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Communiqués officiels

Tuerie de Bruxelles : le CCIF appelle à la prudence

Rédigé par Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) | Mercredi 4 Juin 2014



Contrairement à la prudence avancée par la classe politique belge, François Hollande avait estimé, en pleines élections européennes, que le « caractère antisémite » de l'attaque qui a coûté la vie à quatre personnes dont un couple d’israéliens au Musée juif de Bruxelles ce 24 mai, ne faisait « pas de doute ».

Et c’est dorénavant, un Français Mehdi Nemmouche suspecté d'avoir participé à cette tuerie qui a été arrêté ce vendredi 30 mai à Marseille. L’homme est actuellement en garde à vue.

Une semaine après l’épisode meurtrier de Bruxelles il a été arrêté à Marseille avec, semble-t-il, la même casquette, les mêmes chaussures que l'homme décrit à Bruxelles et avec une kalachnikov et un revolver dans son sac qui correspondraient aux calibres utilisés à Bruxelles et enfin une vidéo évoquant son acte criminel.

Une arrestation inopinée pour certains médias, un travail de coopération policière patiemment mené selon le ministre de l’intérieur. Les premières incohérences et les contradictions dans les éléments factuels de cette affaire ne présagent rien de bon. Le CCIF craint, une nouvelle fois, que la fabrique d’un consensus médiatique tende à assimiler l’Islam à des comportements violents et le confondre au pire. « Radicalisation religieuse », « djihad », « prosélytisme extrémiste », « appel à la prière collective en promenade carcérale », « voyage en Syrie », les termes sont clairs: c’est l’extrémisme religieux qui a conduit le jeune homme à planifier et assassiner froidement et minutieusement à Bruxelles deux israéliens, tout cela alors que le prévenu s’était surtout distingué par son amateurisme dans les différents vols ou petits braquages qui l’ont fait connaitre des services de police.

Prudence et responsabilité

Quoiqu’il en soit, la vérité dans cette affaire devra sans aucun doute prendre en compte les révélations comme celles du quotidien Haaretz pour qui le meurtre du couple de quinquagénaires israéliens n’aurait rien d’antisémite, mais serait plutôt le résultat d'une « attaque ciblée » contre des personnes ayant travaillé pour l’Etat israélien.

C’est à travers ces premières contradictions et révélations que le CCIF appelle, aujourd’hui, à la responsabilité et à la prudence des médias et des politiques pour éviter tout amalgame.

Le CCIF met en garde contre toute instrumentalisation politique dans cette affaire et tout cyclone médiatique irresponsable qui risque de déclencher une accusation collective de la communauté musulmane française.

Le CCIF n'a jamais hésité à condamner toutes formes d'agression, mais craint, une fois de plus, que cette affaire ne renforce la mise à l’index des citoyens musulmans déjà fragilisés par un climat islamophobe latent.

Le CCIF appelle, donc, avec force et conviction, à ce que l’attitude de la classe politique, dans cette affaire, reste à la hauteur de sa mission et espère que le traitement de cette affaire par les médias conventionnels ne violera pas les limites fixées par la déontologie surtout lorsque le rôle de journaliste peut jouer un rôle, incontestable, de facilitateur et de catalyseur de la haine et de l’islamophobie.

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