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Un ressortissant algérien rapatrié 50 jours après son décès

| Lundi 24 Novembre 2008

Abdelselem Chemli, ressortissant algérien de 87 ans vivait seul à Montpellier depuis plusieurs années. Décédé en septembre dernier, il n'a été rapatrié et enterré en Algérie qu'à la mi-novembre.
En cause : le blocage du visa de son fils et la lenteur administrative. Cette affaire témoigne d'une situation qui s'aggrave : celle de l'isolement grandissant des personnes âgées immigrées en fin de vie. Une association en cours de création à Montpellier doit leur venir en aide.



Un ressortissant algérien rapatrié 50 jours après son décès
Après cinquante jours passés à la morgue, Abdelselem Chemli, cet algérien de 87 ans, a enfin pu être rapatrié et enterré le 15 novembre dernier dans la ville de Fouka, près d’Alger, d’où il est originaire. Cet octogénaire décédé de maladie et de vieillesse le 26 septembre à l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve de Montpellier, y vivait seul depuis plusieurs années.

N’ayant aucune famille en France, la procédure de rapatriement a été compliquée malgré les démarches actives de son ancienne aide à domicile, Nabila Kouadria, et du fils du défunt, qui vit en Algérie. Juridiquement, l'hôpital ne peut rien faire et doit attendre la famille. Mais le consulat de France d’Alger refuse la demande de visa temporaire du fils, pour que celui-ci puisse venir chercher son père à Montpellier, financer son rapatriement grâce au compte bancaire français de celui-ci et régler toutes les démarches administratives.

Normalement, on ne refuse pas un visa. L’acte de décès suffit ” déplore Nabila, qui connaissait Monsieur Chemli depuis 2005, et avait réussit à le remettre en contact avec sa famille restée en Algérie. S’en suit une lenteur administrative commune aux deux consulats respectifs, l’un français à Alger, l’autre algérien à Montpellier.

Sans la parution d’un premier article le 9 novembre dans le journal local Midi Libre*, il n’y aurait pas eu de rapatriement ” poursuit-elle. En effet, selon Midilibre, le consul d’Algérie à Montpellier, Khaled Mouaki-Benani, estime avoir pris connaissance de ce cas en lisant le premier article du journal local et avoir pu ainsi débloqué la situation. Néanmoins, le fils de l'octogénaire n' a pu obtenir son visa temporaire qu'à la mi-novembre, soit cinquante jours après le décès de son père.

Cette situation n’est pas exceptionnelle et témoigne de l’isolement de nombreux ressortissants maghrébins en fin de vie. Zahaf Ahmed, commerçant montpelliérain, s’apprête à créer une association pour leur venir en aide. Depuis plusieurs années, il s’occupe bénévolement de ces personnes démunies, souvent analphabètes et de plus en plus seules. Il les aide dans leurs démarches administratives et quotidiennes. “ Les autorités ne veulent pas simplifier les démarches. Pourtant, ces personnes-là ont travaillé toutes leur vie en France. Si elles partent, elles risquent de perdre leur retraite alors qu’il s’agit là d’un droit acquis ” explique t-il à Saphirnews. “ L’ Etat refuse aussi les visas pour que leurs enfants viennent en France s’occuper de leurs parents, et ce, malgré une procédure médicale légale par exemple ” [demande expresse du médecin, ndlr] déplore ce français d’origine algérienne. “ Notre association doit permettre aux gens de retrouver du lien avec leur famille. Ce sont des gens qui sont restés seuls pendant des années. Ajouter à cela, la honte du retour. Il faut vraiment que le gouvernement y mette du sien car la situation est de plus en plus grave pour tous les maghrébins mais surtout pour les algériens ”.


Une situation effectivement urgente puisque les associations s'occupant de ces personnes âgées sont encore trop peu nombreuses et ce, alors que le vieillissement de la population française se poursuit inexorablement. Selon l'INSEE**, en 2010, les personnes âgées de 65 ans ou plus représenteront au moins 16% de la population totale.



* Articles de Midi Libre des 9 et 15 novembre : “ Couac Un corps bloqué à la morgue depuis 45 jours ” et “ Le corps enfin sorti de la morgue après 50 jours ”.
** Institut national de la statistique et des études économiques.





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