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Un homme diffamé, des musulmans stigmatisés.

Rédigé par MAYOUFI Naziha | Lundi 23 Décembre 2002

Tariq Ramadan n’est pas seulement un intellectuel. Il est aussi une des rares personnalités à mobiliser les musulmans de France et d’occident en générale sur la construction d’un devenir commun. De nombreuses dynamiques associatives se sont ainsi crées autour de grands thèmes citoyens développés par le Professeur Ramadan. Ce sont précisément ces propos qui interpellent les citoyens de tous horizons qui semblent déranger Antoine Sfeir et Lyon Mag’.



Tariq Ramadan n’est pas seulement un intellectuel. Il est aussi une des rares personnalités à mobiliser les musulmans de France et d’occident en générale sur la construction d’un devenir commun. De nombreuses dynamiques associatives se sont ainsi crées autour de grands thèmes citoyens développés par le Professeur Ramadan. Ce sont précisément ces propos qui interpellent les citoyens de tous horizons qui semblent déranger Antoine Sfeir et Lyon Mag’. 


Il paraît indéniable qu'à travers la personne de Tariq Ramadan c'est tout un auditoire qui est visé. Il semble que c'est ici un procès d'intention supplémentaire visant une personnalité qui jouit d'une grande influence parmi cette communauté musulmane. Une population à la recherche d'un équilibre entre sa religion et l'occident qui est dorénavant sa patrie. N’est ce pas en réalité cet équilibre qui est en marche et pour lequel a tant oeuvré Tariq Ramadan qui dérange vraiment ?

 

En effet il n'est pas anodin qu'à travers des propos comme ceux tenus dans le dossier de Lyon Mag’ ou ceux exprimés par Antoine Sfeir, soit stigmatisée en premier lieu la personnalité qui a su, ces 10 dernières années, à travers ses ouvrages et ses conférences, développer un discours de citoyenneté active qui ne renie pas les valeurs musulmanes des personnes mais qui au contraire, trouve sa source au sein des références islamiques. En s'attaquant au discours et à la personne de Tariq Ramadan, Lyon Mag’ et Antoine Sfeir savaient qu'ils touchaient un auditoire large, très large, celui de la majorité silencieuse de ces musulmans qui aspirent à vivre en toute sérénité leur citoyenneté et leur religion dans la plus grande des transparences.

 

Fatalement comme le précise Siham Andalouci, responsable de l'Association Juste Cause (voir interview) 'cet acte de diffamation touchait de plein fouet tous les musulmans et tous ceux qui portent un discours basé sur la liberté et le droit'. N'est ce pas en fait cette invitation si souvent réitérée par Tariq Ramadan aux musulmans, celle de s'investir pleinement et être les acteurs d'une citoyenneté participative qui dérange ?  Une démarche qui semble aujourd'hui être celle d'une majorité de Musulmans qui refusent de plus en plus la ghettoïsation dans laquelle ils sont bien souvent confinés, et s'ouvrent sur une réalité qu'ils considèrent dorénavant comme étant pleinement la leur.

 

En effet, cette nouvelle risque de troubler quelque peu l'homogénéité religieuse et culturelle de l'Europe et de la France en particulier. Un tournant qui naturellement ne peut pas plaire à ceux qui, comme Antoine Sfeir, se présente selon ses propres mots comme un 'intégriste de la laïcité.' Mais cette fervente défense de  la laïcité ( qui n'est d’ailleurs nullement mise en danger par  l'Islam tel que le véhicule Tariq Ramadan) l’oblige t-elle à conclure dans une interview donnée à Proche-Orient.Info le 1er octobre dernier : 'Nous sommes en 2002. Et en 2002, il existe un problème réel, une maladie de l'Islam. On ferait oeuvre de salubrité publique en l'auscultant de plus près.' ?

 

Serait-il au même titre 'salutaire' d'attirer l'attention de M. Sfeir sur une autre 'urgence' celle de la nécessite de faire face à un climat d'islamophobie qui tend à se répandre prenant des proportions pour le moins grotesques mais néanmoins dangereuses...






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