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Cinéma, DVD

« Une Séparation » reçoit l’Oscar 2012 du meilleur film étranger

Rédigé par Mounir Benali | Lundi 27 Février 2012

Multirécompensé, notamment avec l’Ours d’Or du festival de Berlin 2010 , ayant enregistré 1 million d’entrées en France, « Une Séparation », de l’Iranien Asghar Farhadi, s’est vu décerner coup sur coup le César du meilleur film étranger, ce vendredi 24 février, puis l’Oscar du meilleur film étranger, ce lundi 27 février.
Une première historique pour l’Iran et surtout les Iraniens, dont le pays vient d’être médiatisé par l’Amérique sous l’angle de la culture et non plus celui de la géopolitique. Le DVD* d’« Une Séparation », sorti en novembre dernier, est à visionner pour une session de rattrapage indispensable !



« Une Séparation » reçoit l’Oscar 2012 du meilleur film étranger
Quand la répression iranienne matraque, le cinéma perse attaque. Après des œuvres comme The Hunter (2011), de Rafi Pitts, ou Les Chats Persans (2009), de Bahman Ghobadi, Une Séparation confirme la vivacité du 7e art iranien, dont l’objectif est de toujours dénoncer – non sans danger pour les gens du métier – les maux de la société.

Le réalisateur Asghar Farhadi a usé de la thématique du divorce comme prisme de la société iranienne. C’est avec tension et passion que l’on suit l’histoire de ce couple aux multiples ramifications.

C’est en partie et surtout grâce au formidable jeu des acteurs principaux que sont Leila Hatami et Peyman Moadi que ce drame amoureux nous touche. Le cinéaste montre à quel point ce couple ne se connaît guère : une dichotomie autant physique que psychologique les caractérise, reflétant ainsi la césure radicale entre hommes et femmes dans ce pays.

Asghar Farhadi réussit à capter l’incroyable complexité de la conscience humaine pétri dans ses contradictions selon les circonstances, contrainte parfois de faire des choix irréversibles qui nous suivront jusqu’à la fin de notre vie.

Il est vrai que le film est rempli de moments fatidiques : comment oublier le regard si expressif de la petite fille, qui, pour sauver sa mère (mais en est-elle consciente ?), garde le silence sur ce qu’elle a vu dans l’escalier. Ou bien celui de cette adolescente déglinguée par la séparation de ses parents, et qui se doit de choisir un camp, ne serait-ce que pour des raisons bassement matérielles.

Mais l’autre qualité de ce puissant long métrage se situe dans une maestria de mise en scène où le cinéaste ne laisse rien échapper sous l’œil créatif de sa caméra : un reflet derrière une glace, un long silence, un échange murmuré au fond d’une pièce et qui se révèlera capital pour la suite de l’intrigue.

Sans trop en dire, ce drame social est aussi ponctué par une enquête policière dévoilant les méthodes d’investigations très discutables de la police iranienne.

Une Séparation est une œuvre qui a su mêler plusieurs thématiques comme la religion, le rapport hommes-femmes, l’amour filial, la maladie…, tout en évitant de tomber dans un fourre-tout cinématographique. Même si Farhadi n’a pas la prétention d’apporter des réponses à travers l’évocation d’un drame social, il a au moins su poser les bonnes questions en illustrant ces dernières par une bonne mise en images.


* Une Séparation, d'Asghar Farhadi, disponible en DVD/Blu-Ray depuis le 8 novembre 2011, chez Memento Films.





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