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Un voyage vers l'histoire

Rédigé par Colin Zohra | Mardi 3 Juin 2003

Lundi 26 mai 2003, 6H. Aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Départ pour la Pologne. A l’appel du père Emile Shoufani, le prêtre de Nazareth, un groupe de participants se tient prêt à partir pour la visite de deux camps de concentration: Auschwitz et Birkenau. Une initiative qui a pour but de faire un rappel sur la période noire de l’histoire de la seconde guerre mondiale, ainsi que sur la Shoah. Emile Shoufani est convaincu que la compréhension de l’autre est la seule voie vers la paix.



Lundi 26 mai 2003, 6H. Aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Départ pour la Pologne. A l’appel du père Emile Shoufani, le prêtre de Nazareth, un groupe de participants se tient prêt à partir pour la visite de deux camps de concentration: Auschwitz et Birkenau. Une initiative qui a pour but de faire un rappel sur la période noire de l’histoire de la seconde guerre mondiale, ainsi que sur la Shoah. Emile Shoufani est convaincu que la compréhension de l’autre est la seule voie vers la paix.

 

Juifs, chrétiens et musulmans, ensemble pour la paix

Les 500 personnes présentes à ce voyage venaient de France, de Suisse, de Hollande et même d’Israël … un peu partout d’Europe.

Cette initiative est la première du genre, réunissant des responsables religieux de toutes les confessions, des responsables associatifs et des artistes. Le père Emile Shoufani était soutenu par des personnalités dont le père Delors, prêtre dans le diocèse de Lyon, Tareq Oubrou recteur de la mosquée de Bordeaux, le cheikh Mamadou, Imam à la mosquée de Taverny et responsable des Imams de France et membre du Conseil Français du Culte Musulman, Daniel Ferrathi, Rabbin à Paris, les éditions Albin Michel et bien d’autres encore. Le père Emile Shoufani, en proposant un séjour sur l’histoire, souhaitait réunir arabes et juifs afin d’aborder ensemble la question de la Shoah. Ce fut un grand succès.

Arrivée à Cracovie, la première visite fut celle d’un temple juif. Le discours de bienvenue fut prononcé par le père Emile Shoufani. Les visiteurs, juifs, musulmans et chrétiens tinrent une réunion tous ensemble dans ce premier lieu. Ils y échangèrent leurs émotions. Jonathan, un jeune israélite de l’association Scout israélite de France raconta son impression : « c’est un jour émouvant, de voir réunis dans ce temple des arabes et des juifs, cela montre que les gens désirent la paix ».

Le discours de M. Shoufani fut traduit en arabe en hébreu et en français. Il exprima ses remerciements à tout le public pour avoir répondu présent à son appel et partager cet événement : « je remercie tout le monde d’avoir accepté cette invitation, pendant ces quatre jours nous expérimenterons notre force d’amour, de compassion, pour comprendre la souffrance de l’autre, ces jours peuvent nous ouvrir des portes immenses de respect et de compréhension ».

Un historien, spécialiste de la Shoah, Marcello Pezzetti, venu spécialement pour l’événement expliqua qu’il fallait faire le même parcours que les victimes pour comprendre l’élimination du peuple juif : « Notre voyage est particulier dit-il, et pas traditionnel. Nous allons voir des lieux appartenant à cette histoire afin de comprendre l’élimination du peuple juif ».

 

Plus jamais ça…

Pendant ces quatre jours, les émotions furent très fortes. La visite à Auschwitz et Birkenau impressionna ceux qui étaient à leur première visite de ces lieux. Kheira, 24 ans, musulmane venue de France, choquée par ce qu’elle avait vu, nous confia qu’elle était effondrée. « J’espère que cette catastrophe humanitaire ne se reproduira plus jamais, l’initiative d’Emile Shoufani est une chose positive ». Monique, 67 ans, retraitée, venue elle aussi de France et de confession juive, compara l’occasion à une ouverture sur la porte de la paix : « C’est une lueur d’espoir, une lumière dans la nuit. »

La visite comprenait des baraques où s’étaient déroulées des atrocités, les fours crématoires (détruits pendant la guerre) et les chambres à gaz. Des survivants de la déportation, invités pour l’occasion, racontèrent leur expérience dans les camps de concentration. Schlomo seul survivant à avoir travaillé dans les chambres à gaz, et quelques autres contèrent leurs histoires.

La fin du séjour fut marquée par une commémoration à la mémoire des disparus. Un groupe constitué d’arabes, de juifs, citait les noms des déportés morts dans les camps de concentration. 'Plus jamais ça' fut le message que tous ont voulu faire passer.

Ibrahim, un arabe israélien d’origine palestinienne, 48 ans, musulman exprima son vœux de voir la paix revenir dans son pays : « les juifs et les arabes peuvent vivre ensemble en paix et cette rencontre nous montre bien que l’on peut y arriver ».

 






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