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Religions

Un imam licencié pour « absentéisme » et « non respect des consignes »

Rédigé par Anissa Ammoura (avec La Nouvelle République) | Lundi 30 Juin 2008

Le 13 juin dernier, l’imam de la mosquée de Joué-Lès-Tours a été licencié par l’association qui le salariait depuis 2003. Lahcen El Hadadi y dirigeait la prière depuis quatorze ans. Selon le quotidien régional La Nouvelle République, les motifs principaux invoqués par l’association sont l' « absentéisme » et le « non-respect des consignes ». L’imam conteste vivement cette décision et a porté l'affaire devant le conseil des prud’hommes. Une première audience de conciliation est déjà fixée au 25 juillet prochain.



Selon le quotidien régional La Nouvelle République des 26 et 27 juin dernier, l’imam de la mosquée de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), Lahcen El Hadadi, a été licencié le 13 juin dernier. En poste depuis quatorze ans, il était sous contrat à durée indéterminée avec l’association Amis (Amitié musulmans indépendants et solidarité) depuis avril 2003.
Théologien diplômé, originaire du Maroc, Lahcen El Hadadi était arrivé en 1994 à la demande des fidèles dans cette ville située au sud-ouest de Tours. Aujourd’hui, il conteste devant les prud’hommes cette décision. Parmi les reproches faits à l’imam et qui justifient ce licenciement, l’association parle d’ « absentéisme », de « non-respect des consignes de la hiérarchie (…) et des projets de l’association » et d'autres différents portant sur la définition des prérogatives de l'imam. « Il a notamment été reproché à l’imam de « sortir » de la mosquée, pour intervenir à l’extérieur comme éducateur » explique à Saphirnews, Salah Merabti, président de la Communauté Islamique d’Indre-et-Loire qui gère la mosquée de Tours et ancien vice-président du Conseil régional du culte musulman.
Le rôle de l’imam ne semble pas être le même pour tous, certains voyant uniquement en lui un simple exécutant chargé de mener l'office religieux. Il lui aurait également été imputé d’avoir déclaré la fête de l’Aid El Fitr, sans l’accord préalable de l’association et sans suivre les consignes nationales.

Une audience de conciliation le 25 juillet

Du côté, de l'association AMIS -gestionnaire de la mosquée- les nerfs sont à vif. Mostafa Khachlaa , un des dirigeants de l'AMIS, déclarait le 27 juin dernier à La Nouvelle République « C'est seulement un employé, qui doit en référer à l'association avant de prendre des décisions. Or, il n'écoute personne. Nous avons décidé de le licencier et nous confirmons notre décision (...) Nous n'avons besoin de personne pour gérer la mosquée. Nous pouvons très bien diriger la prière nous-même».
Quant à l'imam déchu des fonctions , il expliquait au quotidien régional « Mon message a toujours été celui du rassemblement. Quand il y avait des heurts avec les jeunes dans les quartiers, je demandais aux familles de surveiller leurs enfants ».
Dans l’attente de l’audience de conciliation prévue le 25 juillet prochain au conseil des prud’hommes, une lettre a été envoyée au préfet d’Indre-et-Loire pour lui demander d’intervenir.
Une médiation a même été entreprise le 26 juin dernier entre les deux parties, sous la houlette de Salah Merabti, président de la Communauté Islamique d'Indre-et-Loire. Ce dernier expliquait à Saphirnews qu'il fallait «trouver une solution avant d'aller devant les prud'hommes», estimant qu'il n'y a «pas assez de dialogue entre les musulmans».





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