Cette mesure de notre degré d'engagement doit se faire aussi par rapport à nos actions en relation avec notre état de jeûne. Certes vous avez jeûné avec le ventre, mais avez-vous jeûné avec la parole ? Vous êtes-vous abstenu de paroles futiles et inutiles ? Avez-vous jeûné avec le cœur ? A savoir, avez-vous veillé à élever votre niveau de conscience de l'autre, ceux qui partagent votre quotidien dans le cercle de votre famille et ceux qui, dans le mouvement de votre activité professionnelle, vous côtoient ? Mais aussi, avez-vous jeûné avec vos actes ? Autrement dit : avez-vous pensé à éviter tout acte qui soit de nature à affecter autrui ?
S'interroger sur son jeûne c'est s'arrêter sur ces menus détails afin de ne jamais rabaisser, ni trahir, ni offenser autrui, volontairement ou involontairement. Si telle doit être notre attitude tout au long de l'année, nous devons profiter de notre jeûne pour nous y exercer de manière plus intensive.
S'interroger sur son jeûne c'est chercher un refuge spirituel, dans le monde de la droiture et de la purification... Cela exige que l'on se regarde en détail et sans concession afin de se réconcilier avec soi, de s'engager dans la paix avec soi en cherchant à mieux se connaître. C'est pourquoi nous disons que le mois de ramadan est le mois de la découverte de soi !
Il est aussi le mois du self-contrôle. Savoir se contrôler, ne pas céder à la colère. Cultiver son intérieure en cultivant sa discrétion. Pour cela, ne jamais afficher son état de jeûneur. Ne surtout pas en faire un objet de conflit. Pour cela, le Prophète nous a conseillés de répondre aux provocations par « je jeûne, je jeûne ». C'est ainsi que nous faisons de notre jeûne pas seulement un moment d'abstinence, mais un état continu de recueillement qui nous épargne tout excès, toute réplique, toute violence.