Pour les étudiants, le mois de juin rime généralement avec examen. Et pour clôturer cette année scolaire 2007-2008, certains sujets en ont surpris quelques-uns, comme à l’Université François Rabelais de Tours (Indre-et-Loire). En juin dernier, à la session de rattrapage, les élèves de 1ère année de licence de droit ont eu le choix entre un sujet théorique et un sujet pratique. Cet exercice juridique est une fiction, inspirée de faits réels. Il sert de point de départ à la résolution de questions de droit. Il est généralement proposé dans tous les partiels des facultés de droit. Claude Ophele-Rossetto, doyenne de l’UFR de droit, d’économie et des sciences sociales et professeur de droit privé, explique « leur grand intérêt est d’appliquer les connaissances théoriques à des cas concrets, rencontrés par le législateur. De plus, il s’agit de questions soulevées en cours pendant l’année scolaire »
Celui proposé aux étudiants de Tours a choqué les futurs juristes à tel point qu'une lettre de mécontentement a été envoyée par l'un d'entre eux au président de l’Université. En l'occurrence, le cas pratique commençait par la mise en situation suivante : « Installés en France depuis de nombreuses années Ibrahim et Fatima ont eu deux filles (…) Toutes les deux sont nées en France et sont de nationalité française. Profondément attachés à leurs origines algériennes et souhaitant que leurs filles les perpétuent, Ibrahim et Fatima ont décidé de pourvoir aux destinées « sentimentales et familiales » de leurs enfants ». S’en suivent la description de mariages forcés et de destinées sordides des deux jeunes filles, comme il en existe malheureusement dans la vie réelle et qui peuvent relever de la justice. L’étudiant doit ensuite résoudre des questions juridiques qu'un avocat spécialiste du divorce pourrait être amener à régler, comme par exemple « Elle s’interroge sur tous les moyens de défense dont elle dispose et sur son obligation de verser une prestation compensatoire à son mari ? ». Mais c'est sûrement le contexte plus que la réalité conjugale qui a interpellé les élèves. Abdelhamid, 20 ans, étudiant en droit, a planché sur ce partiel et a lui aussi été surpris par son contenu : « D’un point de vue juridique, c’est un cas pratique mais ça fait beaucoup de clichés. J’ai surtout été choqué par l’association « mosquée = violence conjugale » qui découle du passage suivant du cas pratique « son mari fréquente assidûment la mosquée et les multiplie les absences. Et quand il est présent, il est d’une rare violence : il la bat et devant son refus de céder à ses avances il l’a même violée ». Il n’a pas réagi auprès de l’administration par peur de l’inefficacité de sa démarche, « autant ne pas prendre de risques » affirme t-il à Saphirnews. Selon le secrétariat de la doyenne de l’UFR de droit « certains étudiants se sont manifestés pour savoir si l’on pouvait juridiquement proposer ce type de sujets ». Du côté des affaires juridiques de l’Université, Christophe Le Roch, répond à l'affirmative aux étudiants et justifie le choix du sujet ainsi « L’enseignante a pris plusieurs jugements pour les réunir dans un texte. D’un point de vue juridique, le sujet est conforme au programme ».