lankaise Delhani (Juliette Navis) que le film montre la résistance des femmes. La question de la culpabilité y est abordée : Quitter le pays, n’est-ce pas ne plus le défendre ? Laisser l’une des membres du groupe se faire agresser ne vaut-il pas mieux que de mettre l’ensemble du groupe en péril ?

Philippe Van Leeuw a voulu écrire « non pas un film de guerre, mais un film sur la guerre, sur des gens comme vous et moi, sur la façon dont on continue à tenir debout malgré tout », explique-t-il lors de l’avant-première le 4 septembre. « Cette guerre qui se passe aujourd’hui en Syrie pourrait se passer ailleurs. On pourrait donc tous être victimes un jour », rappelle l’actrice principale Hiam Abbas. Au fond, dit-elle, « ce film renvoie à un questionnement personnel sur l’être humain et sa fragilité dans la vie face à la machine de guerre ».

Narration d’une tragédie humaine en temps de guerre, qui vous prend aux tripes lors de certaines scènes, Une famille syrienne a remporté de nombreux prix (prix du public Panorama à 67e Berlinale et prix Label Europa Cinemas, prix du meilleur scénario au Beijing International Film Festival, prix du public et prix du meilleur réalisateur au Valletta Film Festival). Au-delà d'être une œuvre cinématographique saisissante, le film nous place au cœur de ce qui se joue avant que les victimes de la guerre décident (ou non) de quitter leurs foyers et leur pays. Une prise de conscience.

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Une Famille syrienne, film de Philippe Van Leeuw (France, Belgique, 1 h 26)
Avec Hiam Abbass, Diamand Bou Abboud, Juliette Navis...
En salles le 6 septembre 2017.



Journaliste à Saphirnews.com ; rédactrice en chef de Salamnews En savoir plus sur cet auteur



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