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Un Juif extrémiste tue quatre Arabes

Rédigé par Berthet Ali | Jeudi 4 Août 2005

Un Juif israélien s’est introduit avec une arme dans un autobus et a ouvert le feu tuant quatre personnes. Action terroriste d’un désespéré ou attentat anti-arabe d’un extrémiste, les raisons de l’attaque restent encore inconnues. Agé de 19 ans, l’homme portait un uniforme de l’armée israélienne et une kippa sur la tête. Selon la police, il résidait à Tapuah, une colonie juive de Cisjordanie réputée extrémiste. Mais selon son père, le jeune homme avait déserté l’armée israélienne il y a quelques semaines, afin de ne pas participer au retrait de Gaza annoncé pour le 17 août 2005.



Un Juif israélien s’est introduit avec une arme dans un autobus et a ouvert le feu tuant quatre personnes. Action terroriste d’un désespéré ou attentat anti-arabe d’un extrémiste, les raisons de l’attaque restent encore inconnues. Agé de 19 ans, l’homme portait un uniforme de l’armée israélienne et une kippa sur la tête. Selon la police, il résidait à Tapuah, une colonie juive de Cisjordanie réputée extrémiste. Mais selon son père, le jeune homme avait déserté l’armée israélienne il y a quelques semaines, afin de ne pas participer au retrait de Gaza annoncé pour le 17 août 2005.

 

Un soldat de 19 ans

 

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a qualifié la tuerie d' « acte méprisable commis par un terroriste sanguinaire. » Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas a saisi l’occasion pour demander à Israël d’empêcher les colons de transporter des armes estimant « qu'ils sont dangereux pour la sécurité et la paix entre les deux peuples. » Les colons juifs d’Israël sont généralement armés, « pour des raisons de sécurité ». Mais d’une manière générale, la présence de militaires en tenue de combat fait partie du paysage citadin ordinaire de la vie quotidienne israélienne. Un homme en tenue militaire avec une kippa n’éveille aucune méfiance même s’il porte son arme de service à la main.


La tuerie s’est déroulée à Shfaram, une ville arabe située dans le Nord d'Israël. D'après la télévision israélienne, l’homme est simplement monté dans l'autobus et, à la manière d’un kamikaze, s’est mis à tirer. Quatre personnes sont mortes : deux étudiantes, le conducteur de l’autobus et un habitant de Shfaram. Au moins cinq autres personnes sont blessées. Par la suite, le tireur a été tué dans des conditions qui restent encore mal déterminées. La police a d’abord annoncé l’avoir arrêté. Mais au journal télévisé israélien, il a été annoncé que l’homme avait été lynché par la foule sans que la police n’ait pu le protéger.

 

Selon le Comandant du district nord de la police, «L'auteur des tirs, Eden Tsuberi, était un soldat du contingent âgé de 19 ans, originaire de la ville de Rishon Le Tzion, et récemment gagné à la foi juive. » Il résidait dans la colonie de Tapuah, proche de Naplouse, dans le Nord de la Cisjordanie. L’autorité militaire n’a pas souhaité commenter le geste.

 

Le retrait de Gaza en toile de fond

 

Nul ne cache que le retrait de Gaza qui doit commencer le 17 août enflamme la région. La décision prise unilatéralement par Ariel Sharon n’est pas du goût des colons. Ces colons israéliens ont souvent une opinion d’Israël qui relève du rêve éveillé. Beaucoup considèrent leur implantation sur les terres palestiniennes comme une mission religieuse. Ils sont convaincus d’être des agents privilégiés d’une mission authentiquement biblique. Des éclaireurs sur la voie de construction du Grand Israël. Certains colons ont ainsi protesté contre le mur de séparation avec l’argument que ce mur s’opposait à la construction du Grand israël. Au-delà du préjudice économique subi, l’évacuation de Gaza est très mal vécu par les colons. Or, d’après certaines études, près du tiers des effectifs de l’armée israélienne vit actuellement dans les colonies.

 

Ariel Sharon aura essayé d’adoucir les effets psychologiques du retrait sur le moral de l’armée israélienne. Mais la mission était impossible. « Vendre » ou « céder » les colonies à la communauté internationales, détruire les édifices et les installations, faire payer l’usage des installations par les Palestiniens… Toutes ces éventualités et bien d’autres ont été envisagées pour ne pas perdre la face. Mais, cinq ans après le retrait du sud Liban, le retrait de Gaza est difficile à accepter pour les colons.

En Palestine, on se prépare à fêter la victoire du retrait israélien. Ce jeudi 4 août, s’adressant à une foule de 10 000 personnes devant le bâtiment du Conseil législatif palestinien (équivalent du Parlement), Abou Ala Premier ministre palestinien a déclaré que « le retrait de Gaza et du nord de la Cisjordanie est la première étape de notre retour à Jérusalem et dans l’ensemble de la Cisjordanie. » Quant à la jeunesse du Fatah, le parti au pouvoir fondé par Yasser Arafat, elle a créé un « comité pour la célébration » du retrait israélien.  Ce comité s’apprête à affréter 160 autobus pour amener les Palestiniens visiter enfin les terres enfin libérées.

 

Côté diplomatie, rien ne bouge à l’horizon. Les négociations israélo-palestiniennes sur l’après-retrait piétinent. La présence de James Wolfensohn, envoyé par le quartet de la Feuille de route (EU, Europe, Russie et Onu), ne semble pas y changer grand chose.

 

 





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